Un débutant est généralement embauché entre le SMIC et 1 900 € brut par mois, soit environ 1 600 € brut relevés sur certaines offres à temps partiel et jusqu'à 2 000 € brut sur des CDI en zone touristique parisienne. À cela s'ajoutent souvent des primes : variable sur les marges de change et les services vendus (transferts d'argent, cartes prépayées), 13e mois, participation, prime de transport ou de langue. Après quelques années, un vendeur confirmé se situe autour de 2 100 à 2 400 € brut ; un responsable de comptoir ou d'agence de change peut atteindre 2 600 à 3 000 € brut. Les postes en aéroport, avec horaires décalés, offrent des majorations.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas de diplôme spécifique au change manuel : la formation se fait principalement sur le terrain, en interne. Les recruteurs demandent en général un niveau bac à bac+2 dans le commerce, la vente ou la banque. La voie la plus directe est un Bac pro Métiers du commerce et de la vente, complété si possible par un BTS Banque (conseiller de clientèle) ou un BTS NDRC, tous deux accessibles en alternance. Un Bac techno STMG ou un bac général (spécialités maths / SES) permet aussi d'enchaîner sur un BTS ou une licence économie-gestion. Deux atouts pèsent souvent plus que le diplôme lui-même : un très bon niveau d'anglais (une seconde langue — espagnol, arabe, mandarin, russe — est un vrai plus dans les zones touristiques) et un casier judiciaire vierge, systématiquement vérifié avant l'embauche. Une fois recruté, l'employeur assure une formation obligatoire à la lutte anti-blanchiment et à la détection des faux billets.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Au quotidien, il accueille les clients au guichet et identifie leur besoin : un voyage, un retour de vacances, un transfert d'argent. Il annonce le taux de change appliqué et la commission, effectue le calcul de la contre-valeur, puis réalise la transaction en espèces. Il vérifie systématiquement l'authenticité des billets reçus (détecteur UV, contrôle des filigranes) : reconnaître un faux billet fait partie du métier. Il enregistre chaque opération dans le logiciel de change, demande une pièce d'identité au-delà de certains montants et signale les transactions suspectes dans le cadre de la lutte contre le blanchiment (LCB-FT / TRACFIN). En parallèle, il gère son fonds de caisse, surveille les stocks de chaque devise, passe commande auprès de la salle des marchés ou du siège quand une monnaie manque, et arrête la caisse en fin de journée. Beaucoup de comptoirs proposent aussi des services annexes : transfert d'argent international (Western Union, Ria), vente de cartes prépayées, rachat d'or et de métaux précieux.
Le métier s'exerce presque toujours en présentiel, derrière un guichet sécurisé : bureau de change de centre-ville, comptoir en gare ou en aéroport, agence bancaire, hôtel. Les horaires suivent les flux de voyageurs : ouverture large, travail le samedi, parfois le dimanche et les jours fériés dans les zones touristiques ou aéroportuaires. L'activité est très saisonnière — l'été et les vacances scolaires sont des pics. Manipuler des sommes importantes en espèces implique des procédures de sécurité strictes (sas, caméras, plafonds de caisse) et une vraie vigilance. La pression du chiffre existe aussi : dans les enseignes privées, une partie de la rémunération dépend des marges réalisées sur les changes et des services vendus.
Avec l'expérience, on peut devenir responsable de comptoir ou d'agence de change, puis responsable de plusieurs points de vente au sein d'un réseau (Travelex, Global Exchange, Merson, The Change Group...). Le métier constitue aussi un excellent tremplin vers la banque : chargé d'accueil puis conseiller de clientèle particuliers, avec une formation interne ou un BTS Banque en alternance. Certains se spécialisent dans la conformité (analyste LCB-FT), les transferts internationaux, ou le négoce d'or et de métaux précieux. Enfin, il est possible d'ouvrir son propre bureau de change — mais l'activité de « changeur manuel » est réglementée et nécessite un agrément de l'ACPR (Banque de France).
C'est un métier de niche, avec un nombre de postes limité en France. Le secteur du change manuel s'est nettement contracté depuis le passage à l'euro, puis avec la généralisation du paiement par carte à l'étranger, des cartes multidevises et des néobanques (Revolut, Wise, N26) qui proposent des taux compétitifs sans passer par un guichet. Les offres se concentrent donc sur quelques bassins : Paris (Opéra, Champs-Élysées, gares), les aéroports (Roissy, Orly, Nice), la Côte d'Azur, les zones frontalières (Suisse, Andorre, Luxembourg) et les grandes villes touristiques. Les principaux employeurs sont les réseaux spécialisés (Travelex, Global Exchange, The Change Group, Merson, Change Richelieu, Maison Palombo), quelques agences bancaires et des indépendants agréés. Le turnover reste correct et la saisonnalité crée des besoins en CDD l'été, ce qui offre des portes d'entrée aux jeunes. La bonne stratégie : voir ce poste comme une première expérience solide, valorisable ensuite vers la banque de détail ou la relation client.