La rémunération est calculée en heures de SMIC et dépend du nombre d'enfants accueillis. Au 1er janvier 2026, l'accueil d'un enfant est rémunéré au minimum 120 fois le SMIC horaire, soit environ 1 800 € brut par mois, avec un plancher garanti même sans enfant présent. Chaque enfant supplémentaire ajoute au minimum environ 841 € brut par mois : un assistant familial accueillant trois enfants dépasse donc couramment 3 400 € brut. À cela s'ajoutent des indemnités d'entretien non imposables (au minimum 3,5 fois le minimum garanti par jour et par enfant, soit environ 14,80 €/jour) destinées à couvrir la nourriture, l'hébergement et les activités, ainsi que des indemnités d'habillement, de vacances et une indemnité d'attente entre deux placements. Chaque conseil départemental applique son propre barème, souvent plus favorable que le minimum légal, avec des majorations pour les accueils d'urgence ou les enfants en situation de handicap.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Aucun diplôme n'est exigé pour commencer : le métier est accessible sans condition de diplôme, mais il est très encadré.
Étape 1 — l'agrément. Il faut d'abord obtenir l'agrément d'assistant familial délivré par le président du conseil départemental, valable 5 ans et renouvelable. Le département vérifie les conditions d'accueil (logement adapté avec une chambre par enfant, sécurité, santé), l'absence de condamnation au casier judiciaire, la maîtrise du français et les aptitudes éducatives, à l'issue d'entretiens et de visites à domicile.
Étape 2 — le stage préparatoire. Un stage obligatoire de 100 heures doit être suivi dans les deux mois précédant l'accueil du premier enfant.
Étape 3 — le DEAF. Après la signature du premier contrat de travail, l'assistant familial dispose de 3 ans pour suivre la formation en alternance (environ 420 heures, étalées sur 18 à 36 mois) qui prépare au diplôme d'État d'assistant familial (DEAF), classé au niveau 4 (bac). La formation est prise en charge par l'employeur et se déroule tout en travaillant. Le DEAF est également accessible par la VAE après une expérience suffisante.
Dispenses. Les titulaires du DE d'auxiliaire de puériculture, du DE d'éducateur de jeunes enfants, du DE d'éducateur spécialisé ou du DE de puéricultrice sont dispensés de la formation et de l'obtention du DEAF.
Après. Le DEAF ouvre des passerelles vers les autres diplômes du travail social (moniteur-éducateur, DEAES, TISF, EJE, éducateur spécialisé) avec des allègements de parcours.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'assistant familial — souvent appelé « famille d'accueil » — accueille à son domicile un à trois enfants ou jeunes de 0 à 21 ans confiés par l'Aide sociale à l'enfance (ASE), le plus souvent sur décision d'un juge des enfants. Concrètement, il fait ce que ferait un parent : préparer les repas, veiller à l'hygiène et au sommeil, accompagner à l'école et suivre la scolarité, emmener aux rendez-vous médicaux, organiser les loisirs, poser des règles et des repères. Il aide aussi le jeune à garder — quand c'est possible et prévu — des liens avec sa famille d'origine, et prépare les visites ou les retours en famille.
À côté de ce quotidien très concret, il y a un vrai travail de professionnel : observer l'enfant, repérer ses difficultés, noter ce qui se passe, transmettre ses observations à l'éducateur référent et au psychologue, participer aux réunions de synthèse et aux audiences. L'assistant familial n'est jamais seul : il fait partie d'une équipe pluridisciplinaire (éducateurs spécialisés, psychologues, médecins, services de placement familial) qui décide avec lui du projet de l'enfant.
Le lieu de travail, c'est la maison. Cela veut dire que le métier ne s'arrête jamais vraiment : l'accueil est permanent, y compris la nuit, les week-ends et les vacances, et toute la famille de l'accueillant (conjoint, enfants) est concernée. Il faut donc un logement adapté — une chambre disponible pour chaque enfant accueilli —, être mobile (le permis B est quasi indispensable pour les trajets école, médecin, visites) et surtout accepter que la vie privée devienne un cadre professionnel.
Pour exercer, deux conditions incontournables : obtenir l'agrément du président du conseil départemental (qui vérifie le logement, la santé, le casier judiciaire, la maîtrise du français et les capacités éducatives), puis suivre un stage préparatoire de 100 heures avant le premier accueil. L'employeur est le plus souvent le conseil départemental (service de l'ASE), parfois une association habilitée ou un service de placement familial spécialisé rattaché à un hôpital de pédopsychiatrie. Le métier est émotionnellement exigeant : il faut de la patience, du recul et savoir gérer les séparations et les départs.
Dans le métier lui-même, l'évolution passe surtout par l'expérience et l'obtention du diplôme d'État d'assistant familial (DEAF), à préparer en alternance dans les trois ans qui suivent le premier contrat. On peut ensuite se spécialiser : accueil d'urgence, accueil de jeunes en situation de handicap, accueil familial thérapeutique — des missions souvent mieux rémunérées par les barèmes départementaux.
Beaucoup d'assistants familiaux poursuivent ensuite un parcours dans le travail social, avec des allègements de formation : moniteur-éducateur, accompagnant éducatif et social (DEAES), technicien de l'intervention sociale et familiale (TISF), éducateur de jeunes enfants ou éducateur spécialisé. C'est aussi un métier fréquemment choisi en reconversion, à 30, 40 ou 50 ans, après une première vie professionnelle.
Le métier est en forte tension partout en France. Le nombre d'enfants confiés à l'Aide sociale à l'enfance ne cesse d'augmenter (+40 % de placements entre 1998 et 2022) alors que les effectifs d'assistants familiaux diminuent d'environ 1,4 % par an depuis 2017. La profession vieillit fortement — près de 75 % des assistants familiaux ont plus de 50 ans et approchent de la retraite — et les départs ne sont pas compensés. En novembre 2023, 97 % des responsables d'établissements et services de protection de l'enfance déclaraient rencontrer des difficultés de recrutement. Résultat : presque tous les départements recrutent en continu et certains juges renoncent à des placements faute de familles d'accueil disponibles. Les candidats agréés trouvent donc un emploi rapidement, y compris en reconversion et après 40 ou 50 ans.