Eleveur / Eleveuse de porcins

Éleveuse de porcins
À partir du CAP / BEP Emploi : Favorable
Voir une vidéo
Eleveur / Eleveuse de porcins
Zoe Richardson / Unsplash
Salaire net ~1 443 – 2 496 €/mois
Télétravail Non
Horaires Variable

Aperçu rapide

L'éleveur de porcins s'occupe des truies, des porcelets et des porcs charcutiers, de la naissance jusqu'au départ de l'élevage : alimentation, soins, reproduction, hygiène des bâtiments. C'est un métier de terrain, très concret, où l'on observe les animaux au quotidien et où l'on pilote aussi un vrai atelier de production avec ses chiffres et ses équipements high-tech. La filière manque de bras : c'est l'un des rares métiers où l'on peut être embauché en CDI très vite, même avec un CAP.

Combien ça paye ?

Début de carrière
1 443 €
net / mois
≈ 1,0 SMIC
1 850 € brut
Expérimenté
2 496 €
net / mois
≈ 1,7 SMIC
3 200 € brut

Un agent d'élevage débutant démarre autour du SMIC agricole (environ 1 800 à 1 950 € brut par mois), souvent complété par des primes d'astreinte, de week-end et parfois un logement. Après quelques années et une spécialisation (maternité, insémination), on atteint 2 100 à 2 500 € brut. Un responsable ou chef d'élevage encadrant une équipe se situe entre 2 600 et 3 200 € brut. Pour un exploitant installé, il ne s'agit plus d'un salaire mais d'un revenu très variable, fortement dépendant du cours du porc et du prix de l'aliment : il peut être proche de zéro une mauvaise année et dépasser nettement 3 500 € par mois sur un exercice favorable.

Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.

Comment y accéder ?

À partir du CAP / BEP
Diplôme de référence : CAP agricole Métiers de l'agriculture (support élevage)

Le métier est accessible dès le CAP agricole Métiers de l'agriculture (2 ans après la 3e), voire sans diplôme avec une expérience en élevage — la filière recrute et forme sur le tas. Pour prendre des responsabilités, le Bac pro CGEA (Conduite et gestion de l'entreprise agricole) est la voie royale : il donne aussi la capacité professionnelle agricole, nécessaire pour demander les aides à l'installation (DJA). Le BP REA joue le même rôle en apprentissage ou en formation continue pour adultes.

Pour se spécialiser vraiment sur le porc, deux formations courtes se détachent : le CS (certificat de spécialisation) Conduite d'un élevage porcin, préparé en 1 an après un Bac pro, un BP ou un BTSA, et le CQP Salarié qualifié en production porcine (340 h en centre + 640 h en entreprise), créé en 2023 avec l'ANEFA Bretagne et les groupements de producteurs pour répondre à la pénurie de main-d'œuvre — une bonne porte d'entrée en reconversion.

À Bac+2, le BTSA Productions animales ouvre les postes de responsable d'élevage, de technicien de groupement ou de conseiller. Des lycées et CFA spécialisés (Le Nivot dans le Finistère, CFMA, MFR de l'Ouest) proposent ces cursus en alternance, souvent avec une embauche à la clé.

Diplômes les plus adaptés

CAP
CAP agricole Métiers de l'agriculture (support élevage)
Bac
Bac pro Conduite et gestion de l'entreprise agricole (CGEA)
Autre
CS Conduite d'un élevage porcin
Bac+2
BTSA Productions animales

Diplômes envisageables

CQP
CQP Salarié qualifié en production porcine
Bac
BP Responsable d'entreprise agricole (BP REA)

Certifications et permis

Requis
Permis B Indispensable pour se rendre sur des exploitations isolées et pour les déplacements entre sites.
Atout
Capacité professionnelle agricole (CPA) Exigée pour s'installer comme exploitant avec les aides publiques (dotation jeune agriculteur).
Atout
Formation à l'insémination artificielle porcine Habilitation très recherchée pour intervenir en verraterie et détecter les chaleurs.
Atout
Certiphyto (certificat individuel produits phytopharmaceutiques) Nécessaire si l'exploitation cultive aussi les céréales destinées à l'alimentation du troupeau.
Atout
Certificat de compétence pour le transport d'animaux vivants (CCTROV) Utile pour convoyer soi-même les animaux vers l'abattoir ou entre sites.
Atout
Formation biosécurité en élevage porcin Obligatoire pour le référent biosécurité de l'exploitation, très valorisée sur un CV.
Tu cherches une alternance ?

Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.

Voir les offres

Compétences

Ce que tu apprendras à faire

Un plus Conduite d'engins agricoles
Indispensable Conduite d'élevage porcin (alimentation, sevrage, engraissement)
Indispensable Suivi de la reproduction et insémination artificielle
Indispensable Soins aux animaux et surveillance sanitaire (vaccination, protocoles vétérinaires)
Indispensable Application des règles de biosécurité et d'hygiène
Important Entretien des bâtiments et des équipements (ventilation, automates d'alimentation)
Important Gestion technico-économique et logiciels de suivi de troupeau (GTTT/GTE)

Les qualités qui comptent

Important Autonomie et sens des responsabilités
Indispensable Sens de l'observation
Indispensable Rigueur et respect des protocoles
Important Endurance physique
Un plus Calme et patience dans la manipulation des animaux

Le quotidien

À quoi ressemble une journée ? Activités, rythme, cadre

La journée commence tôt, souvent vers 7 h, par un tour des salles : l'éleveur observe chaque animal pour repérer ceux qui toussent, boitent ou ne mangent pas. Il distribue ou contrôle l'alimentation (aujourd'hui largement automatisée, avec des rations calculées selon l'âge et le stade physiologique), surveille l'eau, la ventilation et la température des bâtiments.

Selon l'atelier où il travaille, ses gestes changent. En verraterie, il détecte les chaleurs des truies et réalise les inséminations artificielles. En maternité, il assiste les mises bas, s'occupe des porcelets nouveau-nés (séchage, prise de colostrum, soins) puis du sevrage. En post-sevrage et engraissement, il suit la croissance, effectue les pesées, les tris et les départs vers l'abattoir. À cela s'ajoutent les soins sanitaires (vaccinations, traitements sous protocole vétérinaire), le lavage et la désinfection des salles entre deux bandes, et l'entretien courant du matériel.

Une partie du travail se fait aussi devant un écran : saisie des données dans le logiciel de gestion de troupeau (GTTT/GTE), suivi des indicateurs techniques (nombre de porcelets sevrés par truie, indice de consommation, taux de mortalité), traçabilité réglementaire. Quand il est chef d'exploitation, l'éleveur gère en plus les achats d'aliment, les relations avec le groupement de producteurs, le vétérinaire et la banque, et parfois les cultures céréalières qui nourrissent le troupeau.

Les conditions de travail

L'élevage porcin français est majoritairement « hors sol » : on travaille à l'intérieur de bâtiments fermés, chauffés et ventilés, ce qui protège des intempéries mais impose des odeurs, du bruit, de la poussière et le port systématique d'une tenue dédiée (combinaison, bottes, douche à l'entrée sur les sites les plus stricts). La biosécurité est une règle absolue : on ne rentre pas dans un élevage comme dans un hangar.

Le métier est physique — port de charges, manipulation d'animaux qui peuvent peser plus de 100 kg, postures accroupies, sols humides. Les horaires sont réguliers dans la semaine (souvent 35 à 40 h) mais avec des astreintes le week-end, en général 1 sur 3 ou 1 sur 4, et parfois des nuits de surveillance pendant les mises bas. Les élevages sont concentrés dans le Grand Ouest, en particulier en Bretagne, mais on en trouve dans toutes les régions. Le permis B est quasi indispensable : les exploitations sont rarement desservies par les transports en commun.

Télétravail Non
Horaires Variable
Effort physique Élevé
Environnement exploitation agricole, extérieur, bureau
Comment ça évolue ?

On entre souvent comme agent d'élevage, puis on se spécialise sur un atelier (maternité, engraissement) avant de devenir responsable d'un site, second d'exploitation puis chef d'élevage avec une équipe à encadrer. Beaucoup d'éleveurs salariés finissent par s'installer à leur compte, seuls ou en société (GAEC, EARL), en reprenant une exploitation existante — la filière cherche activement des repreneurs.

D'autres passerelles existent sans quitter le monde du porc : technicien de groupement ou conseiller d'élevage (Bac+2), technicien en insémination ou en sélection génétique, technico-commercial en nutrition animale, ou encore formateur en lycée agricole. Certains diversifient leur exploitation vers la transformation et la vente directe (charcuterie fermière), le bio ou le plein air, des créneaux en croissance.

Perspectives d'emploi

Favorable

La filière porcine française emploie environ 12 700 personnes dans les élevages (près de 6 700 non-salariés et 6 000 salariés) et peine à recruter : il faut en moyenne plus de trois mois pour pourvoir un poste. La Bretagne à elle seule publie environ 500 offres par an et accueille 40 à 50 installations de jeunes agriculteurs annuelles. Les formations liées au porc ont longtemps été boudées, ce qui crée aujourd'hui un vrai déséquilibre en faveur des candidats : CDI rapides, formation financée, possibilité d'évoluer vite. Les élevages se modernisent et s'agrandissent, ce qui augmente le besoin de main-d'œuvre qualifiée, capable de gérer capteurs, automates et données. Le principal point de vigilance reste la volatilité économique de la filière (cours du porc, coût de l'aliment, réglementation sur le bien-être animal et l'environnement) et la contestation sociétale de l'élevage intensif, qui pèse sur l'image du métier.

Documentation

Codes ROME

Appellations alternatives

Porcher / PorchèreAgent / Agente d'élevage porcinOuvrier / Ouvrière d'élevage en production porcineOuvrier / Ouvrière agricole polyvalente en élevage porcinÉleveur / Éleveuse de porcsÉleveur / Éleveuse en production porcineNaisseur-engraisseur / Naisseuse-engraisseuse porcinEngraisseur / Engraisseuse de porceletsChef / Cheffe d'élevage porcinResponsable d'élevage porcinChef / Cheffe de production agricole porcineChef / Cheffe d'exploitation agricole porcineConducteur / Conductrice d'atelier de production animale porcineÉleveur-sélectionneur / Éleveuse-sélectionneuse en production porcineExploitant éleveur / Exploitante éleveuse agricole de porcsProducteur / Productrice hors sol porcinRégisseur / Régisseuse d'exploitation agricole porcineSecond / Seconde d'exploitation porcineTechnicien spécialisé / Technicienne spécialisée en conduite d'élevage porcin

Liens utiles

Statuts professionnels

SalariéChef d'entrepriseIntérimaireApprenti / Alternant