La rémunération se compte en journées : environ **450 à 650 € brut par jour** de préparation ou de tournage, soit un niveau comparable à celui d'un cascadeur ou d'un assistant réalisateur. Le revenu mensuel dépend donc entièrement du nombre de jours travaillés : quelques journées par mois en début d'activité (souvent complétées par une autre activité dans l'audiovisuel), jusqu'à 4 000-5 000 € brut par mois pour un professionnel installé qui enchaîne les longs métrages et les séries. Comme le métier relève du régime des intermittents du spectacle, les périodes sans mission sont partiellement couvertes par l'assurance chômage spécifique. Les productions internationales tournées en France rémunèrent généralement mieux.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas de formation initiale menant directement à ce métier : on y accède après une première carrière. La voie officielle est le CQP Coordinateur·rice d'intimité, créé par la CPNEF de l'audiovisuel avec la CST et l'Afdas, enregistré au RNCP (niveau 6, équivalent bac+3) depuis avril 2025. Il exige cinq ans d'expérience professionnelle minimum dans le cinéma ou l'audiovisuel et se prépare en formation continue (11 modules, environ 290 heures sur 8 à 10 mois, à la CST) ou par VAE. La première promotion — cinq certifiées — a été présentée au Festival de Cannes en mai 2026 ; une deuxième session est annoncée pour début 2027.
En amont, les parcours qui mènent le plus souvent à ce métier passent par une licence Arts du spectacle ou Cinéma, un BTS Métiers de l'audiovisuel, une école de cinéma (La Fémis, ENSAV Toulouse, CLCF, 3iS…), une formation de comédien ou de danseur-chorégraphe, ou encore des études de psychologie complétées par une expérience de plateau. Des modules courts d'initiation à la coordination d'intimité (CST, CIFAP) permettent de découvrir le métier sans s'engager dans le CQP complet.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Tout commence bien avant le tournage : le coordinateur d'intimité lit le scénario et repère chaque scène « sensible » — baiser, nudité, acte sexuel simulé, agression sexuelle. Pour chacune, il analyse les risques et rencontre les comédiens un par un pour connaître leurs limites (ce qu'ils acceptent de montrer, les zones du corps qui ne seront ni touchées ni filmées), puis le réalisateur pour comprendre ce que la scène doit raconter. De ces échanges naît un protocole d'intimité écrit, adossé aux clauses de nudité du contrat des comédiens : qui est présent sur le plateau, quels gestes seront faits, quels plans seront tournés, comment les images seront ensuite utilisées.
Il répète ensuite la scène avec les comédiens en la chorégraphiant geste par geste, un peu comme une scène de combat, et coordonne les équipes techniques concernées : costumes et accessoires (sous-vêtements de pudeur, protections), image, HMC, régie, plateau fermé. Le jour J, il est présent du début à la fin, guette les signes de gêne ou de fatigue, rappelle le cadre si quelqu'un s'en écarte et alerte la production en cas de manquement. Après le tournage, il vérifie les rushes pour s'assurer qu'ils sont conformes à ce qui avait été accepté, rédige un rapport pour la production et peut rester disponible pour les comédiens en post-production.
Le métier s'exerce sur les plateaux de cinéma et de fiction TV, en studio comme en décors naturels, mais aussi au théâtre, dans le spectacle vivant, la publicité, la capture de mouvement pour le jeu vidéo. Le rythme est celui du tournage : journées longues, horaires variables, déplacements, missions courtes qui s'enchaînent. Une partie du travail — dépouillement du scénario, rédaction des protocoles, visionnage des rushes — peut se faire à distance, mais la présence physique est indispensable dès qu'on répète ou qu'on tourne.
C'est un métier de confiance, exigeant nerveusement : il faut savoir tenir une position parfois inconfortable face à une équipe pressée par le plan de travail, garder confidentiel ce que les comédiens confient, et rester solide face à des sujets lourds. Le statut habituel est celui d'intermittent du spectacle (technicien engagé en CDD d'usage), parfois complété par des missions en indépendant. En France, la fonction vient d'entrer dans la convention collective de la production audiovisuelle et n'était encore portée que par une poignée de professionnels, très majoritairement des femmes.
On ne devient pas coordinateur d'intimité à 20 ans : le CQP exige cinq ans d'expérience dans le cinéma ou l'audiovisuel. C'est donc un métier de « deuxième vie professionnelle », vers lequel on arrive après un parcours d'assistant réalisateur, de scripte, de régisseur, de comédien, de chorégraphe, ou depuis les métiers du soin et de la psychologie avec une solide culture de plateau. Une fois installé, on peut se spécialiser (spectacle vivant, jeu vidéo, scènes de violences sexuelles, tournages avec des mineurs), travailler sur des productions internationales où le poste est déjà standardisé, former les équipes aux violences et harcèlements sexistes et sexuels (VHSS), intervenir en école de cinéma, ou évoluer vers le conseil auprès des producteurs et des institutions sur la prévention des risques.
La demande progresse vite. Le métier, importé des plateaux anglo-saxons après #MeToo, est apparu en France au début des années 2020 ; il vient d'être reconnu par une fiche ROME (L1309), un CQP inscrit au RNCP (2025) et son intégration dans la convention collective de la production audiovisuelle. Le durcissement des règles du CNC — formation VHSS obligatoire pour accéder aux aides, étendue aux tournages de fiction audiovisuelle à partir de septembre 2026 — pousse les producteurs à s'entourer de professionnels de l'intimité. Une Fédération professionnelle des coordinatrices d'intimité de France (FPCIF) a été créée en 2025 pour structurer le secteur. Mais attention : l'offre reste minuscule. On comptait quatre coordinatrices d'intimité en France en 2024, et cinq premières certifiées CQP en mai 2026, face à une centaine de professionnels aux États-Unis. Il s'agit donc d'un marché très étroit, sans emploi permanent, où l'on entre après plusieurs années d'expérience dans l'audiovisuel et où le réseau compte énormément. À viser comme une spécialisation à moyen terme, pas comme un premier emploi.