En début de carrière, un technicien lumière tourne autour du SMIC à 2 000 € brut par mois en équivalent temps plein. Avec de l'expérience, un régisseur lumière se situe entre 2 500 et 3 000 € brut, et un concepteur lumière reconnu peut dépasser 3 500 à 4 500 € brut. En intermittence, on raisonne surtout en **cachets** ou en journées (souvent 150 à 300 € brut la journée pour un technicien, davantage pour un régisseur ou un concepteur sur de grosses productions), selon la convention collective applicable (spectacle vivant privé IDCC 3090, prestataires techniques IDCC 2717, spectacle vivant subventionné). Le revenu réel dépend donc du nombre de dates travaillées dans l'année, complété par l'allocation du régime des intermittents pour ceux qui atteignent les 507 heures.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas un diplôme unique : plusieurs voies mènent au métier, et l'expérience de terrain pèse autant que le papier.
Après la 3e / au lycée : un bac pro MELEC (métiers de l'électricité) ou un bac STI2D donnent une base électrotechnique solide, très appréciée pour débuter comme électricien de plateau. Certains lycées proposent des FCIL ou des mentions complémentaires « son et éclairage ».
Formations spécialisées (niveau bac à bac+2) : le CFPTS de Bagnolet forme des « Technicien·ne lumière de spectacle et d'évènement » en alternance sur 20 mois (titre RNCP niveau 4), et des régisseurs lumière (niveau 5). D'autres écoles privées proposent des cursus techniques du spectacle : 3iS, GRIM EDIF (Lyon), ISTS Avignon, CFA SVA, TSV.
Bac+2/+3 : le BTS métiers de l'audiovisuel option techniques d'ingénierie et exploitation des équipements, le DN MADE mention spectacle (spécialité régie/lumière) ou le diplôme de régie-création de l'ESAD de Strasbourg.
Bac+5 : le parcours conception lumière de l'ENSATT à Lyon, accessible sur concours à partir de bac+2, est la référence pour devenir concepteur lumière.
La VAE et l'apprentissage sur le tas (bénévolat en MJC, régie d'un festival étudiant, stages chez un prestataire) restent des portes d'entrée très courantes. Dans ce métier, un bon carnet d'adresses et un book de spectacles valent souvent autant qu'un diplôme.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée d'un éclairagiste commence rarement sur scène : elle commence sur le papier et dans le camion. Il ou elle lit la fiche technique du spectacle, dessine (ou reçoit) le plan de feu — le schéma qui indique où sera accroché chaque projecteur — puis prépare le matériel : projecteurs traditionnels, LED, lyres asservies, gradateurs, câbles, filtres colorés, machines à brouillard.
Vient ensuite le montage : accrocher les projecteurs sur les perches ou les structures, tirer les câbles, raccorder l'alimentation électrique, monter parfois sur nacelle ou en hauteur. Puis les réglages : orienter chaque projecteur au faisceau près, choisir les couleurs, patcher le matériel sur la console. Arrive la partie la plus créative, la conduite lumière : mémoriser sur la console (GrandMA, Chamsys, Avolites, Hog…) une succession d'états lumineux calés sur la musique, le texte ou les déplacements des artistes. Le soir, l'éclairagiste ou le régisseur lumière envoie les tops en direct, sans droit à l'erreur. Après le dernier salut, place au démontage, à la maintenance du matériel et, souvent, à la route vers la ville suivante.
Sur un tournage cinéma ou télé, le travail est proche mais au service de l'image : on parle alors de chef électricien, sous les ordres du directeur de la photographie.
On exerce dans des théâtres, des salles de concert, des opéras, des studios de télévision, des festivals en plein air, des salons professionnels, parfois pour des mises en lumière de bâtiments. Les horaires n'ont rien de classique : montages tôt le matin, spectacles le soir, démontages la nuit, week-ends et jours fériés travaillés, tournées et déplacements fréquents. Le métier est physique — port de charges, travail en hauteur, longues journées debout — et impose une vraie culture de la sécurité : habilitation électrique obligatoire, harnais, CACES nacelle pour certains postes.
La grande majorité des professionnels sont intermittents du spectacle (CDDU, cachets), avec des employeurs multiples : compagnies, prestataires techniques, salles, boîtes de production. Quelques postes en CDI existent dans les théâtres municipaux, les scènes nationales, les parcs de loisirs ou les grandes sociétés de prestation. Le réseau et la réputation comptent énormément : beaucoup de missions se décrochent par le bouche-à-oreille.
Le parcours classique commence comme technicien lumière ou électricien de plateau, puis passe par régisseur lumière (responsable de la partie lumière d'un spectacle), avant d'accéder à la conception lumière — le poste le plus artistique, où l'on signe la création lumineuse d'un spectacle aux côtés du metteur en scène ou du chorégraphe. D'autres évoluent vers régisseur général ou directeur technique d'un lieu ou d'un festival, avec une dimension budget et management.
Il est aussi possible de se spécialiser : lumière pour le cinéma et la télévision, événementiel et corporate, muséographie, ou éclairage architectural et urbain (mise en lumière de monuments, de ponts, de places), un secteur voisin qui recrute et qui se rapproche des bureaux d'études. Enfin, beaucoup se diversifient vers la vidéo, le mapping ou la régie son pour multiplier les opportunités de missions.
Le spectacle vivant et l'événementiel ont fortement rebondi après la période Covid et les techniciens qualifiés manquent : sociétés de location et de prestation, festivals, salles de concert et productions audiovisuelles recrutent régulièrement, notamment sur les profils maîtrisant les consoles récentes et les logiciels de conception 3D. Les offres se concentrent en Île-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes et dans les grandes métropoles, avec un pic saisonnier de mai à septembre (festivals). Attention toutefois : l'entrée dans le métier passe presque toujours par des missions courtes (CDDU) et par le réseau — les postes stables en CDI et les places de concepteur lumière restent rares et très convoités. La polyvalence (lumière + vidéo ou + son), la mobilité et la disponibilité sont les meilleurs atouts pour enchaîner les contrats.