Un débutant démarre autour du minimum conventionnel de la branche bijouterie-joaillerie-orfèvrerie-horlogerie (BJOH), soit environ 1 900 € brut par mois, l'ONISEP indiquant un salaire de début vers 1 888 € brut. Avec quelques années d'expérience, on se situe plutôt entre 2 100 et 2 600 € brut. Les polisseurs très expérimentés en haute joaillerie, sur pièces uniques, ou les chefs d'équipe finition peuvent dépasser 3 000 à 3 500 € brut. En indépendant ou artisan à son compte, la rémunération dépend du volume et des maisons clientes. Des primes (qualité, ancienneté, intéressement) sont fréquentes dans les grandes maisons de luxe.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie royale est le CAP art et techniques de la bijouterie-joaillerie option polissage finition (2 ans après la 3e, en lycée professionnel ou en apprentissage) : c'est le diplôme qui forme spécifiquement au métier. Pour l'orfèvrerie, il existe le CAP orfèvre option C : polisseur aviveur en orfèvrerie. On peut poursuivre avec le BMA (Brevet des métiers d'art) bijou option polissage finition, en 2 ans après le CAP, qui ouvre sur des postes plus qualifiés et sur la haute joaillerie ; le BMA peut ensuite mener à un DN MADE mention objet ou ornement (bac+3) pour ceux qui veulent aller vers la création. En reconversion ou en formation continue, le CQP opérateur en polissage de bijouterie (certification de branche, RNCP37871) permet une entrée rapide dans le métier. Écoles de référence : la Haute École de Joaillerie (Paris, rue du Louvre), la SEPR à Lyon, le lycée Jean Guéhenno à Saint-Amand-Montrond, l'école Boulle, les Huisselets à Montbéliard. Le métier reste aussi accessible sans diplôme par l'expérience et la formation interne en atelier, mais un CAP accélère très fortement l'insertion.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le polisseur ou la polisseuse reçoit des pièces qui sortent de l'atelier de fabrication : bagues, bracelets, colliers, boîtiers de montre, couverts ou objets d'orfèvrerie. Première étape, l'examen minutieux : à la loupe, on repère les traces d'outil, les micro-rayures, les défauts de surface laissés par la fabrication, la soudure ou le sertissage. Ensuite vient le dégrossissage, avec des abrasifs de plus en plus fins (papier émeri, meulettes, brosses), puis le polissage proprement dit et enfin l'avivage, qui donne la brillance miroir finale. Certaines pièces demandent au contraire un aspect satiné, sablé ou mat : le polisseur maîtrise aussi ces finitions décoratives.
Tout se joue dans le dosage : la pression sur la brosse, le choix de la pâte, l'angle du geste. Trop appuyer, c'est arrondir une arête, effacer un décor ou faire perdre des dixièmes de millimètre à la pièce — et donc perdre de la matière précieuse. Le travail se fait à la main ou sur machine (touret, tonneau vibrant, machines à polir) selon les séries. Le polisseur contrôle ensuite la qualité de son travail, nettoie la pièce aux ultrasons et la restitue à l'atelier. Dans les ateliers de réparation, il redonne aussi vie à des bijoux anciens ou usés.
Le métier s'exerce en atelier, assis à un établi, dans des entreprises artisanales, des ateliers de haute joaillerie (Paris, notamment le quartier du Marais et la rue du Louvre), des PME industrielles de la bijouterie ou chez les sous-traitants des grandes maisons de luxe. Les horaires sont généralement classiques, en journée, avec des pics d'activité avant les fêtes ou les collections. Aucun télétravail possible : les machines, les aspirations et les métaux précieux restent à l'atelier, dans un environnement très sécurisé (les chutes de métal sont récupérées et pesées).
Côté contraintes : le poste est bruyant et poussiéreux. Le port du masque, des lunettes de protection et d'une blouse est la règle, et les postes sont équipés d'aspirations. L'effort physique reste modéré — on est assis — mais la station prolongée, les gestes répétitifs et la concentration visuelle demandent de l'endurance. C'est un travail solitaire et méditatif, où la minutie compte plus que la vitesse.
Avec l'expérience, on peut se spécialiser sur la haute joaillerie et les pièces uniques, où le niveau d'exigence — et la rémunération — sont nettement plus élevés. D'autres se tournent vers les finitions décoratives (satinage, sablage, laquage) ou les traitements de surface (dorure, rhodiage, argenture). L'évolution classique passe par le poste de chef d'équipe finition, puis de responsable d'atelier ou de contrôleur qualité. Certains deviennent formateurs en CFA ou en école de joaillerie. Enfin, beaucoup de polisseurs expérimentés s'installent à leur compte comme artisans indépendants, en travaillant pour plusieurs maisons. Des passerelles existent aussi vers le sertissage, la bijouterie-joaillerie ou l'orfèvrerie, via un CAP complémentaire ou un BMA.
La filière française de la bijouterie-joaillerie est en croissance, portée par le luxe et l'export, et elle souffre d'une pénurie durable de main-d'œuvre qualifiée sur les métiers d'atelier : polissage, sertissage, bijouterie. Les grandes maisons (Cartier, Van Cleef & Arpels, Chanel, Hermès…) et leurs sous-traitants recrutent, forment en interne et financent des dispositifs d'apprentissage et de préparation opérationnelle à l'emploi. Les diplômés du CAP polissage finition trouvent généralement un poste rapidement, particulièrement en Île-de-France et dans les bassins historiques (Paris, Saint-Amand-Montrond, Haute-Savoie/Oyonnax, région lyonnaise, Franche-Comté pour l'horlogerie). Attention toutefois : le nombre de postes reste limité en valeur absolue (métier de niche, quelques milliers de professionnels), et la mobilité géographique est souvent nécessaire.