Ce métier se rémunère presque toujours à l'heure, et rarement à temps plein. Comme salarié (CESU ou organisme), le taux horaire brut tourne autour de 15-16 €/h en moyenne, à partir du SMIC horaire pour un débutant. En indépendant (micro-entreprise), on fixe ses tarifs : environ 20-25 €/h en primaire, 25-30 €/h au collège, 30-40 €/h au lycée et 40-55 €/h en prépa ou pour une préparation aux concours. Un étudiant en licence facture 15-25 €/h, un professeur certifié 35-50 €/h, un agrégé jusqu'à 60 €/h. Les fourchettes mensuelles indiquées correspondent à une activité reconstituée à temps plein, ce qui est peu courant : la majorité des professeurs à domicile cumulent 5 à 15 heures de cours par semaine. Attention en indépendant : les cotisations (22 % du chiffre d'affaires) et le temps de trajet non facturé réduisent le revenu réel.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier n'est pas réglementé : aucun diplôme n'est légalement exigé pour donner des cours particuliers. Dans les faits, le baccalauréat est le minimum attendu pour de l'aide aux devoirs en primaire et au collège — c'est ce qui rend ce métier accessible dès la première année d'études supérieures.
Les organismes de soutien scolaire demandent généralement un Bac+2 minimum, et un Bac+3 (licence dans la discipline enseignée) pour intervenir au lycée. Pour la prépa, les concours ou les matières scientifiques de haut niveau, on attend un Bac+5 ou un profil grande école (ingénieur, ENS, commerce).
Les profils les plus recherchés sont les enseignants titulaires (CAPES, CAPEPS, CAPLP, CAFEP, agrégation) qui interviennent sur leur temps libre : ils facturent les tarifs les plus élevés. À l'inverse, un étudiant en licence débute autour de 15-20 €/h. Aucune formation initiale ne prépare spécifiquement à ce métier : la pédagogie s'apprend sur le terrain, avec parfois une formation courte proposée par l'organisme employeur.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le professeur à domicile intervient auprès d'un élève à la fois, du CP à la terminale (parfois jusqu'aux études supérieures). Avant chaque séance, il prépare des supports sur mesure : fiches de révision, exercices progressifs, sujets d'annales. Pendant l'heure de cours, il fait le point sur les difficultés du moment, réexplique une notion avec d'autres mots, fait pratiquer, corrige à chaud et transmet surtout des méthodes de travail — comment apprendre une leçon, organiser un devoir, gérer son temps sur un contrôle.
Entre deux séances, il évalue les progrès et ajuste sa progression. Une part importante du métier tient à la relation avec la famille : rendre compte régulièrement aux parents, expliquer ce qui bloque, fixer des objectifs réalistes. Beaucoup de missions sont ponctuelles et très ciblées : remise à niveau après une mauvaise période, préparation du brevet, du bac ou d'un concours, accompagnement d'un élève empêché d'aller en classe.
Le travail se fait au domicile de l'élève, parfois au sien, et de plus en plus en visio pour certains créneaux. Les horaires sont naturellement décalés : après la classe en fin de journée, le mercredi, le samedi matin, et beaucoup pendant les vacances scolaires (stages de révision). L'activité est très saisonnière, avec des pics à la rentrée et avant les examens, et un creux en été.
Deux statuts dominent. Salarié : soit employé directement par la famille via le CESU, soit par un organisme de soutien scolaire (Acadomia, Complétude, Cours Legendre…) qui fournit les élèves et gère l'administratif. Indépendant : micro-entrepreneur, on fixe ses tarifs et on trouve ses élèves soi-même ou via une plateforme. Rares sont les personnes qui en font un temps plein : c'est le plus souvent un revenu d'appoint étudiant, un complément pour un enseignant, ou une activité de retraité. Les déplacements chez les élèves prennent du temps — le permis et un véhicule (ou un bon réseau de transports) changent beaucoup de choses.
On peut se spécialiser sur un créneau qui paie mieux : prépa, concours post-bac, matières scientifiques, langues, ou accompagnement d'élèves à besoins particuliers (dys, TDAH, haut potentiel) — une spécialisation très demandée. Beaucoup s'en servent comme tremplin vers l'enseignement classique : passer un master MEEF puis le CAPES ou l'agrégation pour devenir professeur des écoles ou du second degré.
Autres voies : la formation pour adultes (formateur en organisme ou en entreprise), la coordination pédagogique dans un organisme de soutien scolaire, la création de contenus pédagogiques pour des plateformes en ligne, ou la création de sa propre structure de soutien scolaire — un secteur où de nombreuses franchises recrutent.
La demande est forte et stable. Le marché français du soutien scolaire est le premier d'Europe : il pèse environ 2 milliards d'euros (dont 600 à 800 millions déclarés, le reste relevant de l'informel) et concerne plus d'un million d'élèves. Près d'un tiers des élèves français ont recours à des cours particuliers au cours de leur scolarité. Les grands réseaux (Acadomia, Complétude, Cours Legendre…) et les plateformes de mise en relation recrutent en permanence, avec des difficultés à trouver des profils qualifiés — notamment en mathématiques, physique-chimie et langues. Les creux d'activité en été et les besoins concentrés autour des examens font que l'activité est plus irrégulière que rare : trouver des élèves est rarement le problème, en trouver assez toute l'année l'est davantage. Les zones urbaines denses offrent nettement plus d'opportunités.