Très variable : en début de carrière, la rémunération tourne autour du SMIC ou d'un peu plus (environ 21 600 à 23 300 € bruts par an, soit 1 800 à 1 950 € bruts par mois), souvent sous forme de cachets ponctuels. Avec l'expérience et la notoriété, on peut atteindre 39 000 à 51 000 € bruts par an (3 250 à 4 200 € bruts par mois), et bien davantage pour les chorégraphes très reconnus ou ceux qui travaillent pour le cinéma, la télévision et l'événementiel. À cela s'ajoutent les droits d'auteur perçus via la SACD à chaque représentation de l'œuvre. Attention : très peu de professionnels vivent uniquement de la création — la plupart complètent avec l'enseignement, les ateliers ou l'interprétation.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe aucun diplôme obligatoire pour se dire chorégraphe : ce qui compte d'abord, c'est un très haut niveau de pratique de la danse et une expérience solide d'interprète. Le parcours le plus fréquent démarre tôt, en conservatoire (CRR/CRD) ou en école de danse, avec le Diplôme d'études chorégraphiques (DEC) ou le DNOP, de niveau bac.
Vient ensuite la formation supérieure : le DNSPD (diplôme national supérieur professionnel de danseur, bac+3), délivré par sept établissements — CNSMD de Paris et de Lyon, CNDC d'Angers, École nationale supérieure de danse de Marseille, École supérieure de danse de Cannes Rosella Hightower, PSPBB, École de danse de l'Opéra national de Paris — souvent couplé à une licence Arts mention danse.
Pour transmettre et sécuriser ses revenus, beaucoup passent le diplôme d'État (DE) de professeur de danse (options classique, contemporain, jazz), accessible après l'EAT (examen d'aptitude technique) : il est obligatoire pour enseigner ces trois disciplines contre rémunération. Le certificat d'aptitude (CA) ouvre l'enseignement en conservatoire. Côté universitaire, le master mention danse (Paris 8) ou le master exerce (ICI—CCN de Montpellier) permettent d'approfondir la recherche et la création. Enfin, l'assistanat auprès d'un chorégraphe reconnu reste la meilleure « école » pour se lancer.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Tout part d'une idée : une musique, un texte, un thème, une émotion. Le ou la chorégraphe imagine ensuite une écriture du mouvement — des gestes, des déplacements, des figures, des silences — et la teste en studio avec des danseurs. Avant cela, il faut recruter : les auditions permettent de choisir les interprètes qui correspondent au projet.
Vient alors le gros du travail : les répétitions. Le ou la chorégraphe montre, corrige, répète, ajuste, parfois pendant des semaines. Il ou elle travaille main dans la main avec le compositeur ou la compositrice, le scénographe, l'éclairagiste, les costumiers, pour que tout forme un ensemble cohérent. Certains chorégraphes notent leurs œuvres (notation Laban ou Benesh) afin qu'elles puissent être remontées plus tard par d'autres compagnies.
Et puis il y a la face moins glamour : quand on dirige sa propre compagnie, une bonne partie du temps passe dans les dossiers de subvention, la recherche de coproducteurs, les contrats des danseurs, la négociation des dates avec les théâtres. Beaucoup de chorégraphes disent y consacrer au moins un tiers de leur temps.
Le terrain de jeu, c'est le studio de danse, puis le plateau. On travaille aussi en résidence de création (une compagnie est accueillie plusieurs semaines dans un théâtre pour créer), puis en tournée, en France ou à l'étranger. Les horaires n'ont rien de classique : répétitions en journée, représentations le soir et le week-end, périodes très intenses suivies de creux.
C'est un métier physiquement exigeant — on montre, on danse, on démontre — et mentalement aussi : il faut porter un projet artistique, tenir un groupe, encaisser les refus de financement. La grande majorité des professionnels sont intermittents du spectacle, avec des contrats courts, ou dirigent leur propre structure associative. Rares sont les postes stables : ils existent surtout dans les Centres chorégraphiques nationaux (CCN), les opéras et les grandes compagnies de ballet.
Le parcours classique commence par une carrière de danseur ou danseuse, puis un passage par l'assistanat auprès d'un chorégraphe confirmé, avant de signer ses premières pièces. Ensuite, plusieurs directions : diriger une compagnie reconnue, prendre la tête d'un CCN ou d'un ballet d'opéra, devenir maître ou maîtresse de ballet (chargé de transmettre et remonter le répertoire).
D'autres élargissent vers l'audiovisuel et l'événementiel : chorégraphier des clips, des films, des spectacles télé, des défilés de mode, des cérémonies sportives. Beaucoup combinent création et transmission en enseignant (avec le diplôme d'État de professeur de danse), en animant des ateliers ou en travaillant comme coach de mouvement pour des comédiens ou des sportifs. Certains se tournent enfin vers la médiation culturelle, la danse-thérapie ou la direction artistique de structures culturelles.
Le marché est étroit et très concurrentiel : France Travail ne recense qu'une centaine d'offres par an pour ce métier en France, alors que les candidats sont nombreux. Environ trois professionnels des arts du spectacle sur quatre sont intermittents, avec des contrats courts et des revenus irréguliers. Les employeurs possibles : compagnies chorégraphiques subventionnées ou non, Centres chorégraphiques nationaux (CCN), opéras et ballets, scènes nationales et théâtres de ville, festivals, producteurs de comédies musicales, cabarets, mais aussi l'audiovisuel (clips, cinéma, télévision), la mode et l'événementiel — des débouchés en croissance. La règle du jeu : se faire un nom, multiplier les rencontres et les résidences, et diversifier ses activités (enseignement, ateliers, interprétation) pour tenir dans la durée.