Rémunération au cachet, très variable selon le volume de tournages. Un débutant tourne autour de 300 à 400 € par jour de tournage, soit environ 1 200 € bruts par mois s'il travaille peu ; un cascadeur confirmé se situe plutôt entre 600 et 700 € la journée, et un coordinateur de cascades entre 800 et 1 200 € par jour. Le CIDJ avance un revenu net médian d'environ 2 900 €/mois, mais cette moyenne masque une très forte irrégularité : le statut d'intermittent du spectacle (indemnisation entre deux contrats) est presque toujours nécessaire pour lisser les périodes creuses. Les gros tournages internationaux et les spécialités rares (pyrotechnie, cascade automobile, effets de vol) sont mieux payés.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est légalement exigé pour exercer : on est recruté sur ses capacités physiques, son expérience et son réseau. Dans les faits, la voie la plus solide passe par une école spécialisée. Action Training Productions (Saint-Germain-en-Laye) délivre la seule certification professionnelle « Cascadeur » enregistrée au RNCP (niveau 4, équivalent bac) : environ 1 000 h réparties sur une douzaine de sessions de deux semaines, accessible dès 16 ans sur dossier et entretien, avec certificat médical d'aptitude au sport intensif. Le Campus Univers Cascades (Le Cateau-Cambrésis, Hauts-de-France) propose un cursus professionnel d'une dizaine de stages de douze jours sur deux ans, dans l'un des plus grands centres d'entraînement d'Europe (fosse de réception, parkour park, dojos, chutes de hauteur, terrain de cascade mécanique, écuries). Les Cascadeurs Associés assurent également conseils et formations. En amont, le meilleur « bagage » reste un très haut niveau sportif (gymnastique, arts martiaux, équitation, sports extrêmes) construit dès l'adolescence en club. Certains complètent avec une licence Arts du spectacle, une licence STAPS, des cours de théâtre, un brevet de plongée, la pyrotechnie ou le pilotage.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le cascadeur ou la cascadeuse double physiquement un acteur ou une actrice sur les scènes qui présentent un danger ou qui demandent une technique très particulière : sauter d'un toit, être projeté par une explosion, encaisser un coup de poing, conduire une voiture en dérapage, tomber d'un cheval au galop. Avant de tourner, il ou elle repère les lieux avec le coordinateur de cascades et le réalisateur, décompose l'action mouvement par mouvement, installe et vérifie le matériel de sécurité (câbles, airbags, tapis de réception, combinaison ignifugée), puis répète la séquence de nombreuses fois — souvent pour quelques secondes à l'écran, tournées en une ou deux prises.
Entre deux tournages, l'entraînement occupe une place énorme : musculation, acrobatie, arts martiaux, escrime, équitation, pilotage. La fiche ONISEP rappelle qu'un cascadeur maîtrise au minimum quatre disciplines de base — équitation, escrime, sports de combat et acrobatie — auxquelles s'ajoutent des cours d'art dramatique, car il faut aussi savoir jouer : la silhouette doit ressembler à celle de l'acteur doublé et se fondre dans la scène sans se faire remarquer.
Le métier s'exerce sur les plateaux de cinéma et de télévision, mais aussi en extérieur (rues, routes, falaises, plans d'eau), dans les parcs à thème, les spectacles vivants et cascades équestres, les publicités, les clips et les captations pour jeux vidéo. Les horaires suivent le plan de tournage : journées très longues, travail de nuit, week-ends, mauvaise météo, déplacements fréquents en France et à l'étranger. La condition physique doit rester au top, et le risque de blessure existe malgré des protocoles de sécurité stricts. La grande majorité des cascadeurs sont intermittents du spectacle ou travaillent en indépendant : les périodes d'activité intense alternent avec des périodes creuses, et il faut savoir se vendre, entretenir son réseau et sa bande démo.
Après plusieurs années au sein d'une équipe, on peut devenir coordinateur ou coordinatrice de cascades (aussi appelé régleur de cascades) : c'est la personne qui conçoit les séquences d'action, encadre les cascadeurs et endosse la responsabilité de la sécurité — un poste mieux rémunéré et moins exposé physiquement. D'autres se spécialisent (cascade automobile, pyrotechnie, chorégraphie de combat, cascade équestre, effets de vol au câble) et montent leur propre équipe ou société de prestation. Comme la carrière « en action » s'arrête rarement au-delà de 45 ans, beaucoup se reconvertissent dans la formation, la préparation physique, la coordination, la régie de spectacle, la sécurité ou l'encadrement d'activités sportives et de loisirs.
Le métier fait rêver, mais les places sont très peu nombreuses : la profession compte quelques centaines de professionnels actifs en France et le recrutement se fait avant tout par le réseau et la réputation, à partir d'une équipe et d'un coordinateur qui vous font confiance. Les contrats sont courts, il faut accepter l'alternance entre périodes d'activité intense et périodes sans tournage. Les secteurs qui embauchent se sont toutefois élargis : cinéma et télévision, mais aussi séries, publicité, spectacles vivants et cascades équestres, parcs d'attractions, événementiel, motion capture pour le jeu vidéo, reconstitutions d'accidents. La carrière « en action » est courte (rarement au-delà de 45 ans), ce qui rend la préparation d'une seconde activité — coordination, formation, préparation physique — presque incontournable.