C'est l'un des métiers d'ingénieur les mieux payés en sortie d'école. Un débutant démarre autour de 45 000 à 55 000 € brut par an (soit environ 3 800 à 4 600 € brut par mois). Après 2 à 5 ans, la fourchette monte à 55 000-75 000 €, et un senior ou superviseur de forage atteint 75 000 à 110 000 € (6 200 à 9 000 € brut mensuels). Un drilling manager très expérimenté peut dépasser 150 000 €. À cela s'ajoutent des primes de site ou d'offshore (20 à 40 % du salaire) et, en expatriation, des packages incluant logement, véhicule et scolarité des enfants. En consultant indépendant, les tarifs journaliers vont de 1 200 à 2 000 €. Les postes en géothermie ou en stockage de CO2 en France sont un peu moins rémunérateurs que l'offshore pétrolier.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible à partir de bac+5 : diplôme d'ingénieur ou master. Deux grandes voies. 1) Une école d'ingénieurs généraliste ou spécialisée (mécanique, énergétique, géosciences) après une classe préparatoire scientifique ou une prépa intégrée, puis une spécialisation. 2) Une école de géosciences comme l'ENSG Nancy (École nationale supérieure de géologie), qui propose des options géosciences pétrolières, ingénierie réservoir et hydrodynamique, géothermie. La voie royale reste ensuite l'IFP School (École nationale supérieure du pétrole et des moteurs, à Rueil-Malmaison) : son programme « Développement et exploitation des gisements » (désormais enseigné en anglais sous le nom Petroleum Engineering and Project Development) se fait en 16 mois après un bac+5, souvent en apprentissage, et couvre les trois filières réservoir, forage et production. Un master Sciences de la Terre / géoressources / énergie peut aussi mener au métier, en général complété par une spécialisation. L'anglais courant est indispensable : les études techniques, les logiciels et les équipes sont internationaux.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Une fois que les géologues et les géophysiciens ont repéré un gisement (pétrole, gaz, eau géothermale, saumure...), c'est à l'ingénieur d'exploitation de gisements de dire comment on va l'exploiter. Concrètement, il modélise le réservoir sur ordinateur pour estimer ce qu'on peut en tirer, décide du nombre de puits, de leur emplacement et de leur trajectoire (les forages modernes sont rarement verticaux : ils peuvent partir à l'horizontale sur plusieurs kilomètres). Il rédige ensuite le programme de forage : outils, boues de forage, tubages, cimentation, planning et budget.
Sur le terrain, il suit les opérations en temps réel avec les équipes de la plateforme : il interprète les données remontées du puits, ajuste les paramètres, résout les incidents (venue de gaz, coincement d'outil, perte de circulation) et valide chaque étape. Il travaille en permanence avec des géologues, des foreurs, des ingénieurs procédés, des services HSE et des sous-traitants — souvent en anglais, souvent avec des équipes de plusieurs nationalités.
Le métier se partage entre un bureau d'études (modélisation, simulations, rapports) et le terrain : chantiers à terre, plateformes offshore, sites géothermiques. Les missions sur site se font souvent en rotations (par exemple 4 semaines sur la plateforme / 4 semaines de repos), avec des journées longues et un rythme continu, jour et nuit. L'expatriation ou les déplacements internationaux font partie du jeu : Afrique, Moyen-Orient, mer du Nord, Amérique du Sud.
La sécurité structure tout : un puits mal maîtrisé peut provoquer une éruption (« blow-out »). L'ingénieur applique et fait appliquer des procédures très strictes, et doit lui-même être certifié en contrôle de puits. La part de bureau se prête au télétravail, mais les phases de forage demandent d'être présent.
On se spécialise vite dans l'une des trois grandes filières du métier : réservoir (modélisation et optimisation de la production), forage/complétion (construction des puits) ou production (installations de surface). Après quelques années, on devient superviseur de forage, chef de projet, puis drilling manager ou responsable d'exploitation. Certains passent consultants indépendants, très bien payés en mission.
Surtout, ces compétences se transposent aujourd'hui vers les énergies bas carbone : géothermie profonde (le plan France 2030 vise une centaine de projets d'ici 2030), stockage géologique du CO2, stockage souterrain de gaz et d'hydrogène, hydrogène naturel. C'est même là que se trouve une bonne partie des recrutements français, chez TotalEnergies, Storengy, SLB, ou dans les bureaux d'études géothermiques.
Il n'y a plus de production pétrolière significative en France : les postes sont soit à l'international (Afrique, Moyen-Orient, mer du Nord, Amérique latine), soit dans les sièges et bureaux d'études français des grands groupes et parapétroliers (TotalEnergies, SLB, Vallourec, Technip Energies, Storengy). Les promotions sont peu nombreuses et les diplômés très recherchés, ce qui maintient un bon taux d'insertion. Le secteur est cependant cyclique : il suit le prix du baril et les décisions d'investissement, avec des vagues d'embauche puis des périodes de gel. La vraie dynamique actuelle vient de la transition énergétique : géothermie profonde (objectif d'une centaine de projets d'ici 2030 dans le cadre de France 2030), captage et stockage géologique du CO2, stockage souterrain de gaz et d'hydrogène. Ces filières emploient exactement les mêmes compétences de forage et de réservoir et recrutent activement. Se positionner tôt sur ces sujets est le meilleur moyen de sécuriser une carrière longue dans ce métier.