Très variable selon le statut. En intermittence, la rémunération se fait au cachet : le minimum conventionnel d'un danseur soliste tourne autour de 150 € brut par cachet et 2 550 € brut mensuel pour un engagement au mois (annexe artistes du spectacle, barèmes 2025-2026). En pratique, beaucoup de danseurs intermittents perçoivent 7 000 à 12 000 € brut de cachets par an, complétés par l'assurance chômage (annexe 10) et par des cours donnés à côté. En contrat permanent (ballet, centre chorégraphique national), le salaire démarre autour du SMIC-1 900 € brut et peut atteindre 3 000 à 4 000 € net avec l'ancienneté et le grade. Les danseurs étoiles de l'Opéra de Paris dépassent ces montants, primes de représentation comprises, mais ils sont une poignée. Les revenus des danses urbaines et des variétés dépendent fortement des tournées, clips et prestations événementielles.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est légalement obligatoire pour danser professionnellement : l'accès se fait par audition, sur le niveau technique. Mais dans les faits, on commence très jeune (souvent avant 10 ans) et le parcours de référence passe par le conservatoire. Dès le collège, les classes à horaires aménagés (CHAD) permettent de combiner scolarité et pratique intensive. Au lycée, le bac technologique S2TMD (enseignement spécifique danse), suivi en parallèle d'un conservatoire, est la voie la plus adaptée. En conservatoire à rayonnement régional ou départemental, on prépare le DNOP de danse (diplôme national d'orientation professionnelle) ou le DEC (diplôme d'études chorégraphiques), qui ouvrent les concours d'entrée du supérieur. Le diplôme professionnel de référence est le DNSP de danseur (bac+3, 180 ECTS), délivré en trois spécialités — classique, contemporain, jazz — par les CNSMD de Paris et Lyon, le Pôle supérieur Paris-Boulogne-Billancourt ou l'ESMD de Lille. L'École de danse de l'Opéra national de Paris forme dès 8-9 ans les futurs danseurs du ballet. En danses urbaines et variétés, le parcours est souvent plus autodidacte : battles, crews, stages, écoles privées et compagnies. Pour enseigner, il faut réussir l'EAT puis préparer le diplôme d'État de professeur de danse.
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La journée d'un danseur professionnel commence presque toujours par un cours technique d'1h30 à 2h : c'est l'échauffement indispensable pour préserver son corps et entretenir son niveau. Viennent ensuite 3 à 5 heures de répétitions avec le chorégraphe et le reste de la compagnie, pour créer une nouvelle pièce ou remonter une œuvre du répertoire. Il faut mémoriser des enchaînements complexes, les répéter des dizaines de fois, ajuster un placement, une intention, une respiration. Le soir ou le week-end, place aux représentations devant le public — au théâtre, dans un festival, un cabaret, ou sur un plateau de tournage pour un clip ou une émission. Entre deux contrats, le danseur passe des auditions, s'entraîne seul, suit des stages, et beaucoup complètent leurs revenus en donnant des cours de danse.
Le corps est l'outil de travail : cela implique une hygiène de vie stricte, un suivi physique (kiné, préparation physique, parfois ostéopathe) et un vrai risque de blessure, qui peut interrompre une carrière. Les horaires sont décalés — répétitions en journée, spectacles en soirée, week-ends et jours fériés travaillés — et les tournées imposent beaucoup de déplacements en France et à l'étranger. La grande majorité des danseurs sont intermittents du spectacle : ils enchaînent des CDD d'usage au fil des productions, avec des périodes creuses. Seule une minorité obtient un poste permanent dans un ballet ou un centre chorégraphique national. Les carrières sont courtes : autour de 40 ans (42 ans à l'Opéra de Paris), le corps ne suit plus le rythme de la scène.
Dans une compagnie classique, on progresse par grades : du corps de ballet à coryphée, sujet, premier danseur, puis danseur ou danseuse étoile. Beaucoup se spécialisent dans un style (contemporain, hip-hop, comédie musicale) ou élargissent leur palette vers le cirque, le théâtre gestuel ou la performance. La deuxième carrière se prépare tôt : l'enseignement est la voie la plus fréquente — le diplôme d'État de professeur de danse est obligatoire pour enseigner le classique, le contemporain et le jazz. D'autres deviennent chorégraphes, assistants ou maîtres de ballet, notateurs du mouvement, répétiteurs, ou rejoignent l'administration culturelle (production, programmation, direction de compagnie). Des dispositifs d'accompagnement à la reconversion existent, notamment via le Centre national de la danse et le fonds de reconversion des danseurs.
Le marché est étroit et très concurrentiel. Environ 12 500 personnes exercent un emploi lié à la danse en France (danseurs, chorégraphes, maîtres de ballet), mais l'écrasante majorité sont intermittents et cumulent des contrats courts. Les postes permanents sont rares : les cinq centres chorégraphiques nationaux ne totalisent qu'environ 122 postes de danseurs permanents, auxquels s'ajoutent les ballets d'opéras. Les auditions rassemblent souvent des centaines de candidats pour quelques places. Les débouchés les plus nombreux se trouvent hors du ballet institutionnel : compagnies indépendantes, comédies musicales, cabarets et music-halls, croisières, parcs à thème, clips et télévision, événementiel. La mobilité géographique — y compris à l'international — augmente nettement les chances de travailler. Enseigner la danse, en école privée, conservatoire ou centre socioculturel, reste le complément de revenu et la reconversion la plus courante.