Selon France Travail, 80 % des offres du domaine proposent un salaire brut mensuel compris entre 1 800 € et 2 565 €. Un chef d'équipe débutant démarre autour de 1 900 € brut (au-dessus du minimum conventionnel des entreprises de travaux agricoles, ruraux et forestiers, revalorisé de 1,25 % en 2026), et peut atteindre 2 500 à 2 900 € brut avec de l'expérience et la maîtrise des engins. S'ajoutent souvent des primes de chantier, des indemnités de déplacement et de repas, et parfois une rémunération à la tâche. La pénurie de main-d'œuvre qualifiée tire les salaires vers le haut dans certaines régions. À son compte, un entrepreneur de travaux forestiers peut dépasser ces niveaux, mais avec les aléas d'une activité indépendante.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le parcours le plus direct passe par un diplôme forestier de niveau bac : le BP (brevet professionnel) Responsable de chantiers de bûcheronnage manuel et de sylviculture (ou l'option débardage), très orienté encadrement de chantier, ou le bac pro Forêt. Ces formations se préparent souvent en apprentissage dans des CFA et CFPPA forestiers spécialisés (Meymac, Bazas, Le Centre forestier de PACA, CFA forestier des Landes…).
On peut aussi commencer plus tôt avec un CAPa Travaux forestiers (bûcheronnage ou sylviculture) puis accéder au poste de chef d'équipe après quelques années d'expérience comme ouvrier forestier — c'est un parcours très courant dans la profession, où l'expérience de terrain compte autant que le diplôme.
Pour aller plus loin ou viser directement l'encadrement et la gestion, le BTSA Gestion forestière (bac+2) est la référence : il mène au poste de technicien forestier, de conducteur de travaux ou de chef d'entreprise. Des certificats de spécialisation (CS) complètent utilement le cursus : conduite de machines de bûcheronnage, taille et soins aux arbres.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence tôt, souvent au dépôt ou directement sur la parcelle. Le chef d'équipe prend connaissance du cahier des charges du chantier (ce que le propriétaire, la coopérative ou l'ONF a commandé), repère le terrain, délimite la zone d'intervention et vérifie l'accessibilité pour les engins. Il répartit ensuite les tâches entre les membres de son équipe : plantation de jeunes plants, dégagement, élagage, éclaircie, abattage manuel ou mécanisé, débardage des grumes.
Pendant le chantier, il travaille lui-même — la plupart des chefs d'équipe manient encore la tronçonneuse — tout en gardant un œil sur l'avancement et surtout sur la sécurité : distances de sécurité entre bûcherons, port des EPI (casque, pantalon anti-coupure, chaussures de sécurité), arrêt des travaux en cas de vent fort ou d'orage. Il forme les nouveaux aux bons gestes, contrôle la qualité des travaux réalisés, gère l'entretien du matériel (tronçonneuses, débroussailleuses, matériel de plantation) et rend compte au conducteur de travaux ou au chef d'entreprise. Il tient aussi les feuilles de chantier, les relevés d'heures et les cubages de bois.
C'est un métier de plein air, à 100 % sur le terrain : forêt de plaine, coteaux, parfois montagne. Il faut aimer marcher en terrain irrégulier, supporter la pluie, le froid, la chaleur et les insectes. L'activité est physique (port de charges, postures contraignantes, vibrations des machines) et comporte de vrais risques, ce qui explique l'importance donnée à la prévention.
Les horaires sont variables et suivent les saisons et la lumière du jour : départs très matinaux, journées longues en été, arrêts forcés en cas d'intempéries. Les déplacements sont quotidiens (véhicule d'entreprise, remorque de matériel) et certains chantiers éloignés imposent des découchés en semaine. La plantation se concentre en automne et en hiver, les dégagements au printemps et en été. Le télétravail n'existe pas ici : la partie administrative (planning, comptes rendus) se fait au dépôt ou le soir.
Les employeurs sont surtout des entreprises de travaux forestiers (ETF), des coopératives forestières, des scieries et exploitations forestières, ainsi que l'ONF pour la forêt publique.
Avec de l'expérience, le chef d'équipe peut devenir conducteur de travaux forestiers (il pilote alors plusieurs chantiers et plusieurs équipes), technicien forestier, responsable d'exploitation dans une coopérative, ou encore acheteur de bois. Beaucoup choisissent de créer leur propre entreprise de travaux forestiers : le BP et le BTSA donnent la capacité professionnelle pour s'installer à son compte.
D'autres se spécialisent : conduite d'abatteuse ou de porteur (machines forestières très recherchées), élagage et soins aux arbres, travaux en génie écologique et restauration de milieux naturels. Une reprise d'études en BTSA Gestion forestière ou en licence professionnelle ouvre la voie aux fonctions d'encadrement et de gestion de massifs forestiers.
La filière forêt-bois représente plus de 400 000 emplois en France et peine à recruter : les entreprises de travaux forestiers, les coopératives et les scieries manquent de personnel qualifié, et la demande dépasse souvent l'offre. Les enjeux climatiques (renouvellement des peuplements dépérissants, reboisement, adaptation des essences) et la demande croissante en bois d'œuvre et bois énergie soutiennent l'activité. Les régions très forestières recrutent particulièrement : Nouvelle-Aquitaine (massif landais), Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, Occitanie. Attention toutefois : le secteur des travaux forestiers reste marqué par une forte saisonnalité et beaucoup de contrats courts au niveau ouvrier. Le poste de chef d'équipe, lui, est plus souvent en CDI, car il demande fidélisation et expérience. L'ONF, qui emploie environ 3 200 ouvriers forestiers, recrute également mais principalement sur concours ou contrat de droit privé.