En début de carrière, un assistant d'exploitation débute autour de 2 000 à 2 300 € brut par mois, un niveau tiré vers le haut par la convention collective nationale unifiée « Ports et manutention » (IDCC 3017), plus favorable que la moyenne de la logistique. Les offres relevées sur les terminaux à conteneurs français s'échelonnent globalement entre 24 000 € et 41 000 € brut annuels. Avec 5 à 10 ans d'expérience, un coordinateur ou ship planner confirmé atteint 2 800 à 3 800 € brut mensuels. S'ajoutent fréquemment des primes de poste, de nuit, de week-end, un 13e mois et des primes d'intéressement, qui peuvent représenter plusieurs milliers d'euros par an. Les salaires sont plus élevés au Havre et à Marseille-Fos que dans les ports secondaires. Au-delà, les postes de responsable d'exploitation dépassent largement ces fourchettes.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie la plus directe est un bac+2 en transport et logistique, en particulier le BTS Gestion des transports et logistique associée (GTLA), très souvent préparé en alternance dans les villes portuaires. Le titre Agent d'exploitation des services maritimes et portuaires (AESMP, niveau bac, AFTRAL/ISTELI au Havre et à Marseille) est la formation la plus ciblée sur ce métier précis et constitue une excellente porte d'entrée en alternance. En amont, le bac pro Organisation de transport de marchandises (OTM) prépare bien la poursuite d'études.
Pour aller plus loin ou viser plus vite l'encadrement : BUT Management de la logistique et des transports (bac+3), licences professionnelles orientées transport maritime international (Aix-Marseille Université avec l'Institut de formation du port de Marseille Fos, Le Havre), puis masters spécialisés (Le Havre, IPER, Aix-Marseille, Nantes). Un diplôme de l'École nationale supérieure maritime (ENSM) ou une expérience de navigation sont valorisés, voire demandés, pour certains postes d'encadrement.
Dans tous les cas, l'anglais opérationnel est indispensable et l'alternance est la voie royale : la quasi-totalité des recrutements juniors passe par un stage ou un contrat d'apprentissage dans un terminal ou chez un agent maritime.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'assistant d'exploitation de terminal portuaire prépare et suit les escales des navires. Concrètement, il reçoit à l'avance la liste des marchandises à charger et à décharger, puis construit un plan d'opérations : dans quel ordre traiter les conteneurs, combien de portiques et d'équipes de dockers mobiliser, où stocker chaque boîte sur le parc en attendant son camion, son train ou sa barge. Il saisit et contrôle ces informations dans un logiciel d'exploitation de terminal (TOS, type Navis N4), édite les documents nécessaires et vérifie que les marchandises dangereuses, les conteneurs frigorifiques ou les colis hors gabarit sont traités selon les règles.
Le reste de la journée se joue en temps réel : il suit l'avancement des opérations depuis la vigie ou le bureau d'exploitation, descend sur le quai pour constater un problème, et passe beaucoup de temps au téléphone et sur messagerie. Il est le point de contact entre l'agent maritime, le commandant du navire, les chefs d'équipe de manutention, les transporteurs routiers, les transitaires, la douane et la capitainerie — souvent en anglais. Quand un navire arrive avec quatre heures de retard, qu'une grue tombe en panne ou qu'un conteneur est bloqué au contrôle douanier, c'est lui qui réorganise le planning pour limiter la casse. Selon la taille de l'entreprise, il participe aussi au suivi administratif : pointage des opérations, éléments de facturation, statistiques de productivité du terminal.
Le métier s'exerce dans les entreprises de manutention portuaire et les opérateurs de terminaux (CMA CGM/Terminal Link, MSC/TIL, Sea-Invest, Balguerie…), chez les agents maritimes et consignataires, ou au sein des grands ports maritimes. En France, l'emploi est très concentré géographiquement : Le Havre, Marseille-Fos, Dunkerque, Nantes Saint-Nazaire (Montoir), Rouen, La Rochelle, Bordeaux, Sète, ainsi que les ports d'outre-mer. Un terminal ne s'arrête jamais : le travail se fait souvent en horaires postés (2x8, 3x8), avec des week-ends et des astreintes possibles.
C'est un poste mixte bureau/terrain. On y passe beaucoup de temps devant plusieurs écrans, mais aussi dehors, sur le parc et le long du quai, par tous les temps, avec casque, chaussures de sécurité et gilet haute visibilité. L'effort physique reste modéré, mais l'environnement est bruyant, exposé et exige une vigilance permanente en matière de sécurité. Le télétravail est très rare : la présence sur site fait partie du métier. Le stress est réel — chaque heure d'immobilisation d'un navire coûte cher — mais l'ambiance d'équipe et le sentiment d'appartenance à la communauté portuaire sont souvent cités comme très motivants.
Avec l'expérience, on passe chef de quart ou superviseur d'exploitation, puis responsable d'exploitation du terminal, avec la responsabilité d'un budget et de plusieurs dizaines de personnes. D'autres se spécialisent : ship planner (plan de chargement des navires), yard planner (organisation du parc), référent marchandises dangereuses, référent sûreté portuaire, ou responsable qualité/HSE.
Les passerelles sont nombreuses vers les métiers voisins de la chaîne logistique : agent maritime ou consignataire, agent de transit, affréteur, courtier maritime, responsable supply chain chez un chargeur industriel. Une reprise d'études (licence pro, master en transport maritime et logistique portuaire) ouvre les postes d'encadrement et les carrières à l'international, dans un secteur où les grands groupes proposent facilement des mobilités vers l'étranger.
Le transport maritime achemine environ 90 % du commerce mondial et les grands ports français recrutent régulièrement des profils bac+2/+3 en exploitation. Le secteur logistique et portuaire souffre d'une pénurie chronique de profils qualifiés et les entreprises de manutention peinent à renouveler des équipes vieillissantes : l'insertion après une alternance est généralement rapide. Attention toutefois : l'emploi est très concentré géographiquement (Le Havre, Marseille-Fos, Dunkerque, Montoir/Saint-Nazaire, Rouen, La Rochelle, Bordeaux, Sète, outre-mer) — il faut accepter la mobilité. La digitalisation et l'automatisation des terminaux (portiques semi-automatiques, IA de planification, jumeaux numériques) ne suppriment pas le métier mais en déplacent le contenu vers l'analyse de données et le pilotage de systèmes : les profils à l'aise avec les outils informatiques sont les plus recherchés.