Un TISF débutant démarre autour de 2 000 à 2 160 € brut par mois à temps plein, selon la convention collective de la branche de l'aide à domicile (BAD, IDCC 2941), qui valorise le diplôme dès l'embauche. Avec l'ancienneté et les majorations conventionnelles, la rémunération monte progressivement vers 2 400 à 2 600 € brut. S'y ajoutent l'indemnisation des kilomètres et du temps de trajet entre deux domiciles, des majorations pour les dimanches et jours fériés, et la prime Ségur pour de nombreux employeurs du secteur. Attention : beaucoup de postes sont proposés à temps partiel, ce qui réduit d'autant le salaire réel — un point à vérifier avant de signer.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le Diplôme d'État de technicien de l'intervention sociale et familiale (DE TISF), de niveau 4 (bac), est obligatoire pour exercer. Il se prépare en 2 ans dans un institut régional du travail social (IRTS) ou un centre agréé, en formation initiale, en alternance ou en apprentissage : environ 950 heures de théorie et 1 050 heures de stages (32 semaines minimum). Point important pour les jeunes : aucun diplôme n'est exigé pour entrer en formation. L'admission se fait sur dossier et entretien de motivation d'une trentaine de minutes. Les titulaires d'un bac ST2S, d'un bac pro SAPAT ou ASSP, d'un DE Accompagnant éducatif et social (DEAES) ou d'un CAP AEPE arrivent souvent avec un vrai avantage. Le diplôme est aussi accessible par la VAE (RNCP 39680) après une expérience suffisante auprès des familles.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le TISF travaille au domicile des familles, rarement plus de quelques heures d'affilée chez chacune. Une matinée peut commencer à 7h30 chez une mère de jumeaux épuisée : préparer les biberons, habiller les enfants, montrer des gestes plutôt que les faire à sa place. L'après-midi, ce sera l'aide aux devoirs chez une famille suivie par la protection de l'enfance, puis l'accompagnement d'un parent à un rendez-vous scolaire ou à la CAF. Entre deux interventions, il faut rédiger : chaque visite donne lieu à des écrits professionnels transmis à l'équipe et parfois au juge des enfants.
Concrètement, les missions mêlent le très matériel et le très éducatif : courses, cuisine, entretien du logement, gestion du budget familial, mais aussi soutien à la fonction parentale, repérage des situations de danger, médiation lors de visites en « lieu neutre » entre un enfant placé et ses parents. Le TISF participe à l'évaluation des besoins de la famille, contribue au projet personnalisé d'accompagnement et travaille avec les autres professionnels du secteur : assistants de service social, éducateurs, puéricultrices, services de l'Aide sociale à l'enfance.
C'est un métier nomade. On enchaîne les domiciles avec sa propre voiture : le permis B est en pratique indispensable, et les kilomètres font partie de la journée. Les horaires sont majoritairement diurnes (autour de 8h-18h) mais franchement variables, avec des débuts très tôt, des fins vers 19h, parfois des samedis, selon le rythme des familles. L'effort physique existe — porter des enfants, des poussettes, des courses, s'accroupir, faire le ménage — sans être celui d'un métier du bâtiment.
La vraie exigence est ailleurs : on entre dans l'intimité des gens, parfois dans des logements insalubres, souvent dans des situations douloureuses. Il faut savoir écouter sans juger, tenir une distance professionnelle et respecter un secret professionnel strict. Beaucoup de TISF travaillent seuls sur le terrain, ce qui demande de l'autonomie, mais s'appuient sur des réunions d'équipe et des temps d'analyse de la pratique.
Le DE TISF ouvre des passerelles vers d'autres diplômes du travail social, avec des dispenses de certains blocs de compétences : moniteur-éducateur, éducateur de jeunes enfants, ou conseiller en économie sociale et familiale (CESF, bac+3) via un BTS ESF. Après plusieurs années, on peut devenir référent d'une équipe d'intervenants à domicile, responsable de secteur dans une association d'aide à domicile, ou encadrant grâce au CAFERUIS. Certains se spécialisent : protection de l'enfance, périnatalité, handicap, accompagnement des personnes âgées. La VAE permet aussi d'accéder au diplôme après plusieurs années d'expérience auprès des familles.
C'est l'un des métiers les plus en tension du travail social en France. Les employeurs peinent à recruter partout : environ 85 % des services de la branche de l'aide à domicile déclarent des difficultés, et l'indicateur de tension au recrutement des TISF figure parmi les plus élevés toutes professions confondues. Les diplômés trouvent donc un emploi rapidement, souvent avant même la fin de leur formation. Les employeurs sont surtout des associations d'aide à domicile (ADMR, UNA, réseaux familiaux), des CAF et caisses de MSA, des services de l'Aide sociale à l'enfance, des CCAS et conseils départementaux, ainsi que des établissements sociaux et médico-sociaux. Le revers de la médaille : un manque de reconnaissance salariale et symbolique qui explique un turnover important dans le secteur.