Un brancardier débutant est rémunéré autour du SMIC, soit environ 1 800 € brut par mois (environ 1 400 à 1 500 € net). Dans la fonction publique hospitalière, il relève de la grille des agents des services hospitaliers qualifiés (catégorie C) : la rémunération progresse à l'ancienneté tous les 2 à 3 ans et atteint environ 2 000 à 2 100 € brut en fin de carrière. Les primes pèsent lourd dans la fiche de paie : majorations de nuit, de dimanche et de jours fériés, prime de service, indemnités liées au Ségur de la santé, ce qui peut représenter 100 à 400 € de plus par mois selon les plannings. Dans le privé (cliniques, groupes de santé), les salaires sont proches, encadrés par la convention collective de l'hospitalisation privée.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est obligatoire pour devenir brancardier : le recrutement se fait souvent sur profil, à partir de 18 ans, avec une formation au poste assurée en interne par l'établissement. Deux conditions sont en revanche incontournables : l'AFGSU 2 (attestation de formation aux gestes et soins d'urgence de niveau 2, 21 h de formation avec l'AFGSU 1) et une reconnaissance médicale d'aptitude physique au port de charges. Un diplôme du secteur sanitaire et social constitue un vrai plus à l'embauche : bac pro ASSP (accompagnement, soins et services à la personne), bac pro SAPAT, ou diplôme d'État d'aide-soignant. Dans la fonction publique hospitalière, le recrutement se fait sans concours sur le grade d'agent des services hospitaliers qualifié (catégorie C), souvent après une période en CDD ou en contrat aidé. Certaines régions proposent des formations préparatoires « brancardier » financées par France Travail ou par les hôpitaux eux-mêmes (Croix-Rouge Compétence, IFPS, organismes agréés AFGSU).
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Au quotidien, le brancardier reçoit des demandes de transport des différents services de l'établissement : chirurgie, radiologie, urgences, laboratoire, dialyse… Pour chaque patient, il vérifie son identité, consulte son dossier, puis choisit le matériel adapté à son état de santé et à sa mobilité : fauteuil roulant, chariot-brancard, lit médicalisé. Il installe la personne avec précaution, veille à son confort (couverture, position, perfusion, oxygène), l'accompagne jusqu'au service demandeur et transmet les informations utiles aux soignants.
Entre deux transports, il désinfecte et entretient le matériel selon des protocoles d'hygiène stricts, signale les équipements défectueux, et assure parfois l'acheminement de prélèvements, de dossiers médicaux ou de matériel entre les services. Il renseigne également des données de traçabilité (heure de départ, d'arrivée, incidents) dans le logiciel de l'établissement. Titulaire de l'AFGSU 2, il sait aussi donner l'alerte et poser les premiers gestes de secours si l'état d'un patient se dégrade pendant le trajet.
Le métier s'exerce presque exclusivement à l'intérieur d'un établissement de soins : hôpital public, CHU, clinique privée, centre de rééducation, EHPAD. Attention à ne pas le confondre avec l'ambulancier, qui lui transporte les patients à l'extérieur, entre le domicile et l'hôpital.
Les journées se passent debout, à marcher des kilomètres dans les couloirs et à pousser des lits parfois lourds : la condition physique et la maîtrise des gestes et postures sont indispensables (une reconnaissance d'aptitude au port de charges est exigée). L'hôpital fonctionnant 24 h/24, les plannings tournent : matin, soir, nuit, week-ends et jours fériés, avec des primes correspondantes. Le rythme est soutenu et parfois imprévisible, surtout aux urgences ou au bloc. Émotionnellement, le métier expose à la souffrance, à la peur des patients et parfois au décès : il faut savoir garder son calme et rester bienveillant.
Le brancardage est une excellente porte d'entrée dans le monde hospitalier, y compris sans diplôme. Après quelques années, on peut se spécialiser (brancardier de bloc opératoire, référent brancardage, coordination des transports internes) ou devenir responsable d'une équipe de brancardiers.
La voie la plus fréquente reste la formation continue : le diplôme d'État d'aide-soignant (accessible en cursus partiel ou par la VAE après expérience), le diplôme d'État d'ambulancier, ou encore les métiers d'agent de stérilisation et d'agent de chambre mortuaire. Devenu aide-soignant, on peut ensuite poursuivre vers le diplôme d'État d'infirmier grâce à la promotion professionnelle financée par l'hôpital.
Le brancardage recrute en continu : hôpitaux publics et CHU (premiers employeurs), cliniques privées, centres de rééducation, EHPAD et sociétés prestataires de brancardage. Les offres sont nombreuses partout en France, avec une part importante de CDI, mais aussi beaucoup de CDD, de vacations et d'intérim pour les remplacements (été, congés, pics d'activité). C'est l'un des rares métiers de l'hôpital accessible sans diplôme, ce qui en fait une porte d'entrée très empruntée par les jeunes qui veulent travailler dans le soin. Les besoins sont soutenus par le vieillissement de la population et l'augmentation des examens d'imagerie et des interventions programmées.