En début de carrière, un directeur d'ALSH gagne entre 2 000 et 2 300 € brut par mois environ (soit à peu près 1 600 à 1 800 € net), avec un salaire moyen du métier situé autour de 2 400 € brut. Après plusieurs années et sur des structures importantes ou des postes de coordination enfance-jeunesse, la rémunération monte vers 2 700 à 3 200 € brut. Dans l'associatif, le salaire dépend de la convention collective ÉCLAT (IDCC 1518) et du groupe de classement ; en collectivité, du grade d'animateur ou d'adjoint d'animation, complété par le régime indemnitaire. Attention aux contrats saisonniers en Contrat d'engagement éducatif (CEE), rémunérés au forfait journalier et bien moins avantageux : ils conviennent pour un job de vacances, pas pour vivre du métier. Beaucoup de postes sont à temps plein annualisé, mais les temps partiels restent fréquents sur le périscolaire.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Deux logiques cohabitent. La voie non professionnelle : le BAFD (brevet d'aptitude aux fonctions de directeur), accessible dès 18 ans après le BAFA, permet de diriger des accueils de loisirs de façon occasionnelle ou saisonnière — parfait pour se tester pendant ses études, mais insuffisant pour en faire une carrière. La voie professionnelle : le BPJEPS spécialité animateur, mention « animation socio-éducative ou culturelle » (niveau bac, accessible sans diplôme préalable, souvent en alternance), complété si besoin par l'unité capitalisable complémentaire « direction d'ACM ». C'est aujourd'hui le diplôme de référence pour être embauché en CDI.
Pour aller plus loin : le DEJEPS animation socio-éducative ou culturelle (bac+2) ouvre la coordination de projets et la direction de structures plus grosses, le DESJEPS (bac+3) la direction de structure et de projet. Côté université, le BUT Carrières sociales parcours animation sociale et socioculturelle et les licences pro « métiers de l'animation » mènent aussi à ces fonctions. Les diplômes du travail social (DEES, DEME, EJE) et certains diplômes d'enseignement permettent également d'encadrer un ACM, à condition de justifier d'une expérience d'animation auprès de mineurs. Dans la fonction publique territoriale, l'accès se fait par le concours d'animateur territorial (catégorie B) ou par contrat.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Le directeur ou la directrice d'accueil de loisirs sans hébergement (ALSH) pilote une structure qui accueille des enfants et des ados de 3 à 17 ans en dehors du temps scolaire : matin et soir, pause méridienne, mercredis et vacances scolaires. Son point de départ, c'est le projet pédagogique : un document qui traduit les intentions éducatives de l'organisateur (mairie, association, comité d'entreprise) en activités concrètes — grands jeux, sorties nature, ateliers créatifs, projets citoyens, séjours à la journée.
Au quotidien, il ou elle recrute les animateurs (souvent des jeunes titulaires du BAFA), construit les plannings, anime les réunions d'équipe, accompagne les animateurs débutants et arbitre les conflits. S'y ajoute une part administrative réelle : déclaration de l'accueil auprès du SDJES, suivi du budget, commandes de matériel, effectifs et taux d'encadrement, dossiers sanitaires des enfants, respect des normes d'hygiène et de sécurité. Enfin, c'est l'interlocuteur des familles : inscriptions, discussions à la sortie, gestion des situations délicates (enfant en difficulté, PAI, allergie, harcèlement entre enfants).
Le métier se pratique majoritairement dans des locaux d'école, des centres sociaux, des maisons de quartier ou des structures dédiées, avec beaucoup de temps passé dehors (cour, parc, gymnase, sorties). Les employeurs sont surtout les communes et intercommunalités (statut de la fonction publique territoriale, filière animation) et le secteur associatif (Francas, Ligue de l'enseignement, Léo Lagrange, Familles Rurales, UFCV, MJC), qui relève de la convention collective ÉCLAT.
Les horaires sont atypiques et souvent annualisés : semaines allégées pendant les périodes scolaires (avec des coupures matin/soir), semaines très denses pendant les vacances, avec des amplitudes du type 7h30-18h30. Le télétravail se limite à la partie administrative, quand l'employeur l'autorise — la présence auprès des enfants et de l'équipe reste la règle. Physiquement, c'est un métier debout, en mouvement, dans le bruit, qui demande de l'énergie et une bonne gestion du stress : la responsabilité juridique de la sécurité des mineurs pèse sur le directeur.
On entre souvent dans le métier par l'animation (BAFA à 17 ans, jobs de vacances), puis on passe directeur adjoint avant de diriger sa propre structure. Ensuite, plusieurs routes s'ouvrent : coordinateur enfance-jeunesse sur un territoire (plusieurs structures à superviser), directeur de centre social ou de maison de quartier, responsable de service enfance-jeunesse en collectivité, ou direction de séjours de vacances avec hébergement.
Avec un DEJEPS ou un DESJEPS, on accède à des postes de direction de projet et de structure plus importants. D'autres bifurquent vers la formation d'animateurs (BAFA/BPJEPS), le travail social (éducateur spécialisé, moniteur-éducateur via passerelles et VAE), la médiation sociale ou la création de leur propre association d'éducation populaire.
Le secteur de l'animation est en tension durable : les employeurs déclarent des milliers de postes vacants chaque année (plus de 7 300 recensés en 2024, tous métiers de la branche confondus) et près de quatre structures sur dix ont dû réduire leur offre de loisirs faute de personnel. Les causes identifiées sont d'abord les rémunérations jugées peu attractives, puis le manque de candidats diplômés. S'y ajoute un effet démographique fort : une part importante des directeurs actuellement en poste partira à la retraite dans la décennie. Résultat : un jeune diplômé du BPJEPS avec l'expérience d'animation qui va avec trouve un poste rapidement, partout en France, en collectivité comme en association. Le revers de la médaille : beaucoup d'offres à temps partiel ou en contrat saisonnier au démarrage, et une progression salariale lente. La stabilisation passe souvent par un poste en mairie (concours d'animateur territorial) ou par la montée en responsabilité vers la coordination.