Pendant l'internat, l'interne est rémunéré (environ 1 500 à 2 800 € brut/mois selon l'ancienneté), puis le docteur junior davantage. En début d'exercice comme spécialiste, on démarre autour de 4 500 € brut/mois. À l'hôpital public, un praticien hospitalier en fin de carrière atteint environ 9 000 à 10 000 € brut/mois (grille statutaire), auxquels s'ajoutent gardes et astreintes. En libéral, les revenus sont beaucoup plus dispersés : 8 000 à 15 000 € brut/mois sont courants, avec des pointes bien au-delà pour les praticiens à forte activité d'implantologie ou en secteur 2 — mais il faut retirer environ 60 % de charges (local, matériel, assistante, cotisations, assurances). Beaucoup exercent en activité mixte (hôpital + cabinet).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Comptez 10 à 12 ans d'études après le bac. Deux voies mènent à ce métier.
Voie médecine (chirurgien maxillo-facial et stomatologue) : PASS ou L.AS après le bac (bac général avec spécialités scientifiques fortement conseillé), puis les 6 années du 1er et 2e cycle des études médicales, l'examen national (EDN/ECOS) en fin de 6e année, et enfin l'internat : le DES de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie dure 6 ans (12 semestres, arrêté du 21 avril 2017), dont des semestres en chirurgie orale, en chirurgie maxillo-faciale et en spécialisation libre. Le tout est validé par le diplôme d'État de docteur en médecine (thèse) — soit environ 12 ans après le bac.
Voie odontologie (chirurgie orale) : PASS ou L.AS, puis les études d'odontologie jusqu'au diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire (6 ans), suivies de l'internat en odontologie donnant accès au DES de chirurgie orale (4 ans) — soit environ 10 ans après le bac. Ce DES est le seul commun aux deux filières : il est ouvert aux médecins comme aux chirurgiens-dentistes.
Des DU et DIU complètent souvent la formation (implantologie, chirurgie pré-implantaire, pathologie de la muqueuse buccale, chirurgie orthognathique, cancérologie cervico-faciale). L'inscription à l'Ordre (des médecins ou des chirurgiens-dentistes) est obligatoire pour exercer.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le stomatologue partage sa journée entre les consultations et le bloc opératoire. En consultation, il reçoit des patients envoyés par leur dentiste ou leur médecin traitant : douleurs persistantes, dents incluses, lésions de la muqueuse, kystes, problèmes d'articulation de la mâchoire. Il examine, prescrit et interprète des radios (panoramique dentaire, cone beam, scanner), pose un diagnostic, puis décide du traitement.
Au bloc, il opère : extraction de dents de sagesse difficiles, ablation de kystes ou de tumeurs de la bouche, greffes osseuses et poses d'implants, réparation de fractures du visage après un accident, chirurgie des malformations des mâchoires (ostéotomies) en lien avec l'orthodontiste. Une partie de son activité tourne aussi autour du dépistage des cancers de la bouche, un enjeu majeur de santé publique. Il prescrit des médicaments, assure le suivi post-opératoire et travaille en équipe avec des dentistes, des ORL, des orthodontistes, des cancérologues et des anesthésistes.
On exerce en cabinet de ville, en clinique ou à l'hôpital — souvent les deux. À l'hôpital, les journées sont longues et le rythme soutenu : consultations le matin, bloc l'après-midi, gardes et urgences traumatologiques (accidents de la route, de sport, rixes) qui tombent la nuit ou le week-end. En libéral, les horaires sont plus maîtrisés mais l'agenda reste chargé, avec la gestion du cabinet en plus. Le métier est peu fatigant sur le plan physique par rapport à un métier de chantier, mais il impose des positions statiques prolongées, une concentration extrême et une grande précision du geste. Aucun télétravail possible : tout se fait au contact du patient.
On peut se surspécialiser : implantologie et chirurgie pré-implantaire (l'activité dominante chez la plupart des praticiens), chirurgie orthognathique (mâchoires), cancérologie de la face, chirurgie reconstructrice, traumatologie faciale, chirurgie esthétique du visage. À l'hôpital, la carrière mène au poste de praticien hospitalier, puis à la responsabilité d'une unité ou d'un service, voire à une carrière hospitalo-universitaire (MCU-PH, PU-PH) mêlant soins, enseignement et recherche. Beaucoup s'installent en libéral, seuls ou en cabinet de groupe. Il est aussi possible de s'orienter vers l'expertise médicale, l'humanitaire (missions de chirurgie réparatrice de la face) ou la recherche clinique.
Bon à savoir : le titre de « stomatologue » est en voie d'extinction. Le DES de stomatologie n'existe plus : aujourd'hui, on devient soit chirurgien maxillo-facial et stomatologue (DES réservé aux médecins), soit spécialiste en chirurgie orale (DES accessible aux médecins et aux chirurgiens-dentistes). Les patients, eux, continuent de dire « stomato ».
Les effectifs sont très faibles et en baisse : environ 1 000 chirurgiens maxillo-faciaux et stomatologues recensés en France en 2022, et seulement 298 praticiens qualifiés en chirurgie orale (76 % de dentistes, 24 % de médecins). Les projections démographiques annoncent une forte contraction (de l'ordre de −20 % à l'horizon 2030 pour les stomatologues au sens strict), les départs en retraite n'étant pas compensés par le nombre d'internes formés. Résultat : les praticiens formés ne cherchent pas du travail, on les cherche. La densité moyenne tourne autour de 1 spécialiste pour 100 000 habitants, avec de fortes inégalités territoriales (0,1 à 0,4 pour 100 000 aux Antilles-Guyane et en Nouvelle-Calédonie), et des délais de rendez-vous souvent longs. Le vrai filtre n'est pas l'emploi, mais l'accès à l'internat : les places dans ces DES sont peu nombreuses et très demandées.