Le poste étant un poste d'encadrement, on y arrive rarement débutant. À la prise de fonction, comptez environ 3 800 à 4 500 € bruts par mois (soit 45 à 55 k€ annuels), après un parcours de chargé d'études démarré autour de 2 000 € bruts dans le public et 3 000 € bruts dans le privé. Un directeur d'études confirmé se situe couramment entre 5 000 et 7 000 € bruts mensuels, et les postes de chef économiste en banque, en grand groupe ou en cabinet de conseil peuvent dépasser 9 000 € bruts par mois (100 k€ et plus, primes comprises). L'écart public/privé est important : la fonction publique rémunère selon la grille indiciaire, sensiblement en dessous du conseil et de la finance.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible à partir d'un Bac+5 en économie, statistiques ou économétrie, puis se conquiert avec l'expérience : on commence presque toujours comme chargé d'études socio-économiques avant d'encadrer une équipe (5 à 10 ans en moyenne).
Parcours types : après un bac général (spécialités mathématiques + SES très recommandées), soit une licence d'économie / d'économie-gestion / MIASHS suivie d'un master (économie appliquée, économétrie-statistiques, économie du travail, économie des territoires), soit une prépa suivie d'une école d'ingénieurs statisticiens (ENSAE Paris, ENSAI) ou d'une école de commerce avec majeure économie/finance. Les IEP (Sciences Po) offrent une troisième voie, plutôt orientée politiques publiques et évaluation.
Dans le secteur public, l'accès passe souvent par les concours de la statistique publique (attaché statisticien de l'INSEE via l'ENSAI, administrateur de l'INSEE via l'ENSAE). Un doctorat en sciences économiques est un vrai plus pour les postes de chef économiste, en institution ou en centre de recherche. Les stages longs et l'alternance en institut d'études ou en direction des études sont déterminants pour entrer dans le métier.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Sa journée commence rarement par un tableau Excel ouvert au hasard : tout part d'une question posée par un « commanditaire » (une direction générale, un ministère, une collectivité, une fédération professionnelle). *Quel sera l'impact de cette réforme sur l'emploi local ? Comment va évoluer notre marché dans cinq ans ?* Le directeur d'études cadre la commande, choisit la méthode (exploitation de bases de données publiques, enquête terrain, entretiens qualitatifs, modélisation économétrique) et répartit le travail entre ses chargés d'études.
Ensuite, il supervise : il vérifie la fiabilité des données, discute les hypothèses des modèles, relit les analyses, arbitre quand deux interprétations s'opposent. Il consacre une large part de son temps à la restitution — rédiger la note de synthèse, construire les graphiques, présenter les résultats en réunion ou en conférence — car une étude que personne ne comprend ne sert à rien. Il assure aussi une veille permanente (publications de l'INSEE, de l'OCDE, travaux académiques) et entretient un réseau de partenaires, de chercheurs et de clients pour décrocher de nouvelles études.
Le travail se fait essentiellement au bureau, devant un ordinateur, en alternance avec beaucoup de réunions. Le télétravail partiel est courant dans ce type de poste (un à deux jours par semaine selon les employeurs), mais les moments de présentation et de coordination d'équipe restent en présentiel. Les horaires sont plutôt classiques, avec des pics d'intensité à l'approche des livrables : une étude se rend à date, et les périodes de bouclage peuvent être chargées. Des déplacements ponctuels sont fréquents (terrain d'enquête, colloques, restitutions chez le client, réunions à Paris ou en région).
Les employeurs sont variés : instituts publics (INSEE, services statistiques ministériels, Banque de France), collectivités et agences de développement économique, cabinets de conseil et instituts d'études, banques et assurances, grandes entreprises, fédérations professionnelles, organismes de recherche. Le poste est un poste de cadre, très rarement accessible juste après les études : on y arrive en général après cinq à dix ans comme chargé d'études.
Après quelques années, plusieurs chemins s'ouvrent : devenir chef économiste d'un groupe ou d'une banque, prendre la direction d'un département d'études plus large, ou basculer vers la direction générale d'un cabinet de conseil. Certains se spécialisent (économie de la santé, économie des territoires, prospective énergie-climat, analyse de risque) et deviennent des experts reconnus, sollicités par les médias et les pouvoirs publics. D'autres passent au conseil indépendant, à l'enseignement supérieur et à la recherche (surtout avec un doctorat), ou aux organisations internationales (OCDE, Commission européenne, FMI). Les compétences data étant très transférables, une reconversion vers la data science, la stratégie ou le pilotage de la performance reste tout à fait envisageable.
Le marché est étroit mais régulier : ce sont des postes peu nombreux, presque toujours pourvus par promotion interne ou par recrutement de professionnels expérimentés. La demande reste soutenue du côté des cabinets de conseil, des agences de développement économique, des fédérations et des directions financières, portée par l'évaluation des politiques publiques, la transition écologique et l'analyse d'impact socio-économique. L'essor de l'open data, de la data science et de l'IA transforme le métier : les profils qui combinent culture économique solide et compétences data (R, Python, datavisualisation) sont clairement avantagés. La concurrence est forte à l'entrée du métier (chargé d'études), les diplômés d'ENSAE, ENSAI et des masters d'économétrie étant très recherchés. L'Île-de-France concentre une large part des postes, avec des pôles en région autour des métropoles et des agences régionales.