En début de fonction d'encadrement, on se situe autour de 2 200 à 2 600 € brut par mois (un assistant socio-éducatif territorial démarre vers 2 040 € brut, un conseiller socio-éducatif ou un chef de service un peu au-dessus). Avec l'expérience et selon la taille de la structure, la rémunération monte vers 3 000 à 3 500 € brut, et un directeur de CCAS d'une ville moyenne à grande peut dépasser 4 000 à 4 500 € brut mensuels. Dans la fonction publique territoriale, le traitement indiciaire est complété par un régime indemnitaire (primes) qui varie fortement d'une collectivité à l'autre : c'est souvent lui qui fait la différence. Le secteur associatif applique les conventions collectives (CCN 66, CCN 51) avec des grilles proches, parfois un peu en deçà sur le début de carrière.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier se rejoint presque toujours après une première expérience de terrain dans le travail social. Le parcours type : un diplôme d'État de niveau bac+3 (DEASS assistant de service social, DEES éducateur spécialisé, DECESF conseiller en économie sociale et familiale) ou un BUT Carrières sociales, puis 3 à 5 ans de pratique, avant de préparer le CAFERUIS (certificat d'aptitude aux fonctions d'encadrement et de responsable d'unité d'intervention sociale, 400 h de cours + 420 h de stage sur 12 à 18 mois, en emploi le plus souvent).
Pour les postes de direction (directeur de CCAS, directeur d'établissement), on monte d'un cran avec le CAFDES (700 h de formation + 510 h de stage, niveau 7) ou un master en direction d'établissements sanitaires et sociaux, en management des organisations sociales ou en intervention sociale. Le DEIS (diplôme d'État d'ingénierie sociale, niveau 7) mène plutôt vers les fonctions d'expertise et de conduite de projet.
Dans la fonction publique territoriale, l'accès passe aussi par les concours de catégorie A : attaché territorial, conseiller territorial socio-éducatif (ouvert aux titulaires d'un diplôme d'État en travail social avec expérience). Des écoles de référence : les IRTS de chaque région, ASKORIA, BUC Ressources, l'EHESP pour le CAFDES.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée d'un coordonnateur de service social ressemble rarement à la précédente. Le matin, il anime une réunion d'équipe avec ses assistants de service social, éducateurs ou conseillers en économie sociale et familiale : on passe en revue les situations les plus délicates, on décide qui accompagne qui, on arbitre les urgences (une famille menacée d'expulsion, un adolescent en rupture, une personne âgée isolée). Il assure aussi un rôle de « technicien » : rédiger un projet de service, monter un dossier de subvention, préparer une délibération pour le conseil d'administration d'un CCAS.
L'après-midi est souvent consacré aux partenaires. Bailleurs sociaux, département, CAF, associations caritatives, Mission locale, hôpital : le coordonnateur passe beaucoup de temps à créer et entretenir un réseau, parce qu'aucune structure ne peut répondre seule à une situation complexe. Il pilote également les chiffres — nombre de bénéficiaires, taux de recours aux aides, budget consommé — pour évaluer si les actions menées produisent des effets réels et ajuster les moyens.
On exerce principalement dans un CCAS (centre communal d'action sociale) ou un CIAS, dans un conseil départemental (unité territoriale, circonscription d'action sociale), dans une association gestionnaire d'établissements sociaux ou médico-sociaux, parfois dans un grand groupe privé (service social du travail). Le poste est majoritairement à temps plein, avec des horaires de bureau réguliers, mais il faut compter des réunions en soirée (conseils d'administration, réunions publiques, commissions) et de nombreux déplacements sur le territoire : le permis B est presque toujours demandé.
Le télétravail est possible mais partiel : une partie du travail administratif peut se faire à distance, alors que l'animation d'équipe, les réunions partenariales et la présence auprès des professionnels supposent d'être sur place. La charge mentale est réelle — on porte la responsabilité de situations humaines lourdes et de décisions budgétaires — d'où l'importance de savoir poser des limites et de s'appuyer sur une analyse de pratiques.
La grande majorité des coordonnateurs sont d'anciens travailleurs sociaux de terrain (assistant de service social, éducateur spécialisé, CESF) qui se sont formés à l'encadrement, généralement via le CAFERUIS après quelques années d'expérience. Depuis le poste de coordonnateur ou de chef de service, on peut viser la direction d'un établissement ou d'un service (avec le CAFDES ou un master), la direction d'un CCAS de plus grande ville, ou un poste de responsable de circonscription au département.
D'autres voies existent : devenir chargé de mission ou conseiller technique en politiques sociales (avec le DEIS), rejoindre une fédération ou une agence publique, se spécialiser sur un champ précis (protection de l'enfance, hébergement d'urgence, grand âge, insertion par l'activité économique), ou passer les concours de la fonction publique territoriale (attaché, conseiller socio-éducatif) pour évoluer vers des responsabilités transversales de direction générale adjointe.
Le secteur recrute. Les besoins d'accompagnement social augmentent (précarité, vieillissement de la population, protection de l'enfance, accès au logement) alors que le vivier de professionnels qualifiés se réduit : plusieurs milliers de postes de travailleurs sociaux restent non pourvus chaque année en France, et les fonctions d'encadrement sont particulièrement difficiles à recruter parce qu'elles supposent à la fois une expérience de terrain et une formation au management. Les CCAS et CIAS emploient à eux seuls de l'ordre de 120 000 personnes sur plus de 30 000 structures, auxquelles s'ajoutent les conseils départementaux et le vaste secteur associatif médico-social. Les plans nationaux (pauvreté, logement d'abord) soutiennent les créations de postes. Contrepartie : les budgets publics sont sous tension, et la mobilité géographique reste souvent la clé pour accéder rapidement à un poste de coordination.