Un jeune diplômé de master 2 démarre plutôt comme chargé d'études pharmaco-économiques, autour de 2 900 à 3 500 € brut par mois (35 à 42 k€ brut annuel). Le poste de responsable, qui suppose déjà quelques années d'expérience, se situe nettement plus haut : les données de rémunération du secteur situent l'entrée sur la fonction autour de 51 à 57 k€ brut annuel (environ 4 250 à 4 750 € brut mensuel), avec un salaire médian proche de 79 k€ brut annuel (environ 6 500 € brut mensuel) et des profils très expérimentés dépassant 100 k€. À cela s'ajoutent généralement une part variable, l'intéressement et la participation, courants dans l'industrie pharmaceutique. Les rémunérations sont sensiblement plus élevées en Île-de-France (Essonne, Paris, Yvelines), où sont implantés les sièges des laboratoires.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier se construit sur un socle scientifique ou économique de niveau bac+5 minimum, complété par une spécialisation en économie de la santé. Trois grandes voies mènent au poste :
1. La voie « santé » : diplôme d'État de docteur en pharmacie ou en médecine, complété par un master 2 ou un MBA en économie de la santé / market access. C'est le profil historique, très apprécié des laboratoires.
2. La voie « économie / statistiques » : licence d'économie, de gestion, de MIASHS ou de mathématiques appliquées, puis un master mention économie et gestion de la santé (Paris Dauphine-PSL, Aix-Marseille, Lyon 1, Paris-Saclay…) ou un master d'économétrie/biostatistique orienté santé.
3. La voie « recherche » : doctorat (PhD) en épidémiologie, santé publique ou économie de la santé, souvent pour les postes les plus méthodologiques.
Parcours de référence en master 2 : *Évaluation médico-économique et accès au marché* (Dauphine-PSL), *Market Access et évaluation économique* (Paris-Saclay / CFA Leem, en alternance), *Market Access et évaluation des technologies de santé* (Lyon 1 – IPIL). L'alternance est une porte d'entrée très efficace : le CFA Leem place ses apprentis directement dans les laboratoires.
Une solide maîtrise de l'anglais est indispensable — beaucoup de recrutements l'exigent explicitement.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le responsable des études pharmaco-économiques conçoit et pilote les études qui mesurent la valeur d'un médicament : combien il coûte, ce qu'il apporte réellement aux patients, et comment il se compare aux traitements déjà disponibles. Concrètement, il ou elle définit le plan d'études d'un produit (analyses coût-efficacité, coût-utilité, coût-bénéfice, minimisation des coûts), rédige les cahiers des charges, sélectionne et pilote les prestataires (CRO, cabinets spécialisés) qui réalisent une partie des travaux, puis exploite les résultats.
Une grande part du métier consiste à manipuler des données : essais cliniques, bases médico-administratives (SNDS), données de vie réelle, registres de patients. On construit des modèles économiques sur Excel, R ou des logiciels dédiés, on teste des hypothèses, on vérifie la solidité des résultats. L'autre part est un travail de conviction : transformer ces analyses en argumentaires clairs, rédiger les dossiers déposés à la Haute Autorité de santé (HAS) et au Comité économique des produits de santé (CEPS), présenter les conclusions aux équipes internes, aux experts et aux autorités. Publications scientifiques, congrès et veille méthodologique et concurrentielle complètent le quotidien.
Le métier s'exerce principalement dans les laboratoires pharmaceutiques, le plus souvent au sein d'une direction Accès au marché (Market Access) ou Affaires médicales. On le retrouve aussi dans les cabinets de conseil en économie de la santé, chez les fabricants de dispositifs médicaux, et dans les institutions publiques (HAS, CEPS, Assurance maladie, agences régionales). Les postes sont très concentrés en Île-de-France, là où se trouvent les sièges des laboratoires.
C'est un travail de bureau, sédentaire, avec des horaires globalement classiques de cadre et deux à trois jours de télétravail par semaine dans la plupart des entreprises. Les pics d'activité correspondent aux dépôts de dossiers réglementaires et aux échéances de négociation de prix : à ces moments-là, les journées s'allongent. L'anglais est utilisé en permanence — beaucoup d'équipes sont internationales et les publications se font en anglais. Quelques déplacements ponctuels ont lieu pour les congrès et les réunions avec le siège européen ou mondial.
On entre rarement directement à ce poste : le parcours type passe par quelques années comme chargé d'études pharmaco-économiques, consultant en économie de la santé ou chef de projet HEOR. Ensuite, les évolutions naturelles sont responsable puis directeur de l'accès au marché, directeur des affaires médicales, ou responsable des études épidémiologiques. Certains se spécialisent sur une aire thérapeutique (oncologie, maladies rares, vaccins) ou passent à des fonctions internationales (global HEOR).
D'autres choisissent le conseil indépendant ou rejoignent les institutions publiques qui évaluent les médicaments — un passage fréquent dans les deux sens entre industrie et autorités de santé. La compétence en évaluation médico-économique est aussi très recherchée dans les dispositifs médicaux, la e-santé et les biotechs.
C'est un métier de niche : le nombre de postes ouverts chaque année reste limité et les recrutements sont très concentrés en Île-de-France. Mais la demande est solide et structurelle : dans un contexte de maîtrise des dépenses de santé, aucun médicament ne peut obtenir un prix et un remboursement sans démonstration médico-économique. L'accès au marché et le HEOR font partie des fonctions que les laboratoires renforcent, y compris quand l'emploi global du secteur ralentit — le Leem a signalé un recul des embauches en CDI (-10 % en 2024) et des projets d'alternance en baisse, tout en pointant la recherche de profils hybrides mêlant expertise scientifique et maîtrise des données. Les débouchés dépassent l'industrie pharmaceutique : cabinets de conseil en économie de la santé, CRO, fabricants de dispositifs médicaux, e-santé, mais aussi institutions publiques (HAS, CEPS, Assurance maladie, DREES). Les profils combinant compétences statistiques avancées, connaissance du système de santé français et anglais courant sont les plus recherchés.