En début de carrière, la rémunération est proche du SMIC (1 823 € brut/mois au 1er janvier 2026) et se situe généralement entre 1 800 et 2 100 € brut selon la convention collective de la métallurgie et la région. Avec quelques années d'expérience, un bobinier confirmé se situe autour de 2 300 à 2 600 € brut, et peut dépasser 3 000 € brut sur des spécialités pointues (haute tension, aéronautique, prototypes) ou en passant chef d'équipe. S'ajoutent souvent des primes d'équipe, de déplacement et un intéressement selon l'entreprise.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier est accessible dès le niveau CAP/BEP en électricité, électrotechnique ou électronique, la spécialisation en bobinage s'acquérant ensuite en entreprise ou via une certification dédiée. Le parcours le plus courant : CAP Électricien, puis un CQP Électrobobinier (certification de branche de la métallurgie, niveau 4) préparé en alternance ou en formation continue — c'est LA certification reconnue du métier, portée notamment par le SIRMELEC et proposée par le GRETA-CFA Lyon Métropole, le GRETA Alsace Sud (Mulhouse), l'ICAM Nantes ou le centre de formation Leroy-Somer/Nidec à Angoulême.
Le Bac pro MELEC (Métiers de l'électricité et de ses environnements connectés) est une excellente porte d'entrée, tout comme le Bac pro CIEL (Cybersécurité, informatique et réseaux, électronique) pour la partie composants électroniques. Poursuivre en BTS Électrotechnique ou BTS CIEL permet de viser des postes de technicien, de méthodes ou d'encadrement d'atelier.
L'alternance est très bien vue dans ce secteur : les entreprises manquent de candidats et cofinancent souvent les formations complémentaires via leur OPCO. La VAE est également une voie possible pour les personnes déjà en poste en câblage ou en montage industriel.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
Au quotidien, le bobinier en matériels électroniques part d'un plan ou d'un schéma de bobinage et réalise l'enroulement de fils conducteurs (cuivre, parfois aluminium) autour d'un noyau ou d'une carcasse. Ces enroulements deviennent des bobines d'induction, des selfs, des transformateurs ou des capteurs, c'est-à-dire les composants qui stockent, transforment ou filtrent l'énergie électrique dans les équipements électroniques.
Concrètement, la journée alterne entre plusieurs gestes : préparer et régler la bobineuse (tension du fil, nombre de spires, vitesse), monter les composants selon les spécifications techniques, isoler et imprégner les enroulements, réaliser des soudures et brasures très fines pour les connexions, puis contrôler la pièce. Le contrôle est une part importante du métier : mesures de résistance, d'isolement, tests de continuité, vérification de la conformité au cahier des charges. Le bobinier assure aussi la maintenance de premier niveau des machines et, dans les ateliers de réparation, diagnostique des bobinages défectueux pour les refaire à l'identique. Dans les petites structures ou les services R&D, il peut participer à la mise au point de prototypes et de nouveaux modèles de bobines.
Le métier s'exerce presque toujours en atelier de production ou de réparation, parfois en salle propre ou en zone à atmosphère contrôlée quand les composants sont sensibles à la poussière. Le poste est majoritairement debout ou assis à un établi, avec beaucoup de motricité fine : loupe, pinces, brucelles, fer à souder. L'effort physique reste modéré, mais la concentration et la position statique demandent de la résistance. Le télétravail est impossible : le bobinier travaille sur pièce et sur machine.
Les horaires sont le plus souvent des horaires de journée, mais les ateliers de production peuvent fonctionner en équipes postées (2x8) lors des pics d'activité, et les ateliers de réparation acceptent parfois des interventions urgentes chez le client. On travaille rarement seul dans un coin : le bobinier échange avec les méthodes, le contrôle qualité et, dans la maintenance, avec les clients industriels. Le port d'EPI (lunettes, gants, protection lors des opérations de soudure et d'imprégnation) est la règle.
C'est un métier où l'on progresse vite par l'expérience, car le savoir-faire se transmet largement sur le terrain. Après quelques années, un bobinier peut se spécialiser (bobinage haute tension, transformateurs de puissance, bobinage aéronautique ou spatial, machines pour véhicules électriques), devenir référent technique ou contrôleur qualité. L'évolution classique mène au poste de chef d'équipe puis de chef d'atelier de bobinage, avec la responsabilité des séries, des délais et de la formation des nouveaux.
D'autres passerelles existent : technicien de maintenance électrotechnique, technicien méthodes, ou fonction commerciale technique (le bobinier connaît les machines mieux que personne, ce qui est très recherché chez les fabricants et distributeurs). Une reprise d'études en BTS Électrotechnique ou BTS CIEL ouvre les postes de technicien supérieur. Enfin, certains créent ou reprennent leur propre atelier de rebobinage, une activité artisanale qui reste très demandée par l'industrie.
Le bobinage est un savoir-faire en tension : les départs à la retraite sont nombreux, les formations peu connues des jeunes, et les entreprises peinent à recruter. Résultat, les recruteurs assouplissent leurs exigences d'expérience, acceptent les profils en reconversion et financent la montée en compétence. La demande est portée par l'électrification de l'économie — véhicule électrique, éolien, ferroviaire, aéronautique, réseaux électriques — et par la relocalisation de la production de composants électroniques en France et en Europe. La réparation et le rebobinage de machines, activité par nature non délocalisable et alignée sur les enjeux d'économie circulaire, constituent un second gisement d'emplois stable. Les employeurs sont surtout des PME industrielles et des ateliers spécialisés, répartis sur tout le territoire.