À l'hôpital public, le conseiller en génétique est recruté comme cadre de catégorie A de la fonction publique hospitalière (souvent sur un grade d'ingénieur hospitalier ou de cadre de santé). L'ONISEP indique une fourchette de 1 867 € à 2 088 € brut par mois en début de carrière ; les sites d'emploi (Indeed, Glassdoor) situent la rémunération moyenne autour de 34 000 € brut par an, soit environ 2 850 € brut mensuel primes comprises. Après plusieurs années et selon l'avancement dans la grille, on atteint 3 000 à 3 500 € brut par mois. Le secteur privé (cliniques, centres de lutte contre le cancer, laboratoires) et l'Île-de-France paient un peu mieux (≈ 39 000 € brut/an à Paris). Les écarts entre sources s'expliquent par le traitement indiciaire de base seul (ONISEP) versus le salaire total primes incluses (sites d'emploi).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le titre de conseiller en génétique est protégé par la loi : seuls les titulaires d'un diplôme figurant sur la liste fixée par l'arrêté du 23 février 2023 peuvent exercer. Trois masters seulement sont reconnus en France :
- Aix-Marseille Université — Master Biologie-santé, parcours Conseil en génétique et médecine prédictive (la formation historique, créée en 2004) ; - Université Paris Cité — Master Éthique, parcours Conseil en génétique ; - Université Claude Bernard Lyon 1 — Master Biologie moléculaire et cellulaire, parcours Conseiller en génétique et médecine prédictive (CGMP).
Le parcours type : bac général avec spécialités SVT + physique-chimie (ou maths), puis licence Sciences de la vie / Sciences pour la santé (3 ans), puis candidature en master via la plateforme Mon Master. Le M2 est professionnalisant et comporte de longs stages en service de génétique.
L'accès est très sélectif : à Lyon 1 par exemple, environ 15 places pour plus de 200 candidats. La formation est aussi ouverte en reconversion aux professionnels de santé (infirmier, sage-femme, pharmacien, psychologue, kinésithérapeute) et aux profils ingénieur — c'est même une voie d'entrée fréquente et appréciée, car l'expérience du contact patient compte beaucoup.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le conseiller ou la conseillère en génétique travaille toujours sous la responsabilité d'un médecin généticien, et sur prescription médicale. Sa journée est rythmée par les consultations : il reçoit un patient ou une famille, recueille les antécédents personnels et familiaux, et construit un arbre généalogique (on dit aussi « pedigree ») qui remonte parfois sur trois ou quatre générations. À partir de ces informations, il évalue le risque qu'une maladie génétique se transmette et explique les options de dépistage disponibles.
Ensuite vient la partie la plus délicate : rendre compréhensible une information très technique. Qu'est-ce qu'un gène BRCA ? Que signifie « porteur sain » ? Un risque de 25 %, ça veut dire quoi concrètement pour mes futurs enfants ? Le conseiller reformule, répond aux questions, laisse le temps de la réflexion. Il organise aussi le parcours du patient : planification des prélèvements et des examens complémentaires, prise de rendez-vous avec les autres spécialistes, coordination avec le laboratoire. Le reste du temps se partage entre la rédaction des comptes rendus, la mise à jour des dossiers familiaux, la participation aux réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) et une veille scientifique permanente — la génétique avance vite.
Le métier s'exerce presque exclusivement en établissement de santé : service de génétique médicale d'un CHU, centre de lutte contre le cancer, centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN), plus rarement en clinique privée ou en laboratoire de biologie médicale. La loi (articles L1132-1 et suivants du Code de la santé publique) réserve l'exercice aux structures autorisées à réaliser des examens de caractéristiques génétiques à des fins médicales.
Le rythme est celui d'un cadre hospitalier : 35 heures par semaine, en journée, du lundi au vendredi, avec des plages de consultation qui peuvent s'étendre de 8h30 à 19h30 selon l'organisation du service et des astreintes possibles. Le travail est majoritairement assis (bureau, consultation, écran), sans pénibilité physique — mais avec une charge émotionnelle réelle : on annonce des résultats qui bouleversent des projets de vie, on accompagne des couples face à un diagnostic prénatal, on suit des familles sur des années. La confidentialité et l'éthique sont au cœur du métier : une information génétique ne concerne jamais une seule personne, elle engage toute une famille.
La profession est jeune (créée en 2004) et compte quelques centaines de professionnels en France, ce qui limite la « pyramide hiérarchique » classique. On évolue plutôt par spécialisation : oncogénétique (cancers héréditaires du sein, de l'ovaire, du côlon), génétique prénatale et préimplantatoire, maladies rares, neurogénétique, cardiogénétique, ou encore génomique et médecine prédictive dans le cadre du Plan France Médecine Génomique.
D'autres voies existent : la coordination d'études cliniques ou de projets de recherche, l'enseignement dans les masters de conseil en génétique, la participation aux instances professionnelles, ou un passage vers l'industrie (laboratoires de diagnostic, biotechs, industrie pharmaceutique). Certains poursuivent en doctorat pour aller vers la recherche. Enfin, comme le master est ouvert aux professionnels de santé en reconversion (infirmiers, sages-femmes, kinésithérapeutes, psychologues), les parcours sont souvent croisés et l'expérience antérieure reste un atout.
La profession compte encore peu de professionnels en France (quelques centaines), mais elle se développe régulièrement : des postes sont ouverts en permanence dans les CHU (AP-HP, Montpellier, Poitiers, Metz, Lyon, Marseille…) et dans les centres de lutte contre le cancer. Le déploiement de la médecine génomique (Plan France Médecine Génomique, oncogénétique, dépistage des maladies rares) alimente une demande croissante, et la charge de travail des services de génétique dépasse souvent leurs effectifs. Le vrai goulot d'étranglement n'est donc pas l'emploi mais **l'entrée en formation** : une quarantaine de diplômés par an pour trois masters, avec des taux de sélection de l'ordre de 1 candidat retenu sur 10 à 15. Une fois diplômé, l'insertion professionnelle est rapide et la quasi-totalité des promotions trouve un poste. Contrepartie : le nombre limité de services de génétique en France impose souvent une **mobilité géographique** pour décrocher son premier emploi.