En début de carrière, un mécanicien structure avion gagne entre 1 800 € et 2 100 € brut par mois (environ 1 450 € à 1 650 € net). Après 5 à 10 ans d'expérience, la rémunération se situe généralement entre 2 500 € et 3 200 € brut, et peut dépasser 3 500 € pour un profil très spécialisé (composites, CND) ou un chef d'équipe. S'ajoutent souvent des primes significatives : horaires décalés, travail de nuit ou de week-end, primes de déplacement en cas de mission sur site client, ainsi que l'intéressement et la participation, fréquents chez les grands constructeurs.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie royale est le bac pro Aéronautique option structure, préparé en 3 ans après la 3e (statut scolaire ou apprentissage), avec 20 semaines de stage en entreprise. Avant lui, le CAP Aéronautique option structure (2 ans) permet une entrée rapide dans le métier comme opérateur, avec possibilité d'enchaîner sur le bac pro. Les formations sont dispensées dans des lycées professionnels partenaires de la filière, des CFA spécialisés (AFMAé - CFA des métiers de l'aérien, Lycée Airbus à Toulouse, pôles formation UIMM) et à l'AFPA pour les adultes en reconversion. Après le bac pro, le BTS Aéronautique en alternance ouvre les postes de technicien supérieur (méthodes, contrôle, support). L'armée de l'Air et de l'Espace forme aussi ses propres mécaniciens structure, avec des diplômes reconnus dans le civil. Les passerelles depuis la chaudronnerie industrielle ou la carrosserie sont fréquentes, moyennant une formation d'adaptation aux normes aéronautiques.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent par une inspection : le mécanicien structure avion examine une zone de l'appareil (fuselage, voilure, empennage, porte, nacelle moteur) pour repérer et évaluer des dommages — impact, corrosion, fissure, délaminage d'un composite. Il mesure, cartographie le défaut et le compare aux limites autorisées par le manuel du constructeur (SRM, *Structural Repair Manual*).
Vient ensuite la réparation. Il dépose les éléments abîmés, découpe la zone endommagée, fabrique ou adapte la pièce de remplacement : traçage, formage de tôle, perçage, alésage, ajustage au dixième de millimètre. Puis il assemble — rivetage, boulonnage, collage structural, stratification pour les pièces en carbone ou en fibre de verre. Chaque geste suit une procédure écrite, et chaque opération est tracée : numéro de pièce, lot, outillage, contrôle. En aéronautique, ce qui n'est pas écrit n'existe pas.
On exerce ce métier en atelier, en hangar de maintenance, sur une chaîne d'assemblage ou parfois directement sur piste. Les employeurs : constructeurs et équipementiers (Airbus, Dassault, Safran, ATR et leurs sous-traitants), compagnies aériennes, ateliers de maintenance agréés Part-145, mais aussi l'armée de l'Air et de l'Espace ou la Marine.
Le travail est debout, avec des postures parfois contraignantes (travail en hauteur sur échafaudage, accès dans des zones étroites du fuselage), du bruit et le port d'équipements de protection. Les horaires varient beaucoup : plutôt réguliers en atelier ou en production, souvent en 2x8 ou 3x8, la nuit et le week-end en maintenance en ligne, parce qu'un avion se répare quand il ne vole pas. Le télétravail est impossible : le métier se fait à côté de l'appareil.
Après quelques années, on peut se spécialiser (composites, contrôle non destructif, traitement de surface, réparations complexes sur avions de ligne), devenir contrôleur qualité, technicien méthodes ou préparateur de chantier. L'encadrement est une voie classique : chef d'équipe, puis responsable d'atelier ou de chaîne. Avec un BTS aéronautique en alternance ou une licence pro, on accède aux fonctions de technicien support, de bureau des méthodes ou de gestionnaire de navigabilité. Les compétences sont aussi transférables vers le ferroviaire, le naval, le spatial ou la course automobile, tous friands de spécialistes des matériaux composites.
La filière aérospatiale française emploie plus de 230 000 personnes et prévoit autour de 20 000 à 25 000 recrutements par an. Les métiers d'ouvriers et de techniciens qualifiés (bac pro, BTS) sont parmi les plus en tension : les entreprises peinent à recruter, et former un professionnel de l'aérostructure opérationnel demande 2 à 3 ans. À cela s'ajoutent de nombreux départs à la retraite d'ici 2030 et la montée en cadence des chaînes d'assemblage. Les bassins d'emploi principaux sont Toulouse et l'Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine (Bordeaux), le Grand Ouest (Nantes, Saint-Nazaire), la région parisienne (Roissy, Le Bourget) et les Hauts-de-France. Beaucoup de premiers contrats passent par l'intérim ou la sous-traitance avant une embauche en CDI.