La cueillette est presque toujours rémunérée au SMIC, soit environ 1 820 € brut par mois pour un temps plein (11,98 € à 12,30 € brut de l'heure selon la revalorisation). Les moins de 18 ans perçoivent un pourcentage du SMIC (80 % avant 17 ans, 90 % entre 17 et 18 ans) tant qu'ils ont moins de 6 mois d'ancienneté dans la branche. Certaines exploitations pratiquent le paiement à la tâche ou versent une prime de rendement pouvant atteindre 10 à 15 % du salaire de base. S'ajoutent souvent des avantages en nature (logement, parfois repas) et une indemnité de fin de contrat pour les saisonniers. Un chef d'équipe expérimenté ou un ouvrier qualifié à l'année dépasse 2 000 à 2 300 € brut mensuels.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est exigé : le métier est accessible dès 16 ans (14-15 ans possible pendant les vacances scolaires avec autorisation de l'inspection du travail et accord des représentants légaux). La formation se fait sur le terrain, en quelques heures, encadrée par un chef d'équipe. Pour se professionnaliser et travailler à l'année, plusieurs voies existent : le CAP agricole métiers de l'agriculture (2 ans, spécialité production végétale : arboriculture, horticulture ou vigne et vin), le BPA (brevet professionnel agricole) travaux de la vigne et du vin ou travaux des productions horticoles, le bac pro conduite de productions horticoles, puis le certificat de spécialisation conduite de productions en arboriculture fruitière. Ces formations sont accessibles en apprentissage, en lycée agricole ou en CFPPA, et permettent de viser des postes d'ouvrier qualifié puis de chef d'équipe.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée d'un cueilleur commence tôt, souvent dès 6h ou 7h du matin, pour profiter de la fraîcheur et préserver la qualité des fruits. Sur le verger, dans les serres ou dans les vignes, il ou elle récolte les fruits un à un, à la main ou avec un petit outil (sécateur, couteau à vendange), en repérant d'un coup d'œil ceux qui sont mûrs : couleur, fermeté, taille, facilité à se détacher de la branche.
Les fruits sont déposés délicatement dans un seau, un panier ou une hotte portée sur le dos, puis vidés dans des palox ou des caisses acheminées vers le hangar. Selon l'exploitation, le cueilleur participe aussi au tri, au calibrage et au conditionnement des fruits, à la préparation des palettes, et parfois aux travaux d'entretien du verger : éclaircissage, taille, désherbage, pose de filets anti-grêle. Le respect des consignes d'hygiène et le soin apporté aux fruits sont essentiels : un fruit abîmé n'est plus vendable.
C'est un métier saisonnier par nature : fraises et cerises dès avril-mai, pêches et abricots en été, pommes, poires et raisin (vendanges) de fin août à octobre. Beaucoup de saisonniers enchaînent plusieurs récoltes en se déplaçant de région en région — Provence-Alpes-Côte d'Azur, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et Vallée du Rhône concentrent l'essentiel des offres.
Le travail se fait quasi exclusivement en extérieur, debout, accroupi ou sur une échelle, par tous les temps : chaleur en été, humidité au petit matin. La cadence est soutenue et les gestes sont répétitifs, ce qui demande une bonne condition physique et de la résistance. On travaille en équipe, souvent dans une ambiance jeune et internationale, et de nombreuses exploitations proposent le logement sur place (ou un camping) et parfois les repas. Le contrat est généralement un CDD saisonnier ou un TESA (Titre emploi simplifié agricole), rémunéré au SMIC, parfois avec une prime de rendement.
Après quelques saisons, un cueilleur expérimenté peut devenir chef d'équipe et encadrer un groupe de saisonniers, ou responsable de chantier de récolte. En se formant (CAP agricole, BPA, certificat de spécialisation), il est possible de devenir ouvrier agricole qualifié à l'année, agent arboricole ou ouvrier viticole, avec des missions plus techniques : taille, traitements, irrigation, conduite d'engins. À plus long terme, les parcours mènent vers des postes de chef de culture, de responsable de station fruitière, ou vers l'installation comme exploitant agricole. Les compétences acquises (rigueur, endurance, travail en équipe, logistique) sont aussi valorisées dans les métiers de la préparation de commandes, du conditionnement et de l'industrie alimentaire.
L'agriculture représente environ un quart des contrats saisonniers signés chaque année en France, et l'arboriculture, le maraîchage et la viticulture concentrent l'essentiel des besoins. Les exploitations peinent chaque année à recruter suffisamment de bras entre avril et octobre, avec un pic en été : les offres sont donc nombreuses et l'embauche rapide, souvent sans expérience. Le revers de la médaille : ce sont des emplois courts (de quelques semaines à quelques mois), rarement transformables en poste à l'année sans qualification complémentaire. Les principaux bassins d'emploi sont la Provence-Alpes-Côte d'Azur, l'Occitanie, la Nouvelle-Aquitaine, la Vallée du Rhône, le Val de Loire et les régions viticoles (Bourgogne, Champagne, Bordelais) au moment des vendanges. Les plateformes de l'ANEFA et de France Travail centralisent la majorité des offres.