D'après le CIDJ, un architecte système et réseaux démarre autour de 3 500 € brut par mois — un niveau élevé qui s'explique par les 5 à 10 ans d'expérience préalable exigés. France Travail indique que la moitié des professionnels à temps plein de ce métier gagnent plus de 3 308 € nets mensuels. En rythme annuel, les fourchettes observées sur le marché vont de 45-55 k€ brut pour un profil junior à 55-75 k€ pour un confirmé, et au-delà de 75 k€ pour un senior ou un expert (soit plus de 6 200 € brut/mois). Les rémunérations sont plus élevées en ESN, chez les opérateurs et en Île-de-France ; dans la fonction publique territoriale, elles suivent les grilles indiciaires des ingénieurs territoriaux et sont généralement plus basses, mais avec un statut plus protecteur.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (statut cadre, ~25 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Le métier exige un niveau bac+5 minimum : diplôme d'ingénieur en informatique, réseaux et télécommunications (Télécom Paris, IMT Atlantique, INSA, ENSEIRB-MATMECA, ESIEE, CNAM...) ou master mention réseaux et télécommunication, master mention informatique, souvent complété par un parcours orienté IoT, cybersécurité, cloud ou systèmes embarqués. Le parcours le plus fréquent démarre par un bac général (spécialités mathématiques, NSI ou physique-chimie) ou un bac STI2D, suivi d'une prépa scientifique, d'un cycle préparatoire intégré, d'un BUT réseaux et télécommunications (parcours Internet des objets et mobilité ou cybersécurité) ou d'une licence informatique, avec une admission en école d'ingénieurs ou en master à bac+3. L'alternance est très répandue et fortement valorisée. Un mastère spécialisé (bac+6) en systèmes d'information, télécoms et réseaux permet de se différencier. Attention : ce poste n'est pas un poste de débutant — comptez 5 à 10 ans d'expérience en ingénierie systèmes, réseaux ou cybersécurité avant d'accéder à une fonction d'architecte.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
L'architecte systèmes et réseaux des territoires connectés conçoit la « colonne vertébrale » numérique d'une ville, d'une agglomération ou d'un réseau d'équipements publics. Concrètement, il ou elle commence par écouter le besoin : une collectivité veut suivre la qualité de l'air, gérer l'arrosage des espaces verts à distance, ou piloter son éclairage public. À partir de là, il faut choisir la technologie de communication adaptée (LoRaWAN, Zigbee, Wi-Fi, 4G/5G, fibre), décider où stockeront et transiteront les données, dessiner les schémas d'architecture et rédiger les documents techniques qui serviront de référence aux équipes de déploiement.
Une grande partie du travail consiste à faire fonctionner ensemble des systèmes qui n'ont pas été conçus pour ça : les capteurs d'un fournisseur, le logiciel de gestion d'un autre, la plateforme de données de la collectivité. C'est le travail d'interopérabilité, qui passe par des API, des standards ouverts et beaucoup de tests. L'architecte veille aussi en permanence sur la sécurité et la résilience : un réseau qui pilote des feux de circulation ou une station d'épuration ne doit ni tomber en panne, ni être piratable. Il ou elle rédige des spécifications, participe aux appels d'offres, conseille les élus et les directions techniques, arbitre les choix technologiques et suit les projets jusqu'à leur mise en service.
Le métier s'exerce principalement en bureau d'études, chez un opérateur télécom, un bureau d'ingénierie, une entreprise de services numériques (ESN), un industriel de la smart city — ou directement au sein d'une collectivité territoriale, d'une métropole ou d'un syndicat mixte numérique. Les horaires sont réguliers, en journée, et le télétravail partiel est très courant dans ce type de poste. Mais ce n'est pas un métier 100 % derrière un écran : les déplacements sur le terrain sont fréquents, pour valider l'implantation de capteurs, visiter un chantier de fibre ou rencontrer les partenaires locaux.
C'est un poste très transversal : on discute autant avec des développeurs et des techniciens réseau qu'avec des élus, des urbanistes ou des services de la voirie. Savoir expliquer un choix technique à quelqu'un qui n'y connaît rien fait partie du travail. Le rythme est celui des projets publics : des cycles longs, des budgets encadrés, des contraintes réglementaires (RGPD, souveraineté des données, marchés publics) à intégrer dès la conception.
On n'arrive pratiquement jamais à ce poste directement après les études : il se rejoint après 5 à 10 ans d'expérience comme ingénieur systèmes et réseaux, ingénieur IoT, expert cybersécurité ou chef de projet infrastructure. Ensuite, plusieurs voies s'ouvrent : se spécialiser (architecte cybersécurité, architecte cloud, architecte données territoriales), prendre la responsabilité d'un programme complet de transformation numérique d'un territoire, devenir directeur ou directrice des systèmes d'information (DSI) d'une collectivité, ou passer côté conseil en tant que consultant indépendant. Certains rejoignent aussi les industriels ou les opérateurs pour concevoir les offres smart city vendues aux territoires.
Le marché est très porteur : France Travail signale des difficultés de recrutement fortes sur ce métier, avec environ 2 543 demandeurs d'emploi positionnés et une progression de l'emploi de +32 % sur cinq ans. Environ 120 offres ont été déposées sur ce code métier au cours des 12 derniers mois — un volume modeste qui reflète le caractère émergent de l'intitulé « territoires connectés », les recrutements se faisant souvent sous les libellés plus classiques d'architecte SI, architecte réseaux ou architecte IoT. La demande est tirée par le déploiement de la fibre et de la 5G, les plans « territoires intelligents » des métropoles, la gestion de l'énergie et de l'eau par capteurs, et les exigences croissantes de cybersécurité des collectivités. 93 % des professionnels sont diplômés du supérieur et seulement 22 % sont des femmes : un secteur où les profils féminins sont particulièrement recherchés.