Montants bruts mensuels. Avant l'installation, l'interne perçoit environ 1 600 à 2 800 € brut selon l'année d'internat. À l'hôpital, un praticien hospitalier débute autour de 4 500-4 600 € brut et atteint environ 9 300 € brut en fin de carrière. En libéral, les revenus varient énormément selon le secteur conventionnel et l'activité : un dermatologue de secteur 1 dégage en moyenne 80 000 à 130 000 € net par an, tandis qu'un praticien de secteur 2 développant une activité esthétique (lasers, injections) peut dépasser 150 000 € net annuels, voire beaucoup plus dans les grandes villes. Attention : en libéral, les charges représentent environ 50 à 60 % des honoraires encaissés, les chiffres bruts affichés sur les sites de comparaison sont donc trompeurs.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Environ 10 ans d'études après le bac, sans raccourci possible. Étape 1 : première année de santé, soit en PASS (parcours d'accès spécifique santé), soit en L.AS (licence avec option accès santé) — l'accès en 2e année de médecine reste très sélectif. Étape 2 : le premier cycle (DFGSM, 3 ans) puis le deuxième cycle ou externat (DFASM, 3 ans), ponctué de stages hospitaliers rémunérés. Étape 3 : les EDN (épreuves dématérialisées nationales, ex-ECN) en fin de 6e année déterminent le classement — la dermatologie est une spécialité très demandée, il faut un bon rang. Étape 4 : l'internat, avec le DES de dermatologie et vénéréologie (8 semestres, soit 4 ans), qui couvre l'oncodermatologie, l'immunodermatologie, la dermatologie pédiatrique, chirurgicale, esthétique et l'allergologie. La soutenance de thèse donne le diplôme d'État de docteur en médecine. Un bac général avec spécialités scientifiques (SVT, physique-chimie, maths) est fortement recommandé. À la rentrée 2026, le nombre de postes d'internes en dermatologie a été porté à 129 (+26 %) pour répondre à la pénurie.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le dermatologue passe l'essentiel de sa journée en consultation, souvent entre 25 et 40 patients. Il examine la peau à l'œil nu puis au dermatoscope (une loupe éclairante) pour distinguer un grain de beauté banal d'un mélanome débutant. Il diagnostique et traite les pathologies les plus courantes — acné, eczéma, psoriasis, verrues, urticaire, mycoses, chute de cheveux — comme les plus lourdes : cancers cutanés, maladies auto-immunes, brûlures profondes, infections sexuellement transmissibles (c'est le versant « vénéréologie » de la spécialité).
Il ne fait pas que prescrire des crèmes : il réalise aussi des gestes techniques. Biopsies, ablation de grains de beauté ou de lésions suspectes, cryothérapie à l'azote liquide, traitements au laser, injections. Une partie des dermatologues développe une activité esthétique (peelings, lasers, injections d'acide hyaluronique ou de toxine botulique). Entre deux patients, il lit des comptes rendus d'anatomopathologie, échange avec des oncologues, des rhumatologues ou des médecins généralistes, et répond de plus en plus à des demandes de téléexpertise : un généraliste lui envoie une photo de lésion pour avis rapide.
La grande majorité des dermatologues exerce en libéral, en cabinet de ville ou en centre de santé, seul ou en groupe. Les autres travaillent à l'hôpital ou en CHU (praticien hospitalier), parfois en activité mixte cabinet + hôpital. Les horaires sont plutôt réguliers, en journée : c'est l'une des spécialités médicales avec le moins de gardes et d'urgences vitales, ce qui explique en partie son attractivité. En revanche, le rythme de consultation est soutenu et la charge administrative réelle quand on gère son propre cabinet.
Le métier est physiquement peu contraignant mais exige une grande précision visuelle et gestuelle, une concentration constante et de vraies qualités d'écoute : les problèmes de peau touchent à l'image de soi, et beaucoup de patients — adolescents avec de l'acné, personnes atteintes de psoriasis ou de vitiligo — vivent leur pathologie très douloureusement. La téléconsultation et la téléexpertise se développent, mais l'examen physique reste indispensable : le métier ne peut pas se faire à 100 % à distance.
Un dermatologue peut se surspécialiser : oncodermatologie (cancers de la peau), dermatologie pédiatrique, dermatologie chirurgicale, allergologie cutanée, dermatopathologie (lecture au microscope), dermatologie esthétique et laser, ou encore maladies rares de la peau. À l'hôpital, il peut devenir chef de service, professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH) et associer soins, enseignement et recherche. En libéral, l'évolution passe souvent par le développement d'un cabinet de groupe ou d'un centre spécialisé. D'autres voies existent : expertise médicale, recherche clinique, industrie pharmaceutique ou cosmétique, missions humanitaires.
Le marché est extrêmement porteur : la France comptait environ 2 850 dermatologues en activité en 2025, soit à peine 4 pour 100 000 habitants, pour une profession vieillissante (près de 20 % exercent en cumul emploi-retraite). Résultat : plusieurs mois d'attente en moyenne pour un rendez-vous, et jusqu'à six à neuf mois dans certaines régions. Le ministère de la Santé a créé 27 postes d'internes supplémentaires pour 2026 (129 au total), mais les effets ne se feront sentir que dans une dizaine d'années, et les syndicats réclament 150 postes par an d'ici 2030. Un jeune dermatologue diplômé n'a donc aucun mal à s'installer ou à trouver un poste, y compris hors des grandes métropoles où la pénurie est la plus forte. La difficulté n'est pas de trouver un emploi : c'est d'obtenir le rang nécessaire aux EDN pour accéder à la spécialité.