Psychanalyste

À partir du Bac +5 Emploi : Difficile
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Psychanalyste
Priscilla Du Preez / Unsplash
Salaire net ~1 125 – 3 000 €/mois
Télétravail Partiel
Horaires Variable

Aperçu rapide

Le psychanalyste écoute des personnes qui vont mal et les aide à comprendre ce qui se joue en elles sans qu'elles en aient conscience : souvenirs enfouis, rêves, répétitions, angoisses. Séance après séance, souvent pendant des années, il accompagne son patient dans un travail de parole qui dénoue des conflits intérieurs. Attention : ce n'est pas un métier « d'après le bac » — on y arrive presque toujours après des études de psychologie ou de médecine, et après avoir soi-même suivi une longue analyse.

Combien ça paye ?

Début de carrière
1 125 €
net / mois
< 1 SMIC
1 500 € brut
Expérimenté
3 000 €
net / mois
≈ 2,1 SMIC
4 000 € brut

En libéral, les honoraires sont libres : le plus souvent entre 50 et 100 € la séance (davantage à Paris), sans remboursement par la Sécurité sociale. Le revenu dépend entièrement du nombre de patients, qui met plusieurs années à se constituer : les débuts tournent souvent autour de 1 500 à 2 000 € bruts mensuels, et beaucoup de jeunes praticiens complètent avec un poste salarié de psychologue. Un analyste installé et reconnu peut dépasser 4 000 € par mois, mais les moyennes publiées (autour de 1 700 à 2 000 € nets) reflètent surtout l'hétérogénéité extrême de la profession. À déduire : charges du cabinet, cotisations de travailleur indépendant, coût de sa propre analyse et de sa supervision.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du Bac +5
Diplôme de référence : Master mention psychologie clinique, psychopathologie et psychologie de la santé

Aucun diplôme n'est légalement obligatoire pour se dire psychanalyste, mais dans les faits le parcours est long et très sélectif, et compte environ 8 à 10 ans après le bac. Voie principale : licence de psychologie (bac+3), puis master de psychologie clinique et psychopathologie ou master de psychanalyse (bac+5). Voie médicale : études de médecine puis DES de psychiatrie. À cela s'ajoutent deux étapes indispensables et non universitaires : (1) une analyse personnelle longue — au moins 3 ans, à raison de 3 à 4 séances par semaine, chez un analyste reconnu ; (2) une formation en institut au sein d'une société de psychanalyse (SPP, APF, ECF, SPRF…), qui associe séminaires théoriques et supervision des premières cures menées. C'est la société qui valide la légitimité du praticien. Pour porter aussi le titre de psychothérapeute, il faut s'inscrire au registre ADELI de l'ARS (master en psychologie ou psychanalyse + 400 h de psychopathologie clinique + 5 mois de stage minimum).

Diplômes les plus adaptés

Bac+5
Master mention psychologie clinique, psychopathologie et psychologie de la santé
Bac+5
Master mention psychanalyse
Bac+5
Master mention psychologie : psychopathologie clinique psychanalytique
Autre
Formation en institut de psychanalyse (SPP, APF, ECF, SPRF) : séminaires, cure personnelle, supervision

Diplômes envisageables

Bac+3
Licence mention psychologie (étape obligatoire vers le master)
Autre
Diplôme d'État de docteur en médecine + DES de psychiatrie

Certifications et permis

Requis
Analyse personnelle (cure didactique) Avoir soi-même suivi une psychanalyse de plusieurs années, à 3 ou 4 séances hebdomadaires, est la condition non négociable posée par toutes les sociétés de psychanalyse.
Requis
Supervision (contrôle) de la pratique Les premières cures doivent être menées sous le contrôle régulier d'un analyste confirmé, qui valide l'entrée dans la profession.
Atout
Inscription au registre national des psychothérapeutes (ADELI / ARS) Obligatoire uniquement pour se présenter comme psychothérapeute : master de psychologie ou de psychanalyse, 400 h de psychopathologie clinique et 5 mois de stage.
Atout
Titre de psychologue (master de psychologie avec stage professionnel de 500 h) Non exigé pour la psychanalyse, mais c'est le titre protégé qui permet d'être recruté en institution et de vivre de son métier au démarrage.
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Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Indispensable Théorie psychanalytique (Freud, Lacan, Klein, Winnicott)
Indispensable Conduite d'une cure : association libre, transfert, interprétation
Indispensable Entretien clinique et analyse du discours
Important Repérage psychopathologique (savoir orienter vers un psychiatre si besoin)
Important Gestion d'un cabinet libéral (statut, honoraires, comptabilité)

Les qualités qui comptent

Indispensable Écoute active et attention flottante
Indispensable Neutralité bienveillante et juste distance émotionnelle
Indispensable Discrétion et respect absolu du secret
Important Solidité psychique et capacité de remise en question
Important Curiosité intellectuelle et goût de la lecture
Un plus Patience : les effets d'une analyse se mesurent en années

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

Le quotidien d'un psychanalyste tient en un mot : écouter. Il reçoit ses patients (on dit ses « analysants ») en séances régulières, souvent plusieurs fois par semaine, sur le divan ou en face-à-face. Le patient parle librement de ce qui lui vient — souvenirs, rêves, émotions, lapsus — sans filtrer ni organiser son discours : c'est la règle de l'association libre. Le psychanalyste, lui, intervient peu. Il repère les répétitions, les silences, les mots qui reviennent, et propose de temps en temps une interprétation qui aide le patient à faire un lien qu'il ne voyait pas.

Entre deux séances, le métier ne s'arrête pas là. Le psychanalyste tient son cabinet (agenda, honoraires, comptabilité, statut libéral), lit beaucoup, participe à des séminaires et à des groupes de travail dans son école ou sa société de psychanalyse, et surtout se fait « superviser » : il présente sa pratique à un analyste plus expérimenté pour la questionner. Beaucoup poursuivent aussi leur propre analyse personnelle très longtemps.

Les conditions de travail

L'immense majorité des psychanalystes exercent en libéral, dans un cabinet en ville ou aménagé chez eux. Les horaires sont souples mais souvent décalés : les patients viennent avant le travail, à la pause de midi ou en fin de journée, ce qui donne des semaines qui s'étirent tard le soir. Le cadre est très ritualisé — même heure, même durée, même lieu — parce que ce cadre fait partie du soin. Certaines séances peuvent se faire à distance (téléphone, visio), mais beaucoup d'analystes tiennent au présentiel, essentiel au dispositif analytique.

Une particularité importante : en France, le titre de psychanalyste n'est pas protégé par la loi et la profession n'est pas réglementée. Ce sont les sociétés et écoles de psychanalyse (Société psychanalytique de Paris, Association psychanalytique de France, École de la Cause freudienne…) qui fixent leurs propres critères d'admission et de formation. Pour utiliser en plus le titre de psychothérapeute, il faut en revanche s'inscrire au registre national tenu par l'ARS, ce qui suppose un master de psychologie ou de psychanalyse et une formation en psychopathologie clinique de 400 h minimum, plus un stage.

Le métier est peu fatigant physiquement mais exigeant psychiquement : on reçoit toute la journée la souffrance des autres. La capacité à tenir une distance juste — ni froideur, ni fusion — se travaille toute une carrière. Les séances ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale, ce qui pèse sur la constitution de la patientèle.

Télétravail Partiel
Horaires Variable
Effort physique Faible
Environnement bureau, domicile, hôpital
Comment ça évolue ?

On n'« évolue » pas dans ce métier comme dans une entreprise : la progression est celle de la reconnaissance par ses pairs. Après plusieurs années de pratique, un analyste peut devenir membre titulaire de sa société, former et superviser à son tour de jeunes praticiens, animer des séminaires, publier, enseigner à l'université. Beaucoup se spécialisent auprès d'un public : enfants, adolescents, couples, familles, ou psychanalyse en institution (CMP, CMPP, hôpital de jour).

Côté carrière réelle, la plupart cumulent : poste de psychologue clinicien salarié en hôpital, en CMPP ou en établissement médico-social pour la sécurité du revenu, et cabinet privé pour la pratique analytique. Certains élargissent vers la supervision d'équipes soignantes, l'analyse des pratiques professionnelles en entreprise, l'expertise ou l'écriture.

Perspectives d'emploi

Difficile

Il n'existe quasiment aucune offre d'emploi intitulée « psychanalyste » : le métier ne se recrute pas, il s'installe. On estime à environ 6 000 le nombre de psychanalystes en France, répartis entre une vingtaine de sociétés et écoles, et beaucoup de praticiens de la nouvelle génération ont peu de patients. Le contexte joue contre : influence intellectuelle de la psychanalyse en recul, concurrence des TCC et des thérapies brèves, non-remboursement des séances, et moins de 20 % des psychiatres se formant encore à l'analyse. En revanche, la demande de soin psychique explose chez les jeunes, et les postes de psychologue clinicien (en CMP, CMPP, hôpital, médico-social) restent nombreux : c'est la voie réaliste pour vivre de ce champ tout en construisant une pratique analytique en cabinet.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

Psychologue-psychanalystePsychiatre-psychanalysteAnalystePraticien en psychanalysePsychothérapeute d'orientation psychanalytiquePsychanalyste d'enfants et d'adolescents

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéLibéralIndépendant / Auto-entrepreneur