Capitaine de pêche

À partir du Bac +2 Emploi : Favorable
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Capitaine de pêche
Stéfano Girardelli / Unsplash
Salaire net ~2 340 – 6 240 €/mois
Télétravail Non
Horaires Variable

Aperçu rapide

Le capitaine de pêche, c'est le chef à bord : il décide où et comment pêcher, conduit le navire, dirige l'équipage et veille à la sécurité de tous, parfois à des centaines de milles des côtes. Il combine le pilotage, la lecture des fonds marins et de la météo, la gestion des captures et celle d'une véritable petite entreprise flottante. Un métier de terrain, physique et libre, qui recrute fort : la filière cherche des centaines de marins chaque année.

Combien ça paye ?

Début de carrière
2 340 €
net / mois
≈ 1,6 SMIC
3 000 € brut
Expérimenté
6 240 €
net / mois
≈ 4,4 SMIC
8 000 € brut

La rémunération à la pêche est presque toujours « à la part » : après déduction des frais du navire (carburant, glace, vivres, engins), le produit de la vente est partagé entre l'armement et l'équipage, avec un minimum garanti. Le revenu dépend donc directement des captures, du prix du poisson à la criée et du coût du gazole — il varie fortement d'une marée à l'autre et d'une saison à l'autre. En pêche artisanale, un patron gagne couramment entre 3 000 et 6 000 € bruts par mois ; en grande pêche ou sur des unités très performantes, un capitaine peut dépasser 8 000 à 10 000 €. Le patron propriétaire de son bateau perçoit en plus une part au titre du navire. À l'inverse, une année de mauvaises captures ou de gazole cher peut faire chuter fortement le revenu.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du Bac +2
Diplôme de référence : Bac pro Conduite et gestion des entreprises maritimes (CGEM) option pêche

La filière pêche se parcourt par étapes, en alternant formation et temps de navigation. On entre en général par le CAP maritime (matelot pont) après la 3e, ou directement par le bac pro Conduite et gestion des entreprises maritimes (CGEM) option pêche, préparé dans l'un des douze lycées professionnels maritimes (Étel, Le Guilvinec, Boulogne-sur-Mer, Sète, La Rochelle, Saint-Malo…). Le bac pro CGEM délivre le brevet de capitaine 200 pêche, qui permet déjà de commander de petites unités.

Ensuite, chaque brevet supérieur se gagne avec du service en mer : brevet de patron de pêche (niveau bac+2, commandement en petite pêche, pêche côtière et au large), puis brevet de capitaine de pêche (niveau bac+3), obtenu à l'issue d'une formation modulaire combinant modules « pêche » et modules « officier chef de quart passerelle ». Ce dernier brevet ouvre le commandement de tout navire de pêche, sans limite de jauge ni de zone. Le BTS maritime Pêche et gestion de l'environnement marin (PGEM) constitue la voie la plus complète pour viser rapidement l'encadrement, avec une classe de mise à niveau possible pour les bacheliers non maritimes.

À savoir : les brevets maritimes doivent être revalidés tous les 5 ans, et les périodes de navigation exigées doivent avoir été accomplies récemment. Les formations sont aussi accessibles en reconversion aux adultes déjà marins, via l'École nationale supérieure maritime (ENSM) et les centres de formation agréés.

Diplômes les plus adaptés

Bac
Bac pro Conduite et gestion des entreprises maritimes (CGEM) option pêche
Bac+2
BTS maritime Pêche et gestion de l'environnement marin (PGEM)
Autre
Brevet de patron de pêche
Autre
Brevet de capitaine de pêche

Diplômes envisageables

CAP
CAP maritime (matelot / conduite et exploitation)
Autre
Classe de mise à niveau pour entrer en BTS maritime PGEM

Certifications et permis

Requis
Certificat de formation de base à la sécurité (CFBS) Socle obligatoire pour tout marin embarqué : survie, lutte contre l'incendie, secourisme, sécurité individuelle.
Requis
Certificat d'aptitude médicale à la navigation maritime Visite médicale des gens de mer, obligatoire et renouvelée périodiquement pour pouvoir embarquer.
Requis
Certificat général d'opérateur SMDSM (CGO) ou certificat restreint (CRO) Autorise l'exploitation des radiocommunications de détresse et de sécurité en mer.
Requis
Enseignement médical de niveau II ou III (EM II / EM III) Le capitaine assure les soins à bord et la téléconsultation médicale, sans médecin embarqué.
Requis
Certificat d'aptitude à l'exploitation des embarcations et radeaux de survie (CAEERS) Exigé pour encadrer l'évacuation du navire et la mise en œuvre des moyens de survie.
Requis
Revalidation quinquennale des brevets maritimes Les brevets de patron et de capitaine de pêche doivent être revalidés tous les 5 ans (navigation récente ou stages).
Atout
Anglais maritime (SMCP) Très utile pour les campagnes lointaines, les échanges avec les autorités portuaires et les équipages internationaux.
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Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Un plus Anglais maritime
Indispensable Conduite et manœuvre d'un navire de pêche
Indispensable Navigation maritime (cartes, GPS, radar, sondeur)
Indispensable Techniques de pêche (chalut, filets, casiers, palangre)
Indispensable Réglementation des pêches et gestion des quotas
Indispensable Sécurité maritime et conduite des situations d'urgence
Important Lecture et interprétation de la météo marine
Important Traitement et conservation des produits de la mer à bord
Important Gestion d'entreprise et commercialisation de la pêche
Un plus Maintenance de premier niveau des équipements de bord

Les qualités qui comptent

Important Sens des responsabilités
Indispensable Sang-froid et prise de décision rapide
Indispensable Leadership et autorité naturelle
Indispensable Endurance physique et résistance au mal de mer
Important Capacité à vivre en équipage en espace confiné
Un plus Observation et intuition des fonds marins

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

À bord, le capitaine de pêche est le patron : c'est lui qui décide de l'heure d'appareillage, choisit la zone de pêche en croisant la météo, les cartes marines, les données du sondeur et son expérience des fonds. Il conduit le navire depuis la passerelle, ordonne les manœuvres (mise à l'eau et remontée des chaluts, filets, casiers ou palangres) et coordonne le travail de l'équipage sur le pont.

Une fois le poisson à bord, il supervise le tri, l'éviscération, la mise en caisse, le glaçage ou la congélation : la qualité du produit décide du prix à la criée. Il tient aussi le journal de bord, déclare ses captures aux autorités, surveille les quotas et les tailles réglementaires, et gère les stocks de carburant, de glace et de vivres. Au retour, il vend ou fait vendre la pêche, suit la comptabilité du navire, planifie l'entretien et, très souvent, recrute lui-même ses marins.

Les conditions de travail

Le métier s'exerce en mer, dans un environnement exigeant : roulis, humidité, bruit, embruns, gestes répétitifs et efforts physiques réels. Les horaires suivent les marées et les captures, pas l'horloge : départs avant l'aube en pêche côtière, quarts de jour comme de nuit en pêche hauturière. Selon le type de navire, on parle de sorties à la journée (petite pêche), de marées de quelques jours (pêche côtière), de deux à trois semaines (pêche au large) ou de campagnes de plusieurs mois au Groenland, au Canada ou en Afrique (grande pêche).

La sécurité est une responsabilité permanente : la pêche reste l'un des métiers les plus accidentogènes, et c'est le capitaine qui répond de son équipage, de son navire et du respect de la réglementation maritime et environnementale. En contrepartie : une autonomie de décision très forte, un revenu directement lié aux résultats et un métier qu'on ne fait jamais deux fois pareil.

Télétravail Non
Horaires Variable
Effort physique Élevé
Environnement mer, extérieur
Comment ça évolue ?

Le parcours classique commence matelot, puis on gravit les brevets un par un au fil du temps de navigation : capitaine 200 pêche sur les petites unités, patron de pêche, puis capitaine de pêche pour commander les grands navires en pêche lointaine. Beaucoup deviennent ensuite armateurs : ils achètent leur propre bateau et exploitent une entreprise de pêche artisanale.

À terre, les débouchés existent aussi : responsable d'exploitation dans un armement, gestionnaire en coopérative maritime ou en organisation de producteurs, technicien ou observateur des pêches (Ifremer, contrôle des pêches), formateur en lycée professionnel maritime, expert maritime ou technico-commercial en matériel de pêche et d'électronique de bord.

Perspectives d'emploi

Favorable

La pêche française manque structurellement de bras : entre 400 et 700 marins font défaut chaque année pour armer l'ensemble de la flottille, et la filière estime devoir recruter environ 2 000 marins d'ici 2030. Les nouveaux entrants sont en net recul (585 en 2023 contre près d'un millier par an entre 2012 et 2019) alors que l'âge moyen des pêcheurs tourne autour de 42 ans : le renouvellement des générations est LE sujet du secteur. Résultat, un jeune formé trouve du travail rapidement et progresse vite vers le commandement — les brevets s'enchaînent avec le temps de navigation. Environ la moitié des emplois se concentrent sur la façade Atlantique (Bretagne, Pays de la Loire, Nouvelle-Aquitaine), le reste se répartissant entre la Manche-mer du Nord, la Méditerranée et l'outre-mer. Les points de vigilance : quotas européens, coût du carburant, conséquences du Brexit sur l'accès à certaines zones et pression environnementale, qui peuvent réduire le nombre de navires même si les postes à bord restent difficiles à pourvoir.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

Commandant de pêcheCommandante de pêchePatron de pêchePatronne de pêchePatron à la pêchePatron pêcheurPatronne pêcheuseLieutenant de pêcheLieutenante de pêcheSecond de pêcheSeconde de pêcheEncadrant de pêcheEncadrante de pêcheCapitaine 200 pêcheChef de bord pêche

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéChef d'entrepriseArtisan