En début de carrière, un pédicure-podologue salarié (hôpital, centre de santé, EHPAD) démarre autour de 1 800 à 2 200 € brut par mois. En libéral — le cas de la très grande majorité — les revenus dépendent directement de la patientèle et du lieu d'installation : environ 1 500 à 2 000 € net les premières années, le temps de constituer sa clientèle, puis 2 300 à 3 000 € net en rythme de croisière, et plus de 4 000 € net pour un professionnel installé depuis longtemps, spécialisé ou associé. Le chiffre d'affaires annuel d'un cabinet se situe souvent entre 50 000 et 70 000 €, dont il faut déduire loyer, matériel, cotisations (CARPIMKO) et charges — comptez grossièrement 40 à 50 % du CA. Une part importante des actes (soins de pédicurie de confort, semelles au-delà du forfait) n'est pas ou peu remboursée par l'Assurance maladie : les honoraires sont largement libres, ce qui explique de gros écarts entre praticiens.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le diplôme d'État (DE) de pédicure-podologue est obligatoire pour exercer : c'est le seul chemin. Il se prépare en 3 ans après le bac dans un institut de formation en pédicurie-podologie (IFPP) agréé — il en existe une quinzaine en France, dont une minorité de publics. L'admission se fait sur dossier via Parcoursup ; quelques instituts recrutent aussi après une première année de santé (PASS/LAS) ou en admission parallèle.
Au bac, les spécialités les plus utiles sont SVT, physique-chimie et mathématiques. La formation combine sciences fondamentales (anatomie, physiologie, biomécanique), sciences de la podologie (pédicurie, orthèses, examen clinique), travaux pratiques d'atelier et une part importante de stages cliniques, notamment dans la clinique de l'institut où les étudiants reçoivent de vrais patients dès la 2ᵉ année. Le DE confère le grade de licence (180 ECTS).
Attention au coût : la majorité des instituts sont privés, avec des frais de scolarité qui vont souvent de 6 000 à 9 000 € par an. Certaines régions accordent des aides ou financent des places.
Une fois diplômé, il faut s'inscrire au tableau de l'Ordre national des pédicures-podologues pour pouvoir exercer. Ensuite, la formation continue (DU podologie du sport, DU pied diabétique, posturologie, podologie pédiatrique…) permet de se spécialiser.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le pédicure-podologue commence presque toujours par un examen clinique : il observe le pied au repos, puis la personne debout et en marche (parfois sur une plateforme de mesure ou tapis d'analyse). Cet examen lui permet de poser un diagnostic sur des troubles cutanés, unguéaux ou de la posture.
Vient ensuite le soin de pédicurie : traitement des cors, durillons, ongles incarnés, mycoses, verrues plantaires, hyperkératoses. C'est un travail de précision, à la fraise et au bistouri, qui demande une main sûre et une bonne connaissance de l'anatomie. Le pédicure-podologue est l'un des rares professionnels paramédicaux à pouvoir établir un diagnostic et prescrire sans ordonnance médicale certains topiques, pansements et orthèses.
L'autre grande partie du métier, c'est la conception d'orthèses plantaires (les fameuses semelles orthopédiques) et de petits appareillages : orthoplasties en silicone pour protéger un orteil, orthonyxies pour redresser un ongle. Beaucoup de professionnels les fabriquent eux-mêmes dans un petit atelier attenant au cabinet — ponçage, thermoformage, collage. Enfin, une part importante du temps va au conseil et à la prévention : hygiène des pieds, choix des chaussures, suivi du pied diabétique (les séances de prévention chez les patients diabétiques à risque sont prises en charge par l'Assurance maladie).
L'immense majorité des pédicures-podologues (environ 97 %) exercent en libéral, le plus souvent dans un cabinet individuel qu'ils ont créé ou racheté. Une minorité travaille à l'hôpital, en EHPAD, en centre de santé, en centre de rééducation ou auprès de clubs sportifs. Les visites au domicile de patients dépendants ou en établissement pour personnes âgées font partie du quotidien de beaucoup d'entre eux.
Le rythme est celui des rendez-vous : horaires plutôt classiques en journée, mais un libéral choisit son amplitude et peut ouvrir en soirée ou le samedi pour s'adapter à sa patientèle. Compter souvent 35 à 45 heures par semaine quand on est à son compte, gestion administrative du cabinet comprise. Physiquement, le métier n'est pas lourd mais il est exigeant pour le dos et les cervicales : on travaille penché, longtemps, en gestes fins et répétitifs. L'installation d'un fauteuil adapté et une bonne posture sont indispensables pour durer.
À noter : le métier est réglementé. Impossible d'exercer sans le diplôme d'État et sans être inscrit au tableau de l'Ordre national des pédicures-podologues.
La première évolution, c'est la spécialisation : podologie du sport (suivi d'athlètes, prévention des blessures), pied diabétique, posturologie, podologie pédiatrique ou gériatrique, podologie du travail. Ces expertises se construisent via des diplômes universitaires (DU) et de la formation continue, et permettent de se démarquer et de mieux valoriser ses honoraires.
Côté carrière, on peut développer son cabinet (s'associer, embaucher, ouvrir un second site), rejoindre une maison de santé pluriprofessionnelle, ou travailler avec des clubs sportifs et des équipementiers. À l'hôpital, on peut passer cadre de santé après quelques années d'exercice.
Les 180 crédits ECTS du diplôme (grade licence) ouvrent aussi la porte à un master — santé publique, biomécanique, ingénierie de la santé, sciences de l'éducation — pour bifurquer vers l'enseignement en institut de formation, la recherche, la R&D chez un fabricant de semelles ou de chaussures, ou l'expertise auprès d'organismes de santé.
La profession compte environ 14 600 pédicures-podologues en activité début 2026, un effectif en hausse continue (+10 % depuis 2018 selon la DREES). C'est une profession jeune (41 ans de moyenne d'âge), majoritairement féminine (66 %) et très largement libérale (97 %, dont 84 % en cabinet individuel). La demande est portée par des tendances de fond : **vieillissement de la population** (soins de pédicurie et prévention des chutes chez les seniors), **explosion du diabète** (le suivi podologique préventif des patients à risque est remboursé), et **essor de la pratique sportive** (prévention des blessures, semelles pour coureurs). Les zones rurales et les villes moyennes manquent souvent de praticiens, alors que les grandes métropoles sont plus concurrentielles. Le principal enjeu n'est donc pas de trouver du travail mais de **réussir son installation** : trouver le bon emplacement, se constituer une patientèle et gérer un cabinet comme une petite entreprise. Les postes salariés (hôpital, EHPAD, centres de santé) restent rares et moins bien rémunérés, mais offrent un cadre plus sécurisant pour débuter.