Un accastilleur débutant est généralement rémunéré autour du SMIC à 1 900 € brut par mois, parfois jusqu'à 2 000-2 200 € dans les chantiers en tension (Vendée, Bretagne, PACA). Avec 5 à 10 ans d'expérience, la fourchette se situe entre 2 100 et 2 600 € brut, et un chef d'équipe ou un spécialiste très pointu (collage de pont, gréement de course, électronique de marine) peut dépasser 2 800 €. S'y ajoutent fréquemment primes d'équipe, indemnités panier, heures supplémentaires payées et, sur les gros chantiers, participation ou intéressement. À son compte (atelier de maintenance, shipchandler), les revenus dépendent fortement du carnet de commandes et de la saison.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est strictement obligatoire, mais la voie la plus directe est le CAP maintenance nautique (2 ans après la 3e, ou 1 an après un autre CAP), très souvent préparé en apprentissage dans un lycée professionnel ou un CFA du littoral. Le bac pro maintenance nautique (3 ans après la 3e, ou 2 ans après un CAP) permet d'entrer avec un profil plus complet et d'évoluer plus vite vers des postes de technicien ou de chef d'équipe : il cite d'ailleurs explicitement « accastilleur-gréeur » parmi ses débouchés.
D'autres CAP du secteur mènent au métier : CAP charpentier de marine, CAP menuisier (agencement nautique), CAP réparation et entretien des embarcations de plaisance. Pour les adultes en reconversion, la filière propose des formations courtes de 6 à 12 mois : titres de la Fédération des Industries Nautiques (le TMRIN — technicien de maintenance et de réparation dans les industries nautiques — remplace depuis 2024 l'ancien CQP AMSIN), formations de l'Institut Nautique de Bretagne, de l'AFPA ou des CCI du littoral. Une poursuite d'études est possible via une mention complémentaire, un BP ou un BTS technique pour viser l'encadrement ou le bureau d'études.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'accastilleur, c'est le spécialiste de tout ce qui s'installe sur et autour d'un bateau : l'« accastillage » désigne l'ensemble des accessoires du pont (winchs, taquets, chaumards, poulies, rails d'écoute, hublots, balcons, filières, capots) et le « gréement » regroupe tout ce qui permet de manœuvrer un voilier (mât, bôme, haubans, drisses, cordages).
Au quotidien, il lit un plan d'implantation, repère et trace les emplacements, perce la coque ou le pont, pose les contreplaques de renfort, visse, boulonne et surtout garantit l'étanchéité de chaque perçage avec les bons joints et mastics — sur un bateau, une fuite ne pardonne pas. Il monte aussi les liaisons entre la coque, le pont et les superstructures, et pose de plus en plus d'équipements de confort ou d'électronique : groupe d'eau, panneaux solaires, guindeau électrique, antenne, sondeur. Une fois le montage terminé, il contrôle, règle et teste les installations, puis explique au client comment les utiliser et les entretenir. Dans les petites entreprises, la polyvalence est la règle : un peu de plomberie, un peu d'électricité, un peu de menuiserie et de composite.
Le travail se déroule principalement en chantier naval : en atelier ou en hall de finition pour les bateaux neufs, sur terre-plein, au port ou sur ponton pour la maintenance et le refit. C'est un métier debout, avec des postures parfois inconfortables (coffres, fonds de cale, espaces confinés), du bruit, de la poussière et les vibrations des outils portatifs — le port des équipements de protection est indispensable. On travaille seul sur un petit bateau, en équipe sur un grand yacht ou un catamaran, aux côtés des mécaniciens, électriciens, menuisiers et stratifieurs.
Les horaires sont généralement ceux d'un atelier industriel (journée, du lundi au vendredi), mais l'activité est saisonnière : forte pression au printemps avant les mises à l'eau et à l'approche des salons nautiques. Aucun télétravail possible. Les emplois se concentrent logiquement sur les façades maritimes : Bretagne, Pays de la Loire (Vendée), Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et PACA, ainsi que sur quelques bases fluviales.
Avec l'expérience, on se spécialise : gréeur de voiliers de course, monteur électronique de marine, spécialiste du collage de pont ou des grands yachts. On peut ensuite devenir chef d'équipe, chef d'atelier ou responsable de finition dans un chantier, ou passer côté service après-vente et essais en mer. Beaucoup basculent vers la maintenance nautique, la préparation de bateaux, ou le commerce : vendeur en magasin d'accastillage, technico-commercial pour un équipementier. Enfin, l'installation à son compte est une voie classique — atelier de maintenance ou shipchandler près d'un port de plaisance.
La filière nautique française est en tension structurelle : la Fédération des Industries Nautiques recense plus de 5 000 entreprises et environ 1 500 postes en CDI proposés chaque année, dont une bonne partie reste non pourvue faute de candidats formés. La FIN a lancé la campagne « L'Équipe Nautique Recrute » précisément pour faire connaître ces métiers. L'accastilleur figure parmi les profils recherchés par les constructeurs (voiliers, catamarans, bateaux à moteur) comme par les entreprises de maintenance et de refit. L'embauche se fait le plus souvent en CDI, parfois via l'intérim pour absorber les pics de production. Le revers de la médaille : les offres sont très concentrées géographiquement sur les littoraux atlantique et méditerranéen — il faut souvent accepter de bouger. L'activité reste par ailleurs sensible à la conjoncture du marché de la plaisance et au pouvoir d'achat des acheteurs de bateaux.