Ce n'est pas un poste de débutant : la rémunération de départ correspond déjà à un profil expérimenté. En collectivité, le salaire dépend de la grille indiciaire (ingénieur ou attaché territorial, catégorie A) à laquelle s'ajoutent les primes RIFSEEP et une éventuelle prime de conduite de projet — soit environ 2 500 à 4 800 € brut par mois selon le grade, l'échelon et la taille de la collectivité. Dans le privé (opérateurs télécoms, énergéticiens, groupes de services urbains, cabinets de conseil), les niveaux sont plus élevés : autour de 3 500 à 4 500 € brut mensuels après quelques années, et 5 000 à 6 500 € brut pour un directeur de programme confirmé pilotant plusieurs projets. Les données salariales agrégées situent la moyenne du marché autour de 3 600 € brut par mois.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas une seule voie d'accès : c'est un métier de deuxième partie de parcours, qui se rejoint après un Bac+5 et généralement 3 à 5 ans d'expérience professionnelle. France Travail indique qu'un diplôme de niveau Bac+5 en réseaux et télécommunications ou une école de commerce, associé à quelques années d'expérience, constitue la porte d'entrée la plus fréquente.
Trois grandes familles de parcours mènent au poste :
1. La voie technique — BUT Réseaux et télécommunications ou BUT Informatique, puis école d'ingénieurs (télécoms, informatique, génie urbain) ou master Réseaux et télécommunication. C'est le parcours le plus direct pour la dimension IoT, capteurs et plateformes de données. 2. La voie territoriale — licence puis master Urbanisme et aménagement, ou master Villes et territoires, avec une spécialisation numérique. Des masters dédiés existent : Smart city et gouvernance de la donnée (Université de Bourgogne), Ville et systèmes urbains intelligents (Université de Lille), MSc Smart and Resilient Cities (JUNIA). 3. La voie management — école de commerce, IEP ou master management de projets, complétée par une montée en compétences sur le numérique et les politiques publiques.
Pour travailler en collectivité, deux statuts sont possibles : le concours (ingénieur territorial ou attaché territorial, catégorie A) qui ouvre le statut de fonctionnaire, ou le contrat de projet / CDD de droit public, très utilisé sur ces missions récentes. Le CNAM et le CNFPT proposent aussi des formations continues « ville intelligente / smart city » pour les professionnels déjà en poste qui veulent basculer sur ces sujets.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Au quotidien, ce professionnel passe beaucoup de temps en réunion — et c'est normal, car son rôle est justement de connecter des mondes qui ne se parlent pas naturellement. Il commence par recueillir un besoin : la ville veut réduire sa facture d'éclairage, mieux gérer l'eau, fluidifier les transports, ouvrir ses données aux habitants. Il traduit ensuite ce besoin politique en projet technique concret : quelles technologies (capteurs, réseaux LoRa ou 5G, plateforme de données, hyperviseur urbain), quel budget, quel calendrier, quels partenaires.
Il rédige ou supervise les cahiers des charges, monte les marchés publics, sélectionne les prestataires, cherche des financements (État, région, Europe, Banque des Territoires). Puis il pilote : réunions de suivi avec les entreprises, arbitrages quand un chantier prend du retard, coordination avec les services techniques, la DSI, l'urbanisme, la voirie. Il descend aussi sur le terrain pour voir les capteurs installés et vérifier que la solution fonctionne vraiment. Enfin, il mesure l'impact du projet sur le territoire (économies réalisées, satisfaction des habitants, données collectées) et propose des ajustements. Une grande partie du travail consiste à convaincre : expliquer aux services pourquoi le projet les concerne, rassurer sur la protection des données personnelles, présenter les résultats aux élus.
C'est un métier de bureau, avec des horaires globalement classiques, mais ponctué de déplacements : visites de sites, chantiers de déploiement, salons professionnels, réunions publiques ou conseils municipaux le soir. Le télétravail partiel est courant, car une bonne partie du travail se fait sur ordinateur et en visio.
La majorité des postes se trouvent dans les collectivités territoriales (métropoles, communautés d'agglomération, départements, régions), souvent rattachés à une direction de l'innovation, du développement économique ou des systèmes d'information. On en trouve aussi côté privé : opérateurs télécoms, énergéticiens, groupes de services urbains (eau, déchets, transports), bureaux d'études et cabinets de conseil qui accompagnent les collectivités. Le poste demande de la patience : un projet de territoire connecté s'étale sur plusieurs années, dépend de calendriers politiques et de budgets publics qui peuvent bouger.
On n'arrive quasiment jamais directement à ce poste : il se rejoint après quelques années d'expérience, généralement comme chef de projet numérique, ingénieur télécoms, urbaniste ou consultant. Ensuite, on peut se spécialiser (données et intelligence artificielle, mobilité intelligente, énergie et smart grids, cybersécurité urbaine) ou monter en responsabilité : directeur de programme sur plusieurs projets, directeur de l'innovation, directeur des systèmes d'information d'une collectivité, directeur général adjoint.
D'autres passent du public au privé (ou l'inverse) : chef de produit chez un fournisseur de solutions urbaines, directeur de la transformation numérique dans un groupe de services, ou consultant indépendant auprès de plusieurs collectivités. Les compétences acquises — pilotage de projets complexes, marchés publics, gouvernance de la donnée — s'exportent très bien vers d'autres métiers du management de projet.
Attention à une nuance importante : sous cette appellation exacte, France Travail ne recense qu'une quarantaine d'offres par an au niveau national — c'est un intitulé récent et encore peu répandu. Mais si l'on élargit aux formulations réellement utilisées par les employeurs (« chef de projet smart city », « chargé de mission territoire intelligent », « chef de projet numérique territorial »), le marché est nettement plus large : plusieurs centaines d'annonces sont publiées chaque année. La dynamique est porteuse. Les métiers du numérique concentrent plus de 84 000 projets de recrutement en 2026, dont près de 50 % jugés difficiles à pourvoir — l'un des taux de tension les plus élevés du marché. Côté collectivités, 64 % déclarent au moins un métier en tension, et l'informatique fait partie des filières les plus concernées, notamment parce que les salaires publics peinent à concurrencer le privé. Les programmes de transition numérique et écologique des territoires (données ouvertes, sobriété énergétique, mobilité, cybersécurité) alimentent la demande, y compris désormais dans les villes moyennes et les territoires ruraux, et plus seulement dans les grandes métropoles. Les candidats capables de combiner culture technique, connaissance du secteur public et sens politique restent rares.