Le poste n'étant accessible qu'après quelques années d'expérience en marketing, la rémunération démarre haut : environ 3 000 à 3 500 € bruts par mois en prise de fonction, pour une médiane autour de 5 000 € bruts et jusqu'à 7 500 € bruts par mois pour un chef de gamme confirmé dans un grand laboratoire. Les fourchettes annuelles observées vont d'environ 36 000 € à 79 000 € bruts, auxquels s'ajoutent une part variable liée aux performances de la gamme, une voiture de fonction dans certains cas, l'intéressement et la participation. L'industrie pharmaceutique rémunère globalement au-dessus de la moyenne des autres industries, et la convention collective a été revalorisée d'environ 1,2 % en moyenne pour 2026.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le parcours type repose sur une double compétence : une formation scientifique de haut niveau (diplôme d'État de docteur en pharmacie – souvent en filière industrie –, études de médecine, école d'ingénieur en biotechnologies/chimie, ou licence de biologie/biochimie) complétée par une spécialisation marketing (master marketing-vente, master sciences du médicament parcours marketing/affaires réglementaires, école de commerce, ou mastère spécialisé en management pharmaceutique comme ceux de l'ESCP ou de l'IMIS Lyon). L'alternance en master est une excellente porte d'entrée : beaucoup de laboratoires recrutent des assistants chefs de produit en alternance, puis en CDI. Le chemin habituel est ensuite : assistant chef de produit → chef de produit (2 à 5 ans) → chef de gamme. Un passage préalable par la visite médicale ou la promotion des ventes est un vrai plus pour comprendre le terrain.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le chef de gamme est le stratège d'une famille de médicaments (une « gamme » : par exemple tous les traitements d'un laboratoire en cardiologie ou en dermatologie). Chaque jour, il analyse des données de vente et des études de marché, surveille ce que font les laboratoires concurrents, et repère les besoins des médecins, des pharmaciens et des patients. À partir de ces informations, il construit un plan marketing : quels produits mettre en avant, avec quels arguments, sur quels canaux (visite médicale, congrès, sites web pour professionnels de santé, e-mailing), et avec quel budget.
Il passe aussi beaucoup de temps à faire travailler les autres ensemble : il briefe les délégués médicaux et les équipes commerciales, valide les brochures et supports promotionnels avec les services médical, réglementaire et juridique, pilote des agences de communication externes, et encadre une équipe de chefs de produit. Il suit ensuite les résultats grâce à des indicateurs (parts de marché, prescriptions, chiffre d'affaires) et corrige la stratégie si nécessaire. Un enjeu particulier du secteur : tout ce qui est diffusé sur un médicament est strictement encadré par la loi, il faut donc être irréprochable sur la conformité réglementaire.
C'est un métier de bureau, exercé au siège d'un laboratoire pharmaceutique (souvent en Île-de-France, à Lyon ou dans les grands pôles santé), avec des horaires de cadre : globalement classiques, mais avec des pics d'activité lors des lancements de produits ou de la préparation du plan marketing annuel. Le télétravail partiel est courant dans l'industrie pharmaceutique, mais la présence sur site reste importante pour animer les équipes. Il faut prévoir des déplacements réguliers : congrès médicaux, réunions de réseau avec les forces de vente, sièges internationaux du groupe. L'anglais est utilisé quotidiennement, car la plupart des laboratoires sont des groupes internationaux.
Attention : ce n'est pas un poste que l'on occupe juste après ses études. On y accède en général après 3 à 5 ans d'expérience en marketing (souvent comme chef de produit), parfois après un passage sur le terrain comme délégué médical ou en accès au marché.
La suite logique, c'est la direction : responsable marketing d'une aire thérapeutique, directeur régional ou directeur marketing d'un laboratoire. On peut aussi bifurquer vers des fonctions très recherchées dans la pharma : accès au marché (market access), économie de la santé, business development, études de marché, ou marketing corporate. Certains partent ensuite vers le conseil spécialisé santé, la medtech, les biotechs ou les compléments alimentaires et la cosmétique, où les mêmes compétences se transposent bien.
L'industrie pharmaceutique française représente plus de 109 000 emplois répartis dans plus de 150 métiers et environ 256 sites de production. Le secteur continue de recruter, mais la dynamique s'est tassée : en 2024, la croissance de l'emploi a ralenti (+1,1 % contre +2,4 % en 2023), les embauches en CDI ont reculé d'environ 10 % et les prévisions de recrutement d'alternants pour 2025 étaient en net repli. Les postes de marketing stratégique comme chef de gamme restent peu nombreux et très convoités : ils se gagnent surtout par promotion interne, après un parcours de chef de produit. Les profils les plus recherchés sont ceux qui associent une culture scientifique réelle, la maîtrise des données et une bonne compréhension de l'accès au marché et du digital.