La rémunération d'un militaire s'appelle la solde et dépend du grade, de l'ancienneté, de l'affectation et des primes. Un matelot débute autour de 1 600 à 1 900 € brut par mois (environ 1 400 à 1 600 € nets), logé et nourri à bord — ce qui change beaucoup le pouvoir d'achat réel. Un jeune second-maître sorti de l'École de maistrance tourne autour de 1 750 € nets, un officier marinier confirmé entre 2 000 et 2 800 € nets, et un major ou un officier expérimenté dépasse 3 000 €. S'ajoutent des indemnités significatives : prime d'embarquement, indemnité de service à la mer, majorations pour service sous-marin ou opérations extérieures, qui peuvent augmenter la solde de plusieurs centaines d'euros par mois pendant les missions.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Plusieurs portes d'entrée selon l'âge et le niveau scolaire, toutes via un CIRFA (centre d'information et de recrutement des forces armées) :
• École des mousses (Brest) : de 16 à moins de 18 ans, niveau 3e ou 2de. Un an de formation militaire, maritime, sportive et scolaire, sanctionnée par le brevet élémentaire de mousse, puis contrat de 4 ans comme matelot ou quartier-maître de la Flotte. • Matelot / Quartier-maître de la Flotte : de 17 à moins de 30 ans, sans diplôme (niveau 3e) jusqu'au bac. Formation initiale d'environ 5 semaines à l'École des matelots (Brest/Saint-Mandrier), puis formation technique de 3 à 4 semaines à 6 mois selon la spécialité. Contrat de 2 à 4 ans, renouvelable jusqu'à 9 ans (parfois plus). • École de maistrance (Brest) : du bac à bac+3, pour devenir officier marinier (sous-officier). 16 semaines de formation militaire, maritime et sportive, puis une école de spécialité de 2 à 9 mois selon le métier (armes, énergie-propulsion, détection, sécurité-plongée…). • École navale (Lanvéoc-Poulmic) : bac+2 (CPGE) ou plus, pour devenir officier de marine, avec commandement des équipages.
Dans tous les cas, la formation est rémunérée dès le premier jour et il faut être de nationalité française, avoir effectué la JDC, savoir nager et satisfaire aux tests médicaux et sportifs. Les diplômes civils (bac pro maintenance, électrotechnique, BTS techniques) ne sont pas obligatoires mais facilitent l'accès aux spécialités techniques et permettent d'entrer à un grade plus élevé.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
À bord d'une frégate, d'un porte-avions, d'un chasseur de mines ou d'un sous-marin, le combattant en milieu maritime tient un poste précis dans l'équipage. Concrètement, ça peut être : surveiller les écrans radar et sonar pour détecter un contact suspect, mettre en œuvre et entretenir un système d'armes (canon, missile, torpille, lutte anti-mines), conduire l'installation de propulsion, ou assurer la sécurité-plongée et la lutte contre les incendies et les voies d'eau. Une grande partie du temps se passe en « quart » : des périodes de veille de plusieurs heures qui se relaient jour et nuit, pour que le bateau soit opérationnel 24 h/24.
À cela s'ajoute la vie courante du bord : entretien du matériel, exercices de sécurité, rôles de combat, entraînement physique. Certains sont fusiliers marins et assurent la protection de l'équipage, des bâtiments et des sites sensibles à terre ; d'autres sont plongeurs de bord et vérifient la coque sous l'eau. Tous participent aux missions de la Marine : dissuasion nucléaire, protection des approches maritimes, lutte contre le narcotrafic et la piraterie, sauvetage en mer, opérations extérieures.
C'est un métier militaire, donc un engagement : on signe un contrat (souvent 4 ans, renouvelable), on porte l'uniforme et on est soumis à la discipline militaire. La vie à bord est collective et compacte — cabines partagées, espaces réduits, encore plus dans un sous-marin. Les périodes en mer durent de quelques jours à plusieurs mois, avec des contacts limités avec la famille, notamment sur les sous-marins nucléaires lanceurs d'engins. Entre deux missions, on est basé à terre (Brest, Toulon, Cherbourg, Saint-Mandrier…) avec des horaires plus classiques.
Les exigences physiques et médicales sont réelles : il faut savoir nager, réussir les tests d'aptitude, supporter le mal de mer, la chaleur des locaux machines et le bruit. Le télétravail n'existe pas ici. En contrepartie, on est logé et nourri à bord, la formation est rémunérée dès le premier jour, et l'esprit d'équipage est un vrai moteur.
La Marine fonctionne à l'ancienneté et au brevet : un matelot peut passer quartier-maître, puis présenter le brevet d'aptitude technique (BAT) et devenir officier marinier (second-maître, maître, premier-maître, maître principal, major). Le brevet supérieur (BS) ouvre des fonctions de chef de service et d'encadrement. Des passerelles internes permettent aussi de devenir officier (officier spécialisé de la Marine, rang) sans passer par l'École navale.
On peut aussi se spécialiser : commando marine, plongeur démineur, détection sous-marine, cyberdéfense, aéronautique navale. Et à la fin du contrat, la reconversion civile est accompagnée : les compétences acquises (maintenance industrielle, électrotechnique, sécurité, logistique, cybersécurité, encadrement) sont très recherchées dans l'industrie, le nucléaire, la sécurité et la marine marchande.
La Marine nationale recrute massivement et en continu : plus de 4 000 postes ouverts par an, tous niveaux confondus, du sans-diplôme au bac+5. Le contexte géopolitique et la loi de programmation militaire soutiennent cette dynamique, et le nouveau service national doit encore l'amplifier (600 recrutements Marine dès 2026). Certaines spécialités sont particulièrement en tension et donc plus faciles d'accès : détection (opérateurs radar/sonar), cyberdéfense et numérique, techniciens d'armement, mécaniciens et techniciens aéronavals, restauration. À l'inverse, les postes les plus « prestigieux » (pilote de chasse embarqué, officier) sont très sélectifs. Point de vigilance : ce n'est pas un emploi à vie par défaut — la plupart des marins servent sous contrat, et la Marine accompagne la reconversion civile en fin d'engagement (sécurité, industrie, nucléaire, logistique, cybersécurité, marine marchande).