Un poseur débutant démarre autour du SMIC, soit environ 1 800 € brut par mois (≈ 1 450 € net), un peu plus avec un CAP en poche. Après 3 à 5 ans d'expérience, la rémunération monte à 2 100–2 700 € brut, et un poseur très qualifié ou chef d'équipe atteint 2 800 à 3 200 € brut. S'y ajoutent presque toujours des **paniers repas** et des **indemnités de trajet/grand déplacement** prévus par la convention collective du bâtiment, qui améliorent nettement le net réel. Les artisans installés à leur compte peuvent dépasser 3 500 € par mois, avec les aléas de l'activité indépendante. Les salaires sont un peu plus élevés en Île-de-France et sur les spécialités techniques (miroiterie, façades vitrées, portes automatiques).
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie royale est le CAP, très souvent préparé en apprentissage (2 ans après la 3e, ou 1 an si tu as déjà un CAP) : CAP menuisier installateur pour la pose de menuiseries bois et l'installation en bâtiment, CAP menuisier aluminium-verre pour l'alu, le PVC et le vitrage, ou CAP métallier si tu vises la serrurerie, les portails et les fermetures métalliques.
Pour les adultes en reconversion, le titre professionnel Menuisier installateur (RNCP37120, niveau 3, ministère du Travail) se prépare en 6 à 12 mois en AFPA ou en centre de formation, souvent finançable par le CPF ou France Travail.
Ensuite, tu peux poursuivre vers un bac pro Menuiserie aluminium-verre, un bac pro Ouvrages du bâtiment : métallerie ou un BP menuisier aluminium-verre (en alternance) qui ouvrent les postes d'encadrement d'équipe. Les Compagnons du Devoir proposent aussi un parcours reconnu, avec Tour de France. Pour aller plus loin, le BTS Enveloppe des bâtiments mène au bureau d'études ou à la conduite de travaux.
À noter : le métier reste accessible sans diplôme, en démarrant comme aide-poseur et en se formant sur le tas — mais un CAP accélère nettement la progression salariale et permet de s'installer à son compte.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Ta journée commence souvent tôt, à l'atelier ou au dépôt : tu charges le camion avec les menuiseries à poser, l'outillage et les consommables (vis, cales, mousse expansive, mastic). Sur le chantier, tu commences par relever et vérifier les cotes, puis tu déposes l'ancienne fenêtre ou l'ancienne porte quand il s'agit d'une rénovation — un moment délicat où il faut préserver le mur et les finitions autour.
Vient ensuite la pose proprement dite : tu positionnes le bâti, tu le mets d'aplomb et de niveau au millimètre, tu le fixes (chevilles, pattes de fixation, vissage), puis tu assures l'étanchéité à l'air et à l'eau avec des joints, des mousses et des bandes adhésives. Tu poses le vitrage, tu montes les ouvrants, tu règles les paumelles et la quincaillerie pour que tout ferme sans forcer. Selon les chantiers, tu installes aussi des volets roulants, des stores, des grilles, des portails, des clôtures ou des portes de garage — et de plus en plus souvent leurs motorisations et automatismes, qu'il faut raccorder et programmer.
Tu finis par le nettoyage, les finitions (couvre-joints, seuils, habillages) et la mise en service avec le client : tu lui expliques comment entretenir sa menuiserie et comment utiliser la télécommande de son volet. Une partie du métier consiste aussi à intervenir en dépannage : remplacer un vitrage cassé, changer une serrure, réparer un tablier de volet bloqué.
Le métier se pratique presque toujours en déplacement, sur des chantiers neufs ou en rénovation, chez des particuliers, dans des commerces ou des bâtiments tertiaires. Le télétravail est impossible : ta place, c'est le chantier. Tu travailles le plus souvent en binôme, en horaires de journée (démarrage vers 7h-8h), avec des trajets fréquents — le permis B est quasi indispensable. Certaines urgences (vitre brisée, porte fracturée) peuvent te faire intervenir le samedi ou en soirée.
C'est un métier physique : port de charges (un double vitrage pèse lourd), travail en hauteur sur échafaudage ou nacelle, postures parfois inconfortables, exposition au froid et à la pluie. Les équipements de protection (chaussures de sécurité, gants anti-coupure, casque, harnais) ne sont pas optionnels. En contrepartie, tu vois le résultat de ton travail immédiatement, et le contact direct avec les clients rend la journée moins routinière qu'en usine.
Après quelques années, tu peux devenir chef d'équipe puis chef de chantier, encadrer des apprentis et gérer l'organisation des poses. Tu peux aussi te spécialiser : miroiterie et grandes façades vitrées, vérandas, menuiseries de patrimoine, portes automatiques, contrôle d'accès et serrurerie de sécurité, ou encore rénovation énergétique performante (un créneau très porteur).
D'autres passerelles existent vers le métré/chiffrage, le poste de technicien SAV, ou la fonction de technico-commercial en menuiserie, où l'expérience terrain fait toute la différence. Enfin, beaucoup de professionnels finissent par s'installer à leur compte comme artisan poseur : avec un CAP ou trois ans d'expérience, tu peux créer ton entreprise et te constituer ta propre clientèle.
Le métier fait partie des professions du bâtiment en tension : les entreprises peinent à recruter des poseurs qualifiés, avec des taux de difficulté de recrutement parmi les plus élevés du second œuvre. Deux moteurs soutiennent la demande : la **rénovation énergétique** (remplacement des fenêtres pour améliorer l'isolation, soutenu par les aides publiques) et le **renouvellement des générations**, avec de nombreux départs à la retraite mal compensés par les entrées en formation. Les jeunes diplômés d'un CAP trouvent en général un emploi rapidement, souvent dans l'entreprise où ils ont fait leur apprentissage. Les employeurs sont variés : artisans menuisiers, entreprises de métallerie-serrurerie, réseaux nationaux de pose de fenêtres, entreprises générales du bâtiment, agences d'intérim spécialisées BTP. À nuancer : l'activité reste sensible aux cycles de la construction neuve et aux évolutions des dispositifs d'aide à la rénovation.