Un scaphandrier débutant démarre autour de 2 200 à 2 800 € brut par mois. En passant chef d'équipe / chef d'opération hyperbare, la rémunération franchit généralement 3 500 à 4 500 € net mensuels, soit environ 4 500 à 5 800 € brut, avec des revenus annuels souvent situés entre 55 000 et 70 000 € brut primes comprises. Les primes de plongée, de profondeur, de risque et de grand déplacement pèsent lourd (20 à 40 % du salaire de base). Les missions offshore ou internationales peuvent aller bien au-delà, tandis que les postes militaires (Marine nationale) sont nettement moins rémunérés en salaire de base.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le parcours passe obligatoirement par le métier de scaphandrier. Depuis le 1er janvier 2022, le Titre professionnel Scaphandrier travaux publics (niveau 3, équivalent CAP) est exigé pour exercer en France ; il se prépare à l'École nationale des scaphandriers (Fréjus), au CAP Trébeurden (Côtes-d'Armor) ou en alternance, avec un coût de formation élevé (jusqu'à environ 20 000 € selon le cursus, souvent financé par un employeur, France Travail ou un OPCO). Il s'accompagne du Certificat d'aptitude à l'hyperbarie (CAH) mention A — la mention des travaux subaquatiques — classe II (jusqu'à 50 m) ou classe III (au-delà). Un CAP, un bac pro ou une expérience en soudure, chaudronnerie, maçonnerie ou travaux publics facilite beaucoup l'entrée dans le métier, car sous l'eau on refait les mêmes gestes qu'à terre. Le passage chef d'équipe se fait après plusieurs années de plongée professionnelle, via la formation courte (1 à 2 semaines) de chef d'opération hyperbare, complétée par des modules d'encadrement de chantier. Prérequis physiques : très bonne condition physique, aptitude médicale à l'hyperbarie délivrée par un médecin agréé et renouvelée chaque année, absence de contre-indications ORL et pulmonaires.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Avant même que quelqu'un ne mette la tête sous l'eau, le chef d'équipe scaphandrier prépare l'intervention : il lit les plans de l'ouvrage immergé (quai, écluse, pile de pont, prise d'eau de centrale, conduite sous-marine), évalue les risques (courant, visibilité, profondeur, pollution, engins en mouvement) et rédige ou applique le mode opératoire prévu au manuel de sécurité hyperbare. Il compose son équipe — la réglementation impose au minimum trois personnes se partageant cinq fonctions : chef d'opération hyperbare, surveillant, opérateur secours, aide-opérateur et opérateur intervenant.
Pendant l'opération, il reste le plus souvent en surface. Il pilote la plongée : mise à l'eau, suivi des paramètres (temps, profondeur, mélange respiratoire), communication permanente avec le plongeur au bout du narguilé, gestion des paliers de décompression, déclenchement des procédures de secours si besoin. En parallèle, il contrôle le matériel (compresseurs, panneaux de plongée, caisson de recompression, casques, outillage hydraulique), tient à jour les livrets individuels d'hyperbarie, forme les jeunes scaphandriers aux gestes techniques et rédige les rapports d'intervention remis au client : photos, relevés, mesures d'épaisseur, comptes rendus d'inspection.
On ne travaille pas ici de 9 h à 17 h. Les chantiers se déroulent dans les ports, les fleuves, les canaux, les barrages, les stations d'épuration, les centrales, parfois en mer ou sur des parcs éoliens offshore, et se calent sur les marées, les arrêts d'exploitation ou les fenêtres météo : horaires variables, départs tôt, travail de nuit ou de week-end possible. Le métier se pratique en grand déplacement, en France comme à l'étranger, pour des missions de quelques jours à plusieurs mois. C'est un environnement physiquement exigeant (port de charges, combinaisons lourdes, eau froide et souvent turbide) et réglementé de façon très stricte : certificat d'aptitude à l'hyperbarie (CAH) valable 5 ans, aptitude médicale renouvelée chaque année, entreprise elle-même certifiée pour les travaux hyperbares. Aucune part du métier ne se fait à distance.
On ne devient pas chef d'équipe en sortant de formation : il faut d'abord plusieurs années — souvent 5 à 10 — comme scaphandrier travaux publics, puis le CAH classe II ou III mention A et la formation de chef d'opération hyperbare. Ensuite, les chemins s'ouvrent : conducteur de travaux subaquatiques, responsable d'agence, conseiller à la prévention hyperbare, formateur en école de scaphandriers, inspecteur d'ouvrages d'art immergés, expert en soudure hyperbare ou en robotique sous-marine (ROV). Beaucoup basculent vers des postes à terre autour de 40-45 ans, quand le corps encaisse moins bien la plongée quotidienne, ou créent leur propre entreprise de travaux immergés.
Le secteur des travaux immergés recrute plus qu'il ne trouve : peu de candidats se présentent chaque année, le coût et la sélectivité de la formation limitent le flux, et les profils expérimentés capables d'encadrer une équipe sont particulièrement recherchés. Une vingtaine d'entreprises spécialisées de travaux immergés (souvent membres du SNETI), des groupes de travaux publics, les gestionnaires de barrages et de ports, les industriels du nucléaire, les acteurs de l'éolien offshore, les armées et le secteur du dépollution/renflouement emploient ces professionnels. Le développement de l'éolien en mer et le vieillissement des ouvrages d'art immergés (quais, ponts, écluses, conduites) entretiennent la demande. Le nombre de postes reste toutefois faible en valeur absolue : c'est un métier de niche, avec une mobilité géographique quasi obligatoire.