En début de carrière, un fondeur démarre autour du SMIC ou légèrement au-dessus, soit environ 1 800 à 1 950 € brut par mois (la grille de la convention bijouterie-joaillerie-orfèvrerie-horlogerie fixe un plancher d'environ 1 900 € brut depuis juillet 2026). Avec 5 à 10 ans d'expérience et une vraie maîtrise des alliages précieux, on se situe plutôt entre 2 300 et 2 800 € brut. Un chef d'équipe ou un responsable d'atelier de fonte peut dépasser 3 000 à 3 500 € brut. À cela s'ajoutent souvent des primes de pénibilité (chaleur), de poste (2x8/3x8) et de panier. Les ateliers de fonte au service de la joaillerie de luxe et les fonderies de précision rémunèrent généralement mieux que la moyenne du secteur.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Deux portes d'entrée principales. La voie fonderie : CAP Métiers de la fonderie (2 ans après la 3e), puis éventuellement Bac pro Fonderie, qui forme des techniciens d'atelier capables de préparer, conduire et contrôler une production. La voie métiers d'art / bijouterie : CAP Art et techniques de la bijouterie-joaillerie, complété sur le terrain par la spécialisation en fonte, très pratiquée dans les ateliers de fonte à façon de la joaillerie parisienne.
Pour aller plus loin, le BTS Fonderie (Bac+2) apporte la maîtrise des procédés, des alliages et de l'industrialisation : c'est le diplôme des futurs techniciens méthodes et responsables de production. Les CAP Bronzier (options monteur, ciseleur, tourneur) et le CAP Mouleur-noyauteur constituent des passerelles vers la fonderie d'art.
À noter : France Travail indique que le métier reste accessible sans diplôme particulier, avec une formation interne assurée par l'entreprise. L'alternance est la voie royale — on apprend le geste au four, pas dans un livre. Enfin, la Haute École de Joaillerie (Paris, Aix-en-Provence, Reims) et les lycées à section fonderie (Grand Est, Hauts-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes notamment) sont les repères de formation les plus solides.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Tout commence par la préparation. Le fondeur reçoit des modèles en cire (créés à la main ou imprimés en 3D) et les assemble sur un « arbre » : c'est le grappage. Cet arbre est enfermé dans un cylindre rempli d'un plâtre réfractaire — la mise en revêtement. Passé au four, le plâtre durcit pendant que la cire fond et s'évacue : le moule creux est prêt. C'est la fameuse technique de la fonte à cire perdue, utilisée depuis l'Antiquité et toujours reine en bijouterie.
Vient ensuite le moment clé : la fusion. Le fondeur pèse et compose l'alliage (l'or 18 carats, par exemple, n'est pas de l'or pur : il faut y ajouter cuivre, argent ou palladium dans des proportions exactes), le porte au four ou dans une machine à couler sous vide, puis coule le métal liquide dans le moule. Quelques minutes plus tard, il casse le plâtre, récupère la grappe métallique, la nettoie, sépare les pièces et contrôle le résultat : porosités, manques, bulles, retassures. Rien ne se perd : chaque chute, chaque poussière de polissage est collectée et refondue, car un gramme d'or vaut cher.
En fonderie industrielle (pièces techniques, connectique, dentaire, aéronautique), le principe reste le même mais l'échelle change : conduite de fours, suivi de paramètres sur écran, contrôle qualité documenté, traçabilité stricte de la matière.
On travaille en atelier fermé, debout, entre fours, cylindres chauds et machines à couler. Il fait chaud, il faut porter des équipements de protection (gants anti-chaleur, visière, tablier, chaussures de sécurité) et respecter des consignes strictes : projections de métal en fusion, rayonnement infrarouge, poussières de plâtre. Les gestes sont précis plus que violents : les pièces coulées en métaux précieux sont petites, on manipule des grammes, pas des tonnes.
Dans un atelier de fonderie de bijouterie (Paris, Lyon, Franche-Comté, Rhône-Alpes), les horaires sont plutôt en journée, avec des pics avant les périodes de forte commande. Dans une fonderie industrielle plus grosse, les postes en 2x8 ou 3x8 sont fréquents. Autre particularité du métier : la sécurité au sens « sûreté ». On travaille avec de la matière très précieuse, donc sous contrôle — pesées systématiques, coffres, comptabilité matière, accès restreints.
On entre souvent dans le métier par un CAP ou un bac pro, puis on apprend beaucoup sur le tas auprès d'un fondeur expérimenté : le tour de main compte énormément. Après quelques années, on peut devenir chef d'équipe, responsable d'atelier de fonte, ou se spécialiser (fonte du platine, très technique ; fonderie de précision aéronautique ; fonderie d'art et bronze). Un BTS Fonderie ouvre les postes de technicien méthodes, qualité ou industrialisation.
Certains bifurquent vers les métiers voisins de la bijouterie (bijoutier-joaillier, polisseur, prototypiste 3D) et d'autres montent leur propre atelier de fonte à façon, qui travaille pour des créateurs et des marques — un modèle qui marche bien avec l'essor des bijoux sur mesure et de la CAO.
C'est un métier peu connu, donc peu demandé par les jeunes — et c'est précisément ce qui rend l'embauche facile. Les fonderies françaises cumulent départs à la retraite massifs, difficultés à recruter et besoin de renouveler leurs compétences : plusieurs centaines d'offres sont ouvertes en permanence sur les grands sites d'emploi pour les métiers de la fonderie. Sur le créneau précis des métaux précieux, le nombre de postes reste limité (quelques centaines de professionnels en France) et géographiquement concentré : Paris et sa région pour la joaillerie, l'Arc jurassien et Rhône-Alpes pour la fonderie de précision, sans oublier la fonderie d'art. La bonne nouvelle : ce marché de niche est soutenu par la santé du luxe français, par la demande de bijoux sur mesure (prototypage 3D + fonte à façon) et par le recyclage des métaux précieux, qui devient un enjeu économique et environnemental majeur. Le savoir-faire est rare, donc protégé : un bon fondeur formé sur des alliages précieux ne reste jamais longtemps sans travail. Le revers : peu d'ateliers, donc peu de mobilité géographique possible sans déménager.