En début de carrière, comptez environ 1 950 € brut par mois (soit ~1 520 € net) dans la fonction publique territoriale ou hospitalière ; le secteur associatif démarre souvent un peu plus bas, proche du SMIC selon la convention collective appliquée (CCN 66, CCN 51, Alisfa). Le salaire médian tourne autour de 2 900 € brut mensuels et la fin de carrière atteint 3 100 à 3 200 € brut dans le public. Des primes viennent s'ajouter selon l'employeur et le dispositif (prime Ségur, indemnités de sujétion, primes de fonction publique).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le diplôme d'État de conseiller en économie sociale familiale (DECESF) est obligatoire pour exercer. Le parcours classique se fait en trois ans après le bac : deux ans de BTS économie sociale et familiale (BTS ESF), puis une année de DECESF (environ 540 h de cours et 16 semaines de stage), qui confère le grade de licence (niveau 6, 180 ECTS). Le DECESF est aussi accessible aux titulaires d'autres diplômes bac+2/bac+3 du social (DEASS assistant de service social, DEES éducateur spécialisé, DEEJE éducateur de jeunes enfants, BTS SP3S, BUT carrières sociales), parfois avec des allègements de formation. Les bacs qui préparent le mieux au BTS ESF sont le bac ST2S, le bac général, le bac STMG et les bacs professionnels ASSP ou SAPAT. La formation se prépare dans les IRTS, les instituts de travail social, certains lycées et le CNAM, souvent en alternance. La VAE est possible. À noter : le DECESF fait l'objet d'une réforme dont l'entrée en vigueur est annoncée pour 2027 — vérifiez le contenu du cursus auprès de l'école visée.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le conseiller ou la conseillère en économie sociale et familiale (CESF) reçoit des personnes et des familles qui traversent une passe difficile : dettes qui s'accumulent, loyer impayé, logement insalubre, perte d'emploi, difficultés à se nourrir correctement. Première étape : l'entretien. On écoute, on fait le point sur la situation sociale et financière, on identifie ce qui coince vraiment. Ensuite, le CESF construit un plan avec la personne : établir un budget réaliste, monter un dossier de surendettement, demander une aide au logement ou le RSA, négocier un échéancier avec un fournisseur d'énergie, chercher un hébergement.
Une bonne partie du travail se fait aussi hors du bureau : visites à domicile pour voir les conditions de vie réelles, rendez-vous chez des partenaires (CAF, bailleurs sociaux, associations, services du département). Et puis il y a le collectif : le CESF anime des ateliers concrets — cuisiner équilibré avec un petit budget, comprendre sa facture d'électricité, gérer ses courses, utiliser les démarches en ligne. C'est la marque de fabrique du métier : partir du quotidien très concret pour redonner de l'autonomie.
On exerce dans des structures très variées : services sociaux des départements et des communes (CCAS), caisses d'allocations familiales, bailleurs sociaux, hôpitaux, centres d'hébergement, associations de solidarité, missions locales, services de protection des majeurs. Les horaires sont souvent proches du classique 9h-17h du lundi au vendredi, mais ils deviennent variables selon les structures : permanences en soirée, astreintes ou week-ends dans les centres d'hébergement, adaptations aux disponibilités des personnes accompagnées. Le permis B est presque toujours demandé, car les déplacements sur un secteur géographique font partie du quotidien.
Le télétravail est possible pour la partie administrative (écrits professionnels, montage de dossiers), généralement un à deux jours par semaine selon l'employeur, mais le cœur du métier reste le face-à-face. C'est un métier exigeant émotionnellement : on est confronté à la précarité, à la violence sociale, parfois à l'échec. Savoir garder la bonne distance professionnelle s'apprend et se travaille.
Après quelques années, on peut se spécialiser : accompagnement budgétaire et lutte contre le surendettement, précarité énergétique, logement et lutte contre le mal-logement, protection juridique des majeurs (avec le CNC MJPM), médiation familiale. On peut aussi devenir conseiller technique, référent d'un dispositif, ou formateur en travail social. Vers l'encadrement, le CAFERUIS (certificat d'aptitude aux fonctions d'encadrement et de responsable d'unité d'intervention sociale) ouvre les postes de chef de service ou de responsable d'unité ; au-delà, le DEIS ou le CAFDES mènent aux fonctions de direction d'établissement. Enfin, le diplôme d'État donne accès aux concours de la fonction publique territoriale et hospitalière, avec un déroulement de carrière garanti.
Le métier recrute nettement plus qu'il ne trouve de candidats. France Travail classe les assistants de service social et les CESF parmi les professions les plus tendues du secteur social : le nombre d'offres publiées est plus de deux fois supérieur au nombre d'embauches réalisées le trimestre suivant, et près de 6 employeurs sur 10 jugent ces recrutements difficiles. Environ 12 000 CESF exercent en France. Les besoins progressent avec la précarité énergétique, le mal-logement, le surendettement et le vieillissement de la population. Les tensions sont particulièrement fortes en Île-de-France et dans les grandes métropoles. Revers de la médaille : beaucoup de CDD dans l'associatif au démarrage, et des salaires jugés peu attractifs qui alimentent le turn-over du secteur.