Pendant l'internat, la rémunération va d'environ 1 500 € net par mois en début d'internat à plus de 2 500 € en docteur junior, gardes comprises. À l'hôpital public, la grille de praticien hospitalier démarre autour de 4 600 € brut par mois au 1er échelon et atteint environ 9 400 € brut en fin de carrière (13e échelon), auxquels s'ajoutent les gardes, astreintes et primes (souvent 15 à 25 % de plus). En libéral ou en centre de dialyse privé, les revenus sont nettement plus élevés — les néphrologues figurent parmi les spécialistes les mieux rémunérés — et dépendent du volume de patientèle, du secteur de conventionnement et de l'activité de dialyse. Beaucoup cumulent activité hospitalière et activité libérale.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Compter environ 10 à 11 ans d'études après le bac. Le parcours type : bac général (idéalement spécialités physique-chimie et SVT, avec maths complémentaires), puis PASS ou L.AS via Parcoursup pour entrer en études de médecine. Suivent 3 ans de premier cycle (DFGSM), 3 ans de deuxième cycle (DFASM, l'externat avec stages hospitaliers rémunérés), puis les épreuves nationales d'accès au troisième cycle qui permettent de choisir la spécialité selon le classement. L'internat de néphrologie dure 4 ans, organisé en trois phases (socle, approfondissement, consolidation en tant que docteur junior), et débouche sur le DES de néphrologie et le diplôme d'État de docteur en médecine, obtenu après soutenance d'une thèse. La spécialité forme à la néphrologie clinique, à l'hémodialyse et à la dialyse péritonéale, à la transplantation rénale et à la prise en charge des urgences rénales. Il est possible de compléter par une FST (formation spécialisée transversale), des DU/DIU (transplantation, dialyse, échographie, réanimation) ou un master 2 et une thèse de sciences pour une carrière hospitalo-universitaire.
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Le néphrologue reçoit des patients dont les reins fonctionnent mal : insuffisance rénale aiguë ou chronique, maladies glomérulaires, hypertension artérielle sévère, calculs rénaux, troubles du sodium ou du potassium, maladies héréditaires comme la polykystose. Sa journée alterne entre consultations, visites dans le service d'hospitalisation, interprétation de bilans biologiques et d'imageries, et gestes techniques : ponction-biopsie rénale, pose de cathéters, échographie du rein.
Une grande partie de son activité tourne autour de la dialyse. Il prescrit et adapte les séances d'hémodialyse ou de dialyse péritonéale, surveille la tolérance des patients, gère les complications, et prépare avec eux les décisions importantes — commencer une dialyse, s'orienter vers une greffe, choisir un traitement à domicile. Le néphrologue assure aussi le suivi des personnes transplantées : réglage des immunosuppresseurs, dépistage des rejets, prévention des infections.
Parce que le rein est en lien avec presque tout le corps, ce médecin travaille rarement seul : il échange en permanence avec des cardiologues, des diabétologues, des réanimateurs, des chirurgiens urologues, des infirmiers de dialyse, des diététiciens et des psychologues. À l'hôpital universitaire, il consacre aussi du temps à la recherche clinique et à la formation des internes et des externes.
La majorité des néphrologues exercent à l'hôpital public ou en établissement privé, souvent avec une activité répartie entre un service, un centre de dialyse et des consultations. Les centres de dialyse fonctionnent en horaires étendus (souvent de 7h30 à 20h, du lundi au samedi, parfois le dimanche), ce qui donne un rythme variable, complété par des gardes et des astreintes. En libéral, le néphrologue peut partager son temps entre plusieurs sites et gérer sa patientèle plus librement, mais avec une charge d'organisation en plus.
Le métier est peu physique — on est surtout debout et en déplacement dans les services — mais il est exigeant mentalement : annoncer une maladie chronique, accompagner des patients dialysés trois fois par semaine pendant des années, gérer des urgences vitales. Le télétravail reste marginal : la téléconsultation de suivi et la télésurveillance des patients dialysés à domicile se développent, mais l'essentiel du travail se fait au contact des patients.
Après quelques années, on peut se spécialiser : transplantation rénale, néphrologie pédiatrique, réanimation néphrologique, dialyse à domicile, néphrologie interventionnelle, ou maladies rares du rein. À l'hôpital, l'évolution passe par les fonctions de chef de service, de chef de pôle ou de responsable d'unité de dialyse ; à l'université, par une carrière hospitalo-universitaire (MCU-PH puis PU-PH) associant soins, enseignement et recherche.
D'autres voies existent : diriger un établissement ou un réseau de centres de dialyse, s'orienter vers la recherche clinique et l'industrie pharmaceutique, la santé publique, l'expertise auprès d'agences sanitaires, ou la coordination de projets en santé. Beaucoup de néphrologues combinent aussi une activité hospitalière et une activité libérale.
La demande dépasse largement l'offre. Le nombre de personnes atteintes de maladie rénale chronique augmente avec le vieillissement de la population, le diabète et l'hypertension, alors que le nombre de néphrologues formés reste limité (estimation d'un besoin d'environ 65 néphrologues supplémentaires par an). Résultat : les postes hospitaliers sont nombreux et les jeunes diplômés trouvent un emploi très rapidement, avec un fort pouvoir de négociation. Les besoins sont particulièrement importants en Outre-mer, en Île-de-France, en Bretagne, ainsi qu'en Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes, régions qui concentrent aussi beaucoup de structures de dialyse. Le développement de la dialyse à domicile, de la télésurveillance et de la transplantation ouvre de nouveaux modes d'exercice.