En début de carrière, un technicien de police technique et scientifique perçoit environ 2 250 à 2 430 € net par mois primes comprises (autour de 2 261 € net en province et 2 427 € net en Île-de-France), soit approximativement 2 400 à 2 800 € brut. La rémunération combine un traitement indiciaire lié au grade et à l'échelon, l'indemnité de police technique et scientifique (IPTS), l'indemnité de sujétion spécifique (ISS PTS, environ 320 à 350 € bruts par mois), le supplément familial et les indemnités d'astreinte (environ 150 € net par semaine d'astreinte). En fin de carrière, un technicien en chef atteint environ 3 000 à 3 500 € net mensuels, soit de l'ordre de 3 800 à 4 300 € brut. Des majorations importantes s'appliquent en outre-mer (jusqu'à +40 %) et le logement/indemnité de résidence améliore les revenus en Île-de-France.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le diplôme minimum exigé pour se présenter au concours externe de technicien de police technique et scientifique (TPTS) est le baccalauréat (niveau 4). Dans les faits, un bac général avec des spécialités scientifiques (maths, physique-chimie, SVT, NSI) ou un bac technologique STL constitue la meilleure base. Beaucoup de candidats poursuivent ensuite avec un BTS ou un BUT scientifique (chimie, bioanalyses et contrôles, génie biologique), voire une licence ou un master en biologie, chimie analytique ou sciences criminalistiques — ces formations ne donnent aucun accès direct au métier mais augmentent nettement les chances de réussite au concours, très sélectif. Environ 20 % des candidats n'ont d'ailleurs pas de formation scientifique post-bac.
Conditions d'accès au concours : être de nationalité française, avoir plus de 18 ans, être en règle avec la JDC, jouir de ses droits civiques, avoir un casier judiciaire compatible et être titulaire du permis B. Une enquête administrative de moralité est menée. Après réussite, les lauréats suivent une formation rémunérée à l'École nationale de police scientifique (ENPS) d'Écully (69), alternant cours et stages en service.
Dans la gendarmerie, la voie est différente : on devient d'abord sous-officier de gendarmerie, puis on est sélectionné pour la formation de technicien en identification criminelle (environ 9 semaines, au CNFPJ de Rosny-sous-Bois et à l'IRCGN de Pontoise).
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le technicien en investigation criminelle intervient sur les lieux d'une infraction (cambriolage, incendie, agression, homicide) pour figer la scène et en extraire des indices. Concrètement, il photographie les lieux sous tous les angles, réalise des croquis et des mesures, révèle les empreintes digitales avec des poudres ou des réactifs, prélève des traces biologiques (sang, salive, cheveux) pour analyse ADN, collecte des fibres, des douilles, des résidus de tir ou des traces de chaussures. Chaque scellé doit être identifié, emballé et tracé avec une rigueur absolue : une erreur de manipulation peut rendre une preuve inutilisable devant un tribunal.
Une autre grande partie du métier se passe en laboratoire ou en service technique. Le technicien y réalise des analyses physico-chimiques et biologiques : identification de stupéfiants, comparaison d'empreintes, balistique, examen de documents falsifiés, toxicologie, exploitation d'images de vidéosurveillance ou de données issues de téléphones. Il alimente et interroge les grands fichiers nationaux d'identification (FAED pour les empreintes digitales, FNAEG pour l'ADN). Enfin, il rédige des rapports détaillés destinés aux enquêteurs et aux magistrats, et peut être appelé à venir expliquer ses constatations lors d'un procès.
En France, ce métier s'exerce très majoritairement sous statut public. Côté police nationale, le TPTS est un fonctionnaire de catégorie B recruté sur concours ; il travaille dans les services locaux et régionaux d'identité judiciaire ou dans l'un des laboratoires de police scientifique (Lille, Lyon, Marseille, Paris, Toulouse). Côté gendarmerie, ce sont des militaires formés comme techniciens en identification criminelle (TIC), affectés en cellule d'identification criminelle, avec l'IRCGN de Pontoise comme structure de référence.
Les horaires sont variables : les interventions ne se commandent pas et il faut assurer des permanences ou des astreintes, y compris la nuit, le week-end et les jours fériés. Le travail alterne bureau, laboratoire et terrain (appartements, extérieurs, véhicules), parfois dans des conditions difficiles ou éprouvantes sur le plan émotionnel. Le port d'équipements de protection est systématique, la mobilité géographique est demandée en début de carrière et le permis B est obligatoire. Le secret professionnel et la discrétion sont des règles absolues.
Après quelques années, le technicien peut se spécialiser dans un domaine pointu (balistique, biologie, incendies et explosifs, traces technologiques et numériques, documents) et devenir référent de sa spécialité. La progression de carrière passe par l'avancement de grade : technicien principal, puis technicien en chef, avec la possibilité d'encadrer une équipe ou de diriger un service local de police technique. Après quelques années d'ancienneté, les concours internes ouvrent l'accès au corps des ingénieurs de police technique et scientifique, voire à ceux d'officier ou de commissaire de police. Côté gendarmerie, un TIC expérimenté peut suivre la formation universitaire de coordinateur des opérations de criminalistique (COCRIM). Certains rejoignent aussi l'enseignement et la formation, l'expertise judiciaire ou le secteur privé de l'investigation et de la sécurité.
Le métier ne souffre pas d'un manque de débouchés mais d'un goulot d'étranglement à l'entrée : le recrutement se fait exclusivement par concours, avec un nombre de postes limité et de très nombreux candidats. Pour la session 2026, 88 postes au total étaient ouverts (51 en concours externe, 37 en interne), pour plusieurs milliers d'inscrits — le taux de réussite est donc faible. Le concours est déconcentré (organisé par les SGAMI en régions) et candidater sur plusieurs zones augmente les chances. Une fois le concours obtenu, l'emploi est garanti et stable (statut de fonctionnaire d'État), avec une carrière longue et des spécialisations nombreuses. Les besoins progressent surtout sur les traces technologiques et numériques (téléphonie, vidéo, informatique). Côté gendarmerie, l'accès passe d'abord par le recrutement de sous-officier, puis par une sélection interne pour la formation TIC.