Salarié, un ferrailleur-récupérateur démarre autour du SMIC (environ 1 800 € brut/mois) et se situe généralement entre 1 600 et 2 200 € brut selon les sources spécialisées, jusqu'à 2 500-2 800 € brut avec de l'expérience, des CACES et des responsabilités de parc. S'y ajoutent souvent primes de panier, indemnités de trajet et heures supplémentaires. À son compte, le revenu dépend directement du volume collecté et surtout du cours des métaux, très volatil : le cuivre et l'inox peuvent faire varier fortement la marge d'un mois à l'autre. Attention à ne pas confondre avec le « ferrailleur du BTP » (pose d'armatures en béton armé), dont les grilles de salaire relèvent de la convention du bâtiment et sont souvent plus élevées.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible sans diplôme : la formation se fait surtout sur le tas, auprès d'un professionnel expérimenté, et la connaissance des métaux s'acquiert par la pratique. C'est l'une des voies d'entrée les plus ouvertes de la filière déchets.
Pour se former ou se professionnaliser, plusieurs parcours existent : le CAP Valorisation des matières et propreté des espaces urbains (qui remplace depuis la rentrée 2025 le CAP Propreté de l'environnement urbain — collecte et recyclage), le Titre professionnel Agent technique de réception et de valorisation de déchets (niveau 3, proposé par l'AFPA et de nombreux organismes), ou encore un CAP technique (métallurgie, mécanique, conduite d'engins) qui facilite l'embauche.
Pour aller plus loin dans la filière : Bac pro Hygiène, propreté, stérilisation ou Bac pro Gestion des pollutions et protection de l'environnement, puis BTS Métiers des services à l'environnement, qui ouvrent sur des postes d'encadrement en centre de recyclage.
Pour s'installer à son compte, aucun diplôme n'est exigé, mais il faut s'immatriculer (guichet unique des entreprises), tenir un livre de police, respecter l'interdiction du paiement en espèces et vérifier les obligations ICPE liées au site de stockage. Budget de départ estimé autour de 7 500 € (véhicule utilitaire d'occasion, matériel, trésorerie).
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée commence souvent au volant d'un camion ou d'une camionnette : le ferrailleur passe chez des particuliers, des artisans, des garages, des entreprises ou des chantiers de démolition pour enlever des métaux dont ils veulent se débarrasser. Il les rachète (au poids, selon le cours du jour) ou les récupère gratuitement, les charge, puis les ramène sur son site.
Vient ensuite le tri, le cœur du métier. Il faut savoir reconnaître un métal ferreux d'un non-ferreux, distinguer le cuivre du laiton, l'inox de l'aluminium, le zinc du plomb — parfois à l'œil, à l'aimant ou au bruit. Chaque matière a un prix très différent : le cuivre peut valoir dix à vingt fois plus que la ferraille ordinaire. Le professionnel démonte, découpe au chalumeau ou à la disqueuse, dénude les câbles, sépare les moteurs électriques, pèse, conditionne en bennes ou en balles, puis revend le tout à des fonderies, aciéries ou centres de recyclage.
À cela s'ajoute une part administrative incontournable : depuis la loi de 2011, tout achat de métaux doit être consigné dans un livre de police (identité du vendeur, nature et poids des objets, prix, mode de paiement) et le paiement en espèces est interdit — chèque, virement ou carte uniquement. Cette traçabilité sert à lutter contre le recel de métaux volés.
On travaille surtout dehors ou sous hangar, sur un parc à ferraille, quelle que soit la météo. Le métier est physique : port de charges, manutention, découpe, poussière, bruit, risques de coupure et d'écrasement. Les équipements de protection (gants, chaussures de sécurité, lunettes, casque) sont obligatoires et la conduite d'engins (chargeuse, chariot, grue à grappin) demande une autorisation de l'employeur, généralement appuyée sur un CACES.
Les horaires sont variables : tournées de collecte tôt le matin, chargements selon les rendez-vous clients, activité qui suit le rythme des chantiers. Le télétravail n'existe pas. Beaucoup de ferrailleurs sont salariés dans des entreprises de recyclage (Derichebourg, Galloo, Paprec, Suez, ainsi que de nombreuses PME familiales), d'autres travaillent à leur compte. Dans ce cas, il faut s'immatriculer via le guichet unique, tenir une comptabilité rigoureuse, souscrire des assurances, et — si le site de stockage dépasse certains seuils — obtenir une autorisation préfectorale au titre des installations classées (ICPE).
Avec de l'expérience, on peut se spécialiser sur les métaux à forte valeur (cuivre, inox, métaux précieux issus de l'électronique), devenir conducteur d'engins de manutention, chef d'équipe de tri, responsable de parc ou de centre de recyclage. Le passage à l'indépendance est fréquent : ouvrir sa propre cour de récupération, développer une activité de négoce ou de déconstruction automobile (centre VHU agréé).
D'autres évoluent vers les métiers plus techniques de la filière déchets — agent de déchèterie, technicien de valorisation, responsable QSE — en passant par un titre professionnel ou un BTS. Le secteur de l'économie circulaire étant en croissance, les compétences acquises se transfèrent facilement vers la démolition, le BTP, la logistique ou la gestion des déchets industriels.
La filière du recyclage est portée par l'économie circulaire, les objectifs européens de valorisation des matières et le prix des matières premières : recycler l'acier ou l'aluminium coûte bien moins d'énergie que de les produire à partir de minerai. FEDEREC, la fédération professionnelle du secteur, fédère environ 1 300 établissements, de la micro-entreprise aux grands groupes (Derichebourg, Galloo, Paprec, Veolia, Suez), répartis sur tout le territoire. Les offres d'emploi sont régulières pour les trieurs de métaux, chalumistes, conducteurs de chargeuse et chauffeurs-collecteurs, avec des difficultés de recrutement liées à la pénibilité et au manque de candidats formés — ce qui joue en faveur des débutants motivés. L'activité reste toutefois sensible à la conjoncture industrielle et aux cours mondiaux des métaux, et le cadre réglementaire (traçabilité, ICPE, lutte contre le vol de métaux) se durcit régulièrement.