Débutant salarié (haras, centre équestre, entreprise de maréchalerie) : autour du SMIC, soit environ 1 800 € brut par mois. En apprentissage : 600 à 1 000 € brut selon l'âge et l'année. À son compte, la rémunération dépend du nombre de chevaux ferrés : une ferrure complète se facture généralement entre 80 et 130 €, un parage moins. Un indépendant confirmé avec une clientèle installée dégage couramment 2 500 à 3 500 € net mensuels, et les spécialistes (courses, orthopédie, concours) peuvent aller nettement au-delà. À déduire toutefois : véhicule, carburant, fers, outillage et charges sociales, qui pèsent lourd dans le budget.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie principale est le CAPa maréchal-ferrant (CAP agricole, 2 ans après la 3ᵉ, très souvent en apprentissage), préparé en lycée agricole, en CFA ou en MFR. Le CTM maréchal-ferrant (Certificat technique des métiers, délivré par les Chambres de métiers, 1 à 3 ans en apprentissage) est une alternative de même niveau, accessible après la 3ᵉ ou après un CAP. La très grande majorité des diplômés (environ 80 %) enchaînent ensuite sur le BTM maréchal-ferrant (niveau bac), qui approfondit l'orthopédie, la santé du pied et la gestion d'entreprise, et constitue en pratique le vrai passeport pour s'installer. La reconversion adulte est fréquente : plusieurs centres (Institut de Genech, CFA du Comminges, Agri'Pôle Saint-Hilaire, AgriCampus Laval…) proposent le CAPa en formation continue. Attention : la maréchalerie étant une activité artisanale réglementée, un diplôme est obligatoire pour exercer à son compte.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Chaque cheval doit être déferré, paré et referré toutes les 5 à 8 semaines environ : le maréchal-ferrant enchaîne donc les rendez-vous, souvent 5 à 10 chevaux par jour, chez des particuliers, en centre équestre, en écurie de course ou en haras. Sur place, il commence par retirer l'ancien fer, puis il pare le sabot — il retire l'excès de corne, exactement comme on coupe un ongle — pour rétablir l'aplomb de l'animal. Il choisit ensuite un fer, le chauffe dans sa forge portative et le façonne à l'enclume jusqu'à ce qu'il épouse parfaitement le pied, avant de le clouer ou de le coller.
Une partie du métier relève du soin : en lien avec le vétérinaire ou l'ostéopathe équin, il pose des ferrures orthopédiques ou thérapeutiques pour corriger une boiterie, soulager une fourbure ou compenser un défaut d'aplomb. Il conseille aussi les propriétaires sur l'entretien des pieds et repère les premiers signes de pathologie. Certains professionnels travaillent également sur les bovins (parage d'onglons) ou pratiquent le parage « pieds nus », sans ferrure.
Le métier est itinérant : le maréchal-ferrant roule beaucoup, son camion-atelier équipé d'une forge et d'une enclume lui sert de lieu de travail. Le permis B et un véhicule sont indispensables. Les journées sont physiques — dos courbé, jambe du cheval calée entre les cuisses, port de charges, chaleur de la forge — et le mal de dos est la blessure professionnelle la plus courante. Il faut aussi savoir rester calme : un cheval nerveux peut donner un coup de pied, et c'est au professionnel de le rassurer.
Les horaires suivent les clients : on travaille beaucoup en extérieur, parfois tôt, parfois le samedi, avec des pics avant les concours. La très grande majorité des maréchaux-ferrants sont indépendants ou artisans — les entreprises du secteur sont presque toutes unipersonnelles. La maréchalerie est une activité artisanale réglementée : on ne peut pas l'exercer sans diplôme.
Après le CAPa, la suite logique est le BTM maréchal-ferrant (niveau bac), qui ouvre à l'orthopédie équine, à l'encadrement d'un atelier et à la gestion d'entreprise. On peut ensuite se spécialiser : ferrure de course ou de compétition, ferrure orthopédique sur prescription vétérinaire, parage physiologique, chevaux de trait. D'autres deviennent formateurs en CFA ou en lycée agricole, développent une entreprise avec des salariés et des apprentis, ou rejoignent une structure d'État (Garde républicaine, armée, haras nationaux). Les compétences de forge permettent aussi des passerelles vers la ferronnerie d'art ou la métallerie.
La maréchalerie est un métier en tension : les professionnels sont peu nombreux (quelques milliers en France) face à une filière équine importante — centres équestres, écuries de propriétaires, courses, élevages. Les diplômés trouvent facilement du travail, mais presque toujours sous statut indépendant : peu de structures équestres ont les moyens d'embaucher un maréchal-ferrant salarié. Le début de carrière passe souvent par un compagnonnage auprès d'un maréchal installé, le temps de se constituer une clientèle. Les spécialisations recherchées (ferrure de course, ferrure orthopédique sur prescription vétérinaire) sécurisent nettement l'activité.