Pendant l'internat, un interne en ORL gagne environ 1 700 à 2 600 € brut par mois selon l'ancienneté, gardes comprises. Une fois installé, un praticien hospitalier débute autour de 4 500 € brut mensuel et atteint environ 9 200 € en fin de carrière, primes et gardes incluses. En libéral, la rémunération dépend du volume d'activité, de la part de chirurgie et du secteur d'exercice : beaucoup d'ORL sont en secteur 2 (honoraires libres), ce qui tire les revenus vers le haut — le revenu médian de la spécialité est souvent estimé autour de 8 000 € brut par mois, avec des écarts importants. Attention : en libéral, il faut déduire les charges de cabinet et les cotisations (URSSAF, CARMF), qui représentent couramment 45 à 55 % des honoraires encaissés.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Compter environ 12 ans d'études après le bac. Au lycée, les spécialités scientifiques (physique-chimie, SVT, mathématiques) sont vivement conseillées. On entre ensuite via Parcoursup en PASS (parcours d'accès spécifique santé) ou en L.AS (licence avec option accès santé) ; la sélection en fin de 1re année est très exigeante. Suivent le 2e cycle des études de médecine jusqu'au DFASM et les épreuves nationales de fin de 2e cycle (EDN), qui déterminent le choix de la spécialité : l'ORL est une spécialité chirurgicale recherchée, avec seulement une centaine de postes ouverts chaque année en France (86 pour la session 2025/2026). Vient enfin l'internat : le DES d'oto-rhino-laryngologie et chirurgie cervico-faciale dure 12 semestres (6 ans), organisé en phase socle, phase d'approfondissement puis phase de consolidation en tant que docteur junior. La thèse d'exercice donne le diplôme d'État de docteur en médecine, et l'inscription à l'Ordre des médecins autorise à exercer. Beaucoup complètent leur formation par des DIU (audiologie, chirurgie plastique de la face, cancérologie cervico-faciale, sommeil) ou une FST (formation spécialisée transversale).
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Une journée d'ORL, c'est presque toujours deux métiers en un. En consultation, le ou la spécialiste examine l'oreille à l'otoscope ou au microscope, explore les fosses nasales et le larynx à l'endoscope (une caméra fine passée par le nez), fait passer des tests d'audition (audiogramme, tympanométrie) et des tests d'équilibre quand un patient a des vertiges. Il interroge, palpe le cou et la thyroïde, lit des scanners et des IRM, pose un diagnostic puis prescrit : traitement médicamenteux, appareillage auditif à faire régler par un audioprothésiste, rééducation avec un orthophoniste, ou opération.
Au bloc opératoire, l'ORL enchaîne des gestes très variés : pose de « diabolos » (petits drains) dans les oreilles d'enfants qui font des otites à répétition, ablation des amygdales ou des végétations, chirurgie des sinus, redressement d'une cloison nasale, chirurgie de la thyroïde, pose d'implants cochléaires pour rendre l'audition à des personnes sourdes, ou encore retrait de tumeurs du cou et de la gorge. Beaucoup de ces interventions se font sous microscope ou sous endoscope, avec des instruments millimétriques : la précision du geste compte autant que le raisonnement médical.
En France, on compte environ 2 300 ORL — c'est une spécialité peu nombreuse, ce qui explique des délais de rendez-vous longs. La majorité exerce en libéral, dans un cabinet de ville souvent couplé à une activité opératoire en clinique. Les autres travaillent à l'hôpital public ou au CHU, où s'ajoutent les gardes, les urgences (corps étranger avalé, épistaxis, traumatisme facial) et parfois l'enseignement et la recherche. Beaucoup de jeunes ORL combinent aujourd'hui un temps partiel hospitalier et une activité libérale.
Les horaires sont chargés et variables : consultations à la chaîne certains jours, blocs opératoires d'une demi-journée ou d'une journée entière les autres. L'effort physique est réel — rester debout et penché sur un microscope pendant plusieurs heures, avec une grande concentration. Le télétravail est quasi impossible : l'examen ORL suppose du matériel et un contact direct avec le patient.
La spécialité est assez large pour qu'on s'y crée un profil très personnel : otologie et implants auditifs, rhinologie et chirurgie des sinus, cancérologie cervico-faciale, chirurgie plastique de la face, phoniatrie (la voix, précieuse pour les chanteurs et les enseignants), ORL pédiatrique, ou encore troubles du sommeil et apnées. Un ORL peut ouvrir ou reprendre un cabinet, devenir associé en clinique, prendre la tête d'un service hospitalier, ou s'orienter vers la carrière hospitalo-universitaire (chef de clinique, puis professeur des universités - praticien hospitalier) pour enseigner et faire de la recherche. D'autres bifurquent vers l'expertise médicale, la médecine du travail auditive, l'humanitaire (missions chirurgicales), ou l'innovation médicale avec les fabricants d'implants et de dispositifs auditifs.
Le marché est très porteur, pour une raison simple : les ORL sont peu nombreux et de moins en moins nombreux. Au 1er janvier 2025, la France comptait 2 345 ORL contre 2 425 un an plus tôt, avec 200 départs pour seulement 120 nouvelles inscriptions. Environ un quart de la profession a 60 ans ou plus, et la DREES anticipe une décroissance des effectifs au moins jusqu'en 2029. Résultat : les délais de rendez-vous s'allongent (environ +3 semaines entre 2019 et 2024) et la demande de soins augmente avec le vieillissement de la population, les troubles de l'audition, les apnées du sommeil et les cancers ORL. Un jeune diplômé n'a aucune difficulté à s'installer ou à trouver un poste hospitalier, y compris dans les grandes villes. Le vrai goulot d'étranglement est en amont : décrocher l'un des ~86 postes d'internat ouverts chaque année.