En début de carrière, un chargé de développement économique et local gagne entre 1 900 et 2 300 € brut par mois, que ce soit comme contractuel ou comme attaché territorial en début de grille. Avec 5 à 10 ans d'expérience, la rémunération se situe plutôt entre 2 500 et 3 200 € brut, et peut dépasser 4 000 € brut sur des postes de responsable de service ou de directeur d'agence de développement dans une grande agglomération. Le salaire moyen constaté tourne autour de 2 500 € brut mensuel (environ 30 000 € brut annuel). Dans la fonction publique territoriale, s'ajoutent des primes et indemnités (RIFSEEP) qui peuvent représenter une part significative du salaire. Les écarts sont importants selon la taille de la collectivité : une communauté de communes rurale paie nettement moins qu'une métropole ou qu'une agence d'attractivité régionale.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas de diplôme unique pour ce métier : on y arrive par plusieurs chemins, à condition de maîtriser à la fois l'économie, les territoires et la gestion de projet.
Le socle le plus courant : bac+5. La majorité des professionnels sont titulaires d'un master, le plus souvent en gestion des territoires et développement local, en urbanisme et aménagement, en géographie-aménagement, en économie appliquée ou en sciences politiques (IEP). Ces masters se préparent souvent en alternance, ce qui est un vrai avantage pour décrocher un premier poste.
L'entrée à bac+3 est possible, surtout sur des postes d'assistant ou de chargé de mission dans de petites collectivités : licence professionnelle « métiers de l'aménagement du territoire et de l'urbanisme », licence de géographie et aménagement, licence AES (administration économique et sociale) ou licence d'économie. C'est aussi le niveau requis pour passer le concours externe d'attaché territorial.
Le parcours conseillé après le bac : bac général (spécialités histoire-géo-géopolitique-sciences politiques, SES, mathématiques) ou bac STMG, puis licence de géographie/économie/AES ou BUT (carrières sociales, gestion des entreprises et des administrations), avant de poursuivre en licence pro ou en master. Les stages et l'alternance en collectivité comptent énormément : c'est là qu'on apprend le fonctionnement réel des intercommunalités et qu'on se constitue un réseau.
Après l'embauche, le CNFPT (école de la fonction publique territoriale) et le CNER proposent des formations continues spécifiques aux développeurs économiques.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Aucune journée ne ressemble vraiment à la précédente. Le matin, le chargé de développement économique et local peut recevoir un jeune entrepreneur qui veut ouvrir un atelier de réparation de vélos : il l'oriente vers les bonnes aides, l'aide à monter son dossier de financement, lui trouve un local disponible dans une zone d'activités. L'après-midi, il analyse des données sur son territoire — combien d'emplois, quels secteurs progressent, quels commerces ferment — pour construire un diagnostic territorial qui servira de base à la stratégie des élus.
Le reste du temps se partage entre la prospection (démarcher des entreprises susceptibles de s'implanter, valoriser les atouts du territoire), le montage de projets (rénovation d'une halle commerciale, création d'une pépinière d'entreprises, programme de revitalisation d'un centre-bourg) et la recherche de financements : subventions de la Région, fonds européens comme le FEDER ou LEADER, dispositifs de l'État. Il organise aussi des rencontres professionnelles, des petits-déjeuners d'entrepreneurs, des forums de l'emploi, et suit ses actions avec des indicateurs pour mesurer ce qui marche vraiment.
Le métier s'exerce principalement dans les collectivités territoriales (communes, communautés de communes, agglomérations, départements, régions), mais aussi dans les agences de développement et d'attractivité, les chambres de commerce et d'industrie, les parcs naturels régionaux, les associations et les cabinets de conseil. C'est un poste hybride : environ la moitié du temps derrière un bureau (analyses, notes, dossiers, appels à projets), l'autre moitié sur le terrain, en visite d'entreprise, en réunion publique ou en tournée des communes.
Les horaires sont variables : les réunions avec les élus ou les habitants se tiennent souvent en soirée, et certains événements ont lieu le samedi. Le permis B est presque toujours demandé, car les déplacements sont fréquents. Le télétravail est possible en partie, mais le cœur du métier reste le contact direct avec les acteurs locaux. Il faut aussi accepter un rythme politique : les projets dépendent des budgets et des mandats électoraux, ce qui demande de la patience et de la diplomatie.
Après quelques années, on peut se spécialiser : commerce et artisanat de proximité, immobilier d'entreprise, tourisme, économie sociale et solidaire, transition écologique, politique de la ville, ou encore attractivité et marketing territorial. L'évolution classique mène vers des postes de responsable de service développement économique, de directeur d'agence de développement ou de directeur général adjoint d'une collectivité, avec l'encadrement d'une équipe.
D'autres bifurquent vers le conseil aux collectivités en cabinet privé, vers les chambres consulaires (CCI, chambres de métiers), vers les agences d'urbanisme, ou deviennent consultants indépendants. Passer un concours de la fonction publique territoriale (attaché territorial notamment) permet de sécuriser sa carrière et d'ouvrir la porte à des responsabilités plus larges.
Le besoin existe partout : toutes les intercommunalités de France exercent la compétence développement économique depuis la loi NOTRe, ce qui a créé des milliers de postes. Environ 68 % des recrutements se font en CDI ou sur emploi permanent, et 92 % des postes sont à temps plein. Mais le métier est très attractif et les candidats sont nombreux : France Travail recense environ 10 300 demandeurs d'emploi sur ce domaine pour à peine 650 offres enregistrées, ce qui rend l'accès aux premiers postes réellement concurrentiel. Le baromètre HoRHizons 2025 signale par ailleurs un ralentissement des créations de postes dans la fonction publique territoriale, sous contrainte budgétaire. Les meilleurs profils sont ceux qui ont fait de l'alternance ou des stages longs en collectivité, qui acceptent la mobilité géographique (les territoires ruraux recrutent plus facilement que les métropoles) et qui apportent une spécialité recherchée : transition écologique, économie circulaire, revitalisation des centres-villes, immobilier d'entreprise.