Le traitement indiciaire brut d'un préfet démarre autour de 5 550 € par mois (hors échelle C, 1er échelon) et monte à environ 7 400 € pour un préfet hors classe. En ajoutant les primes (RIFSEEP, complément indemnitaire), la rémunération globale se situe généralement entre 8 000 et 12 000 € brut par mois selon le poste, avec des majorations pouvant atteindre +53 % en outre-mer. S'y ajoutent des avantages en nature importants : logement de fonction gratuit à la préfecture et véhicule avec chauffeur. En amont, un sous-préfet débute beaucoup plus bas : environ 2 245 € brut de traitement indiciaire au 1er échelon de la classe normale, soit autour de 3 500 € net avec les primes, jusqu'à 6 000 à 7 000 € net en fin de carrière sur un poste fonctionnel. Valeur du point d'indice inchangée depuis juillet 2023.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas de « formation de préfet » : on ne devient jamais préfet directement après ses études. Le parcours type commence par un bac général (spécialités HGGSP, SES, HLP appréciées), puis une licence de droit ou un IEP (Sciences Po), et enfin un master en droit public, administration publique ou finances publiques (bac+5). Vient ensuite un concours de la haute fonction publique : le concours de l'INSP (Institut national du service public, ex-ENA), qui recrute les administrateurs de l'État, ou un autre concours de catégorie A+ (magistrature, IRA suivi d'une promotion, etc.). Beaucoup de candidats passent par une prépa Talents du service public ou un IPAG/CPAG.
Après l'INSP, on occupe des postes en administration centrale ou en préfecture (directeur de cabinet, secrétaire général), puis on est nommé sous-préfet — soit dans le cadre du corps, soit par le « tour extérieur » réservé à des cadres expérimentés venus d'autres corps. Il faut en général avoir exercé au moins trois ans comme sous-préfet pour que son nom soit proposé par le Premier ministre et le ministre de l'Intérieur au président de la République. Compter 15 à 25 ans de carrière entre le diplôme et la première nomination comme préfet.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le préfet est « l'État en personne » dans un territoire. Chaque jour, il enchaîne des rendez-vous très variés : réunion avec le directeur départemental de la sécurité publique et le commandant de gendarmerie sur la délinquance, signature d'arrêtés (interdiction de manifestation, restriction d'eau en période de sécheresse, autorisation d'installation industrielle), contrôle de légalité des décisions prises par les maires et les collectivités, puis déplacement sur le terrain — une entreprise qui recrute, une école, une exploitation agricole, un chantier.
Il pilote aussi la mise en œuvre locale des politiques du gouvernement : emploi, logement, santé, transition écologique, accueil des demandeurs d'asile, sécurité routière. Il organise les élections et garantit leur bon déroulement. Et quand survient une crise — tempête, incendie, accident industriel, épidémie — c'est lui qui active le centre opérationnel départemental, coordonne pompiers, forces de l'ordre, hôpitaux et communes, et s'exprime devant les médias. Il rend compte en permanence au ministre de l'Intérieur.
Le rythme est intense et imprévisible : le préfet est joignable 24h/24 et peut être réveillé la nuit pour gérer un événement grave. Les semaines dépassent largement les horaires classiques, avec des soirées de cérémonies officielles et des week-ends de permanence. Il est logé gratuitement à la préfecture (résidence de fonction) et dispose d'un véhicule avec chauffeur, contrepartie d'une obligation de présence quasi permanente sur son territoire.
C'est aussi un métier de mobilité forte : on change de département tous les 2 à 4 ans environ, sur décision du gouvernement. Le préfet est nommé en Conseil des ministres par le président de la République et peut être déplacé ou remplacé à tout moment : il occupe un « emploi à la décision du gouvernement », ce qui suppose loyauté, discrétion et neutralité politique absolue. L'exposition médiatique et la pression des élus locaux font partie du quotidien.
Le parcours classique passe par des postes de directeur de cabinet de préfet, secrétaire général de préfecture, puis sous-préfet d'arrondissement, avant d'être nommé préfet de département — souvent d'abord dans un département peu peuplé ou en outre-mer, puis dans des départements plus importants, jusqu'aux postes les plus prestigieux (préfet de région, préfet de police de Paris).
Les débouchés après la préfectorale sont nombreux : direction d'administration centrale, inspection générale de l'Administration, Conseil d'État, ambassade, direction d'un grand établissement public, voire fonctions ministérielles. Certains rejoignent le secteur privé (affaires publiques, sûreté, direction générale de grands groupes) ou les collectivités territoriales comme directeur général des services.
Le corps préfectoral est extrêmement restreint : environ 124 préfets et 479 sous-préfets en poste territorial en métropole et outre-mer, pour un total d'environ 450 à 700 membres du corps préfectoral et hauts fonctionnaires du ministère de l'Intérieur. Les nominations se font par vagues en Conseil des ministres, quelques dizaines par an, essentiellement par mutation entre professionnels déjà en poste. Il n'y a donc pas de « recrutement » de préfets au sens classique : l'accès dépend d'un concours très sélectif en amont (INSP, catégorie A+) puis d'une longue carrière et d'une nomination discrétionnaire du gouvernement. La réforme de la haute fonction publique de 2022 a fonctionnarisé différemment le corps et ouvert davantage les postes de sous-préfet au tour extérieur, ce qui élargit un peu les profils recrutés. À l'inverse, l'emploi est totalement révocable : un préfet peut être remplacé du jour au lendemain.