Un bobinier débutant démarre généralement autour du SMIC ou légèrement au-dessus, soit environ 1 800 à 2 100 € brut par mois. Après quelques années et une vraie autonomie sur les machines, la rémunération monte à 2 200-2 600 € brut. Les bobiniers confirmés, notamment ceux qui maîtrisent les machines tournantes haute tension ou les gros alternateurs, peuvent dépasser 3 000 € brut mensuels — la rareté du savoir-faire se paie. S'ajoutent souvent des primes : astreinte, déplacement, heures supplémentaires, panier. Les grilles varient selon la convention collective de la métallurgie et la taille de l'entreprise.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible dès le CAP, et parfois même sans diplôme avec une formation interne — mais la voie la plus solide passe par un diplôme en électricité ou électrotechnique.
Parcours type après la 3e : CAP Électricien (2 ans) ou Bac pro MELEC (Métiers de l'électricité et de ses environnements connectés, 3 ans). Le bac pro MSPC (Maintenance des systèmes de production connectés) est aussi une bonne porte d'entrée côté maintenance industrielle.
La spécialisation bobinage ne s'acquiert quasiment jamais en formation initiale : il n'existe pas de CAP « bobinier ». Elle se fait par le CQP Électrobobinier (certification de la branche métallurgie, UIMM), préparé en alternance, en formation continue ou par VAE. Quelques centres seulement le proposent en France : GRETA CFA Lyon Métropole (lycée Edmond Labbé, Oullins), ICAM Nantes, GRETA Sud-Alsace (Mulhouse), Nidec Leroy-Somer (Angoulême).
Pour aller plus loin : BTS Électrotechnique ou BTS MS (Maintenance des systèmes) en alternance, pour évoluer vers l'encadrement, le bureau d'études ou le SAV.
Beaucoup de bobiniers se forment aussi en interne, en binôme avec un ancien : c'est un savoir-faire qui se transmet largement par compagnonnage, et il faut plusieurs années pour être vraiment autonome.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le bobinier travaille sur tout ce qui contient des bobines de fil conducteur : moteurs électriques, alternateurs, transformateurs, générateurs, électro-aimants. En fabrication, il lit un schéma ou une fiche technique, choisit la section du fil de cuivre et l'outillage adapté, puis réalise l'enroulement à la main sur un gabarit ou sur un tour à bobiner, en surveillant la tension du fil et le nombre exact de spires. Il isole ensuite le bobinage, l'imprègne de vernis et le passe à l'étuve (60 à 150 °C) pour le protéger de l'humidité et des vibrations.
En réparation — la partie la plus fréquente du métier — le scénario est différent : une machine arrive en panne à l'atelier. Le bobinier la démonte, diagnostique l'origine du défaut, brûle l'ancien bobinage dans un four pour éliminer l'isolant, extrait le cuivre, relève soigneusement les caractéristiques de l'ancien enroulement, puis reconstruit le bobinage à l'identique. Vient enfin le contrôle : mesure d'isolement, continuité électrique, inductance, équilibrage, essai à vide. La machine ne repart que si les valeurs sont conformes.
Le travail se fait principalement en atelier, debout ou assis selon les phases, avec des déplacements possibles chez les clients pour des interventions sur site (usines, centrales, navires, éoliennes). L'ambiance peut être chaude près des étuves, un peu bruyante et odorante à cause des vernis et solvants : le port d'EPI (gants, lunettes, chaussures de sécurité) est systématique, et une habilitation électrique est demandée dès qu'on intervient sur des équipements sous tension.
Les horaires sont souvent standards en atelier de fabrication, mais deviennent variables en maintenance : certaines entreprises tournent en continu, et une panne bloquante peut imposer une intervention en soirée, le week-end ou en astreinte. Le métier demande de la précision (une spire mal comptée, et le moteur ne fonctionne pas), de la patience et une bonne dextérité manuelle. Il implique aussi de la manutention : les stators et carcasses de moteurs sont lourds, on travaille avec palans et ponts roulants.
On entre souvent dans le métier avec un CAP ou un bac pro en électricité, puis on se spécialise sur le tas ou via un CQP Électrobobinier. Après quelques années, un bobinier peut se spécialiser sur les machines tournantes haute tension, les gros alternateurs ou les transformateurs de puissance — des créneaux très bien payés parce que peu de professionnels les maîtrisent.
Les évolutions classiques : chef d'équipe puis chef d'atelier de bobinage, responsable de maintenance, technicien itinérant SAV, ou encore technico-commercial chez un constructeur ou un réparateur de moteurs. Certains passent un BTS Électrotechnique en alternance pour évoluer vers le bureau d'études ou la conception. D'autres se mettent à leur compte : les ateliers de rebobinage indépendants ne manquent pas de clients. La transition énergétique (moteurs de véhicules électriques, éoliennes, électrification des procédés industriels) ouvre en plus de nouveaux débouchés à ceux qui savent déjà bobiner.
C'est un métier peu connu, peu enseigné en formation initiale… et donc en tension. Les ateliers de bobinage et de réparation de machines électriques peinent à recruter : beaucoup de professionnels partent à la retraite et la relève est mince. Les métiers d'ouvriers qualifiés de l'électricité et de l'électronique figurent régulièrement sur les listes de métiers en tension. Résultat : les employeurs assouplissent leurs critères, acceptent les profils issus de l'électrotechnique ou de la maintenance et cofinancent la spécialisation bobinage en interne ou via le CQP. Les recruteurs sont les ateliers de réparation de moteurs (souvent des PME régionales), les constructeurs de machines électriques (Nidec Leroy-Somer, ABB, WEG…), les services maintenance des grandes industries (chimie, agroalimentaire, papeterie, sidérurgie), l'énergie (EDF, éolien, hydraulique) et le ferroviaire. L'électrification croissante — véhicules électriques, éoliennes, procédés industriels décarbonés — renforce la demande sur ces compétences. Les offres sont réparties dans toute la France, avec une concentration dans les régions industrielles (Auvergne-Rhône-Alpes, Grand Est, Hauts-de-France, Pays de la Loire).