Un CGP débutant salarié démarre autour de 2 500 € brut par mois (30 000 à 42 000 € brut annuel selon le réseau), auxquels s'ajoute une part variable de 5 000 à 10 000 € liée à la collecte. Après 3 à 7 ans, le fixe monte à 44 000-55 000 € brut annuel avec 10 000 à 20 000 € de variable, soit environ 4 500 à 6 000 € brut mensuel tout compris. En banque privée ou family office, les packages seniors dépassent régulièrement 8 000 € brut mensuel. Le variable pèse en moyenne 10 à 40 % de la rémunération totale. En indépendant, le revenu dépend des encours gérés : environ 35 000 € brut la première année de cabinet, mais plus de 90 000 € pour un CGP établi avec 30 à 50 M€ d'encours.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le niveau attendu par le marché est bac+5. La voie royale est le master mention gestion de patrimoine (Paris Dauphine-PSL, Clermont Auvergne, Nantes IAE, Caen, Montpellier, Lyon 3…), souvent en alternance, accessible après une licence économie-gestion, banque-finance-assurance ou droit. Les masters droit du patrimoine, droit notarial, monnaie-banque-finance-assurance ou ingénierie patrimoniale mènent aussi au métier, tout comme certains programmes de grandes écoles de commerce spécialisés en finance.
Un parcours progressif est fréquent : BTS banque (conseiller de clientèle particuliers) ou BUT GEA, puis licence professionnelle assurance-banque-finance, puis master ou titre RNCP « Expert en gestion de patrimoine » (niveau 7). Des titres de niveau 6 (bac+3/4) « Conseiller en gestion de patrimoine » existent en formation continue et permettent une entrée par la banque de détail avant de basculer sur une clientèle patrimoniale. Dans tous les cas, une première expérience de 2 à 5 ans en agence bancaire ou en assurance est presque toujours demandée avant de gérer un portefeuille patrimonial.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Tout commence par un rendez-vous : le conseiller en gestion de patrimoine (CGP) écoute son client, comprend sa situation familiale, ses revenus, ses biens, ses impôts et surtout ses projets — acheter un appartement, financer les études des enfants, préparer sa retraite, transmettre une entreprise. À partir de là, il réalise un bilan patrimonial complet : il chiffre l'existant, identifie les risques (fiscaux, juridiques, successoraux) et repère les marges de manœuvre.
Vient ensuite la partie stratégie : il propose une allocation entre différents supports (assurance-vie, PEA, PER, SCPI, immobilier locatif, produits structurés, private equity…), simule les conséquences fiscales de chaque scénario et rédige une préconisation écrite. Une fois la solution validée, il met en place les opérations, puis assure le suivi dans la durée : points annuels, arbitrages, adaptation aux changements de vie du client et aux évolutions de la loi de finances. Le reste du temps se partage entre la prospection de nouveaux clients (le développement du portefeuille est une part essentielle du métier), la veille réglementaire, la formalisation des dossiers de conformité et, en banque, l'appui aux conseillers d'agence sur les sujets patrimoniaux.
Le métier s'exerce principalement en bureau : agence bancaire haut de gamme, banque privée, compagnie d'assurance, cabinet indépendant. Les déplacements sont fréquents pour rencontrer les clients — parfois à leur domicile ou dans leur entreprise —, ce qui rend le permis B très utile. Les horaires sont variables plutôt que fixes : les rendez-vous se calent souvent en fin de journée, sur la pause déjeuner ou le samedi matin, quand les clients sont disponibles. Le télétravail partiel s'est largement installé pour la partie analyse et rédaction, mais la relation client reste très présentielle.
La pression commerciale est réelle : la plupart des postes comportent des objectifs de collecte et une part variable importante. Le cadre réglementaire est strict — certification AMF, inscription à l'ORIAS, obligations de conseil et de traçabilité, formation continue annuelle — et l'éthique n'est pas négociable : on manipule l'argent et les projets de vie des gens.
On démarre en général comme conseiller clientèle en agence, puis on accède au portefeuille patrimonial après quelques années. Ensuite, plusieurs voies s'ouvrent : monter en gamme vers la banque privée ou le *family office* (clientèle très fortunée), se spécialiser en ingénierie patrimoniale (transmission d'entreprise, expatriation, droit des successions), encadrer une équipe comme directeur de clientèle ou responsable d'un centre patrimonial. Beaucoup finissent par s'installer à leur compte en créant leur cabinet de CGP indépendant, ou rejoignent un réseau de mandataires. Les passerelles existent aussi vers la gestion d'actifs, le courtage en assurance ou l'immobilier d'investissement.
Le marché recrute activement et de façon durable. Trois moteurs : le vieillissement de la population et la vague de transmissions à venir (plusieurs centaines de milliards d'euros à transmettre d'ici 2030), la complexification permanente de la fiscalité, et le départ à la retraite d'une génération de conseillers. Les offres se comptent par centaines en permanence sur les job boards (banques de réseau, banques privées, assureurs, réseaux de mandataires, cabinets indépendants). Les diplômés des masters spécialisés affichent des taux d'insertion très élevés dans les six mois. Point de vigilance : l'entrée directe sur un portefeuille patrimonial est rare sans expérience — la plupart des jeunes diplômés passent d'abord par un poste de conseiller clientèle, et l'alternance est le meilleur accélérateur.