Dans le privé (bureaux d'études, énergie, mines), un débutant se situe généralement entre 2 500 et 3 000 € brut par mois, soit environ 31 000 à 36 000 € brut annuels. Avec 5 à 10 ans d'expérience, la fourchette monte à 4 000-6 000 € brut mensuels, et les salaires moyens relevés dans les grands groupes de l'énergie tournent autour de 55 000 à 58 000 € brut annuels. Dans la recherche publique, la grille est plus basse : l'ONISEP cite environ 2 300 € brut mensuels pour un maître de conférences débutant. Les missions à l'étranger et les campagnes offshore s'accompagnent souvent de primes de déplacement significatives.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier démarre à bac+5 : diplôme d'ingénieur ou master spécialisé. La voie la plus directe est le diplôme d'ingénieur de l'EOST (École et observatoire des sciences de la Terre, Strasbourg), seule école d'ingénieurs française entièrement dédiée à la géophysique, recrutée à bac+2 (CPGE, licence). L'ENSG Nancy (École nationale supérieure de géologie) forme des ingénieurs géologues avec des parcours proches. Côté université, le master mention Sciences de la Terre et des planètes, environnement propose des parcours géophysique (Paris Cité/IPGP, Grenoble, Toulouse, Strasbourg, Montpellier, Nantes...), après une licence Sciences de la Terre ou une licence Physique.
Parcours type : Bac général avec spécialités Mathématiques + Physique-chimie (ou SVT) → CPGE BCPST/MP/PC ou licence Sciences de la Terre → école d'ingénieurs ou master → éventuellement doctorat. Pour la recherche publique et l'enseignement supérieur, le doctorat (bac+8) est la norme ; l'ONISEP situe d'ailleurs le métier à bac+8 dans sa version « recherche ». En bureau d'études et dans l'industrie, un bac+5 suffit largement pour être recruté.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le géophysicien ou la géophysicienne étudie les propriétés physiques de la Terre (et parfois d'autres planètes) pour comprendre ce qui se passe sous nos pieds. Concrètement, une partie du temps se passe sur le terrain : on installe des capteurs (géophones, magnétomètres, radars de sol), on déclenche des vibrations contrôlées, on enregistre la façon dont les ondes traversent les couches de roche. Le reste du temps se passe devant un ordinateur : traitement du signal, inversion des données, modélisation 3D du sous-sol avec des logiciels spécialisés, puis rédaction de rapports et de cartes pour le client ou l'équipe de recherche.
Selon l'employeur, le quotidien change beaucoup. En bureau d'études ou dans le BTP, on détecte des cavités, des réseaux enterrés ou on caractérise les sols avant de construire. Dans l'énergie, on cartographie des réservoirs géothermiques, des sites de stockage de CO₂ ou des gisements. Dans la recherche publique (CNRS, BRGM, IPGP, Ifremer, IRD), on développe de nouvelles méthodes d'exploration, on surveille les volcans et les séismes, et on publie des articles scientifiques.
Le métier alterne bureau, laboratoire et missions de terrain qui peuvent durer plusieurs jours à plusieurs semaines, parfois dans des conditions rudes (montagne, désert, haute mer, plateforme offshore). Les horaires suivent le rythme des campagnes de mesure : très réguliers au bureau, beaucoup plus élastiques en mission. Le télétravail est possible pour les phases de traitement de données, mais pas pendant les campagnes. Les déplacements, y compris à l'étranger, sont fréquents — et l'anglais est indispensable, à l'écrit comme à l'oral. C'est un travail d'équipe : on collabore en permanence avec des géologues, des ingénieurs de gisement, des géotechniciens et des informaticiens.
Après quelques années, on peut se spécialiser (sismique, gravimétrie, électromagnétisme, géophysique marine, géophysique appliquée à l'archéologie) ou prendre en charge la coordination de projets et d'équipes : chef de projet R&D, responsable d'études, expert technique. Dans l'industrie, le passage vers l'ingénierie géotechnique, la géologie de réservoir ou le management de bureau d'études est courant. Avec un doctorat, la voie de la recherche s'ouvre : chargé de recherche, enseignant-chercheur, responsable d'observatoire. Certains créent leur propre bureau d'études en géophysique appliquée, un marché porté depuis 2019 par l'obligation de cartographier les réseaux enterrés.
Le métier est de niche (les promotions sont petites : quelques dizaines de diplômés par an en France), mais la demande se renouvelle. Le pétrole recrute moins qu'avant, tandis que trois marchés tirent l'emploi vers le haut : la **géothermie profonde**, le **stockage géologique du CO₂** et l'**exploration de ressources critiques** (lithium, métaux de la transition). S'y ajoute la géophysique appliquée au génie civil, dopée depuis 2019 par l'obligation réglementaire de cartographier précisément les réseaux enterrés avant travaux. Les employeurs types : bureaux d'études (Fugro, CPGF, Ginger, Antea), BRGM, TotalEnergies, Orano, Arverne, laboratoires du CNRS et des universités, IPGP, Ifremer. Une expérience internationale reste très valorisée dans le secteur de l'énergie.