En début de carrière, comptez environ 1 900 à 2 500 € brut par mois selon le diplôme (BTS ou école d'ingénieurs) et la taille de l'employeur. Après quelques années, la rémunération monte à 2 800 – 3 500 € brut, et dépasse 4 000 € pour les profils confirmés ou en position d'encadrement. Trois facteurs font bouger les curseurs : la région (Île-de-France, PACA et Auvergne-Rhône-Alpes paient plus, environ +15 % pour Paris), le type d'employeur (les grands groupes du BTP rémunèrent mieux que les petits cabinets) et la spécialisation — les économistes maîtrisant le BIM ou la RE2020 sont nettement mieux payés. En libéral, les revenus dépendent du carnet de commandes et de la réputation du cabinet.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
La voie royale est le BTS Management économique de la construction (MEC), qui a remplacé en 2023 le BTS Études et économie de la construction (EEC). Il se prépare en 2 ans après le bac, très souvent en alternance — une excellente porte d'entrée dans le BTP.
En amont, le Bac pro Technicien d'études du bâtiment option A : études et économie prépare directement à ce BTS. Les bacs généraux (spécialités maths, physique-chimie ou sciences de l'ingénieur) et le Bac STI2D mènent aussi très bien au BTS MEC ou au BUT Génie civil - construction durable.
Après le BTS, beaucoup poursuivent en licence professionnelle Métiers du BTP (parcours économie de la construction, BIM, conduite de travaux ou performance énergétique) pour accéder à des postes plus autonomes. Pour encadrer une équipe ou travailler dans un grand groupe (Vinci, Bouygues, Eiffage), le niveau bac+5 est souvent demandé : diplôme d'ingénieur (ESTP, INSA, ESITC, CESI, Polytech) ou master en génie civil.
L'alternance est massivement pratiquée dans ce secteur : c'est le meilleur moyen d'être opérationnel — et embauché — rapidement.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Tout commence par les plans. L'économiste de la construction les analyse, puis réalise le métré : mesurer les surfaces, les volumes, compter les portes, les mètres linéaires de cloisons, les mètres cubes de béton. Ce travail se fait de plus en plus directement sur la maquette numérique (BIM) avec des logiciels comme Attic+, Revit ou ArchiCAD.
Vient ensuite le chiffrage : à partir de ces quantités, il ou elle applique des prix unitaires, consulte des fournisseurs et des entreprises, compare les devis et négocie. Le résultat, c'est une estimation du coût global du projet, poste par poste. L'économiste rédige aussi les pièces écrites du dossier — notamment le CCTP (cahier des clauses techniques particulières), qui décrit précisément ce que chaque entreprise devra réaliser — et participe à l'analyse des offres lors des appels d'offres.
Une fois le chantier lancé, le travail continue : vérifier les situations de travaux (ce que les entreprises facturent chaque mois), chiffrer les modifications demandées par le client, alerter quand les coûts dérapent. C'est un rôle de vigie budgétaire du début à la fin.
Le métier se pratique surtout au bureau, devant un écran, dans un cabinet d'économistes, une agence d'architecture, un bureau d'études techniques, une entreprise de BTP ou un service technique de collectivité. Mais ce n'est pas un métier enfermé : les visites de chantier et les réunions avec les architectes, les ingénieurs et les entreprises rythment la semaine, avec des déplacements réguliers (le permis B est quasi indispensable).
Les horaires sont globalement classiques, en journée du lundi au vendredi, avec des pics d'intensité à l'approche des dates limites de remise des appels d'offres. Le télétravail partiel est courant, puisque l'essentiel du travail se fait sur logiciel. L'effort physique est faible, mais la rigueur est constante : une erreur de métré peut coûter très cher à un projet.
Avec l'expérience, on peut se spécialiser : bâtiments tertiaires, logement, réhabilitation du patrimoine, génie climatique, ou encore BIM manager — un profil très demandé et mieux payé. D'autres évoluent vers la conduite de travaux, la direction de travaux, le poste d'ingénieur études de prix ou de responsable d'un bureau d'études.
La profession compte aussi beaucoup d'indépendants : après quelques années en cabinet, s'installer à son compte ou créer sa structure d'économie de la construction est une voie classique. Enfin, les compétences acquises (analyse de coûts, lecture technique, réglementation) ouvrent vers l'expertise en assurance construction, l'AMO (assistance à maîtrise d'ouvrage) ou le conseil en performance énergétique des bâtiments.
C'est un métier en tension : les entreprises du BTP peinent à recruter des profils techniques qualifiés, et l'économiste de la construction figure régulièrement dans les listes de métiers difficiles à pourvoir. En 2026, environ 65 % des postes du secteur de la construction sont jugés difficiles à pourvoir par les employeurs, même si le volume global de projets de recrutement recule (autour de 140 000 projets, en baisse sur un an du fait du ralentissement de la construction neuve). La demande reste soutenue par la rénovation énergétique du parc existant, la réglementation environnementale RE2020 et la généralisation du BIM, qui rendent le chiffrage plus technique — et l'expertise plus rare. Les jeunes diplômés issus de l'alternance trouvent en général un poste rapidement.