Les revenus dépendent surtout du mode d'exercice. À l'hôpital public, un praticien hospitalier débute autour de 4 600 à 5 600 € brut par mois hors gardes, et atteint 11 000 à 12 000 € brut en fin de grille après 15-20 ans ; les gardes s'ajoutent (environ 420 € brut pour une garde de nuit). En clinique privée ou en libéral, la rémunération est nettement supérieure : la médiane pour la chirurgie plastique tourne autour de 95 000 € brut par an, et les moyennes relevées pour l'activité esthétique montent vers 140 000 € par an, avec des chirurgiens de secteur 2 très installés (Paris, Côte d'Azur) qui dépassent largement 20 000 € par mois. Attention : en libéral, ces montants sont des honoraires (BNC) dont il faut déduire les charges — loyer, secrétariat, matériel, cotisations, assurance RCP — qui absorbent souvent 40 à 50 % du chiffre d'affaires. Avant l'installation, l'internat (~1 500-2 500 € net selon l'année et les gardes) puis le clinicat restent modestement payés au regard de la durée des études.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Compter environ 11 à 12 ans d'études après le bac, sans raccourci possible. Le parcours : 1) une première année de PASS (parcours d'accès spécifique santé) ou de L.AS (licence avec option accès santé) à l'université, très sélective ; 2) les années 2 et 3 du DFGSM (diplôme de formation générale en sciences médicales), avec anatomie, biologie, sémiologie et premiers stages hospitaliers ; 3) les années 4 à 6 du DFASM, avec l'externat à l'hôpital, qui se conclut par les EDN (épreuves dématérialisées nationales, ex-ECN) et les ECOS ; 4) l'internat, où l'on choisit selon son classement le DES de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique — une spécialité peu ouverte (quelques dizaines de postes par an au niveau national) et donc très demandée. Ce DES dure 6 ans / 12 semestres, structuré en phase socle (2 semestres), phase d'approfondissement (2 ans) et phase de consolidation (docteur junior). La soutenance de thèse donne le diplôme d'État de docteur en médecine ; le DES donne la qualification de spécialiste. Beaucoup poursuivent ensuite par un ou deux ans de clinicat/assistanat, un fellowship à l'étranger ou des DU/DIU (microchirurgie, chirurgie de la main, laser, chirurgie esthétique). Le bac idéal : spécialités physique-chimie et SVT, avec des maths solides.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Une journée type alterne trois temps forts. Le bloc opératoire d'abord : interventions programmées qui durent de 45 minutes (une petite tumeur cutanée) à 8 heures ou plus (une reconstruction mammaire par lambeau libre, réalisée sous microscope en microchirurgie). La consultation ensuite : écouter la demande du patient, examiner, photographier, expliquer les techniques possibles, les risques, les cicatrices, les délais de récupération — et parfois refuser une opération jugée inadaptée. Enfin le suivi : visite des patients hospitalisés, surveillance des pansements et des greffes, gestion des complications, consultations post-opératoires. S'y ajoutent les urgences (mains traumatiques, brûlures, plaies de la face), les réunions de concertation pluridisciplinaire avec oncologues, dermatologues ou kinés, la formation continue et, pour beaucoup, l'enseignement aux internes.
Le métier s'exerce à l'hôpital public, en clinique privée, ou les deux à la fois. Les horaires sont longs et irréguliers : 50 à 70 heures par semaine sont courantes, avec gardes et astreintes pour couvrir les urgences (souvent 4 à 8 par mois en début de carrière). Les opérations se font debout, immobile, dans des postures exigeantes pendant plusieurs heures, avec une concentration maximale — la fatigue physique et nerveuse est réelle. Il n'y a pas de télétravail possible, sauf pour quelques téléconsultations de suivi ou le travail administratif. Le rapport au patient est particulier : on touche à l'image de soi, à l'estime, parfois à des drames (cancer, accident, violences), ce qui demande beaucoup d'écoute et de solidité psychologique. La responsabilité médico-légale est forte, surtout en chirurgie esthétique où le résultat attendu est très subjectif.
Après l'internat, on se spécialise : chirurgie de la main, chirurgie des brûlés, reconstruction mammaire et oncoplastie, chirurgie crânio-faciale et pédiatrique, chirurgie d'affirmation de genre, microchirurgie, chirurgie esthétique pure. Côté carrière, plusieurs voies : praticien hospitalier puis chef de service ou chef de pôle ; carrière hospitalo-universitaire (maître de conférences-praticien hospitalier, puis professeur des universités) avec recherche et enseignement ; installation en libéral seul ou en association, parfois avec sa propre clinique. Beaucoup combinent un temps hospitalier (réparateur) et une activité libérale (esthétique). D'autres pistes existent : expertise médicale, humanitaire (missions chirurgicales à l'étranger, chirurgie de la fente labio-palatine), innovation et industrie du dispositif médical, formation et congrès internationaux.
La spécialité compte un effectif restreint : environ 1 000 à 1 100 praticiens en exercice en France, soit une densité de l'ordre de 1,5 pour 100 000 habitants, avec une croissance des effectifs estimée autour de +9 % d'ici 2030. La demande progresse sur deux fronts : la reconstruction (cancers du sein et de la peau, traumatologie, brûlures, vieillissement de la population) et l'esthétique, portée par une forte demande sociale et par l'essor de la médecine esthétique non chirurgicale. Résultat : très peu de chômage, et des postes hospitaliers parfois difficiles à pourvoir, notamment dans les centres de traitement des brûlés et les services de chirurgie de la main. Le vrai goulot d'étranglement n'est pas l'emploi mais l'accès à la formation : le nombre de postes d'internat en CPRE ouverts chaque année est faible et le classement aux EDN exigé est parmi les plus élevés. Fortes disparités géographiques : l'offre libérale se concentre à Paris et sur la Côte d'Azur (jusqu'à 4,8 praticiens pour 100 000 habitants dans les Alpes-Maritimes), tandis que plusieurs régions restent sous-dotées.