En début de carrière, un antenniste salarié démarre autour du SMIC augmenté de primes (déplacements, paniers, astreintes), soit environ 1 870 à 1 975 € brut par mois. Le salaire médian observé se situe autour de 2 480 € brut mensuel, et un profil confirmé ou senior peut atteindre 2 850 à 3 300 € brut. Les écarts régionaux sont importants (jusqu'à 30 % entre régions), et les artisans installés à leur compte peuvent dépasser ces montants, avec en contrepartie l'irrégularité de l'activité et les charges d'entreprise.
Estimation du net avant impôt sur le revenu (~22 % de charges). Le montant réel varie selon le statut et la convention collective. SMIC net mensuel ≈ 1 427 €.
Il n'existe pas de diplôme initial unique portant le nom « antenniste » : on y entre par une formation en électricité, électrotechnique, électronique ou réseaux, complétée par la pratique du terrain. La voie la plus courte est le CAP électricien, qui permet de débuter comme aide-installateur puis de se spécialiser en entreprise. La voie la plus adaptée reste le Bac pro MELEC (métiers de l'électricité et de ses environnements connectés) ou le Bac pro CIEL (cybersécurité, informatique et réseaux, électronique), qui ouvrent directement sur les métiers d'installation télécoms et courants faibles — France Travail situe d'ailleurs le niveau d'accès habituel au Bac. Le BTS CIEL permet d'aller plus loin vers des fonctions de technicien réseaux ou d'encadrement. L'alternance est très bien vue dans ce métier, où l'employabilité repose autant sur le geste que sur le diplôme. À noter : le titre professionnel « Installateur(trice) antenniste » (AFPA), longtemps la formation de référence, n'est plus enregistré comme certification active au RNCP ; les reconversions passent aujourd'hui par les titres professionnels d'électricien ou d'installateur de réseaux de télécommunications, ou par des formations courtes proposées par les fabricants et les fédérations professionnelles.
Trouve des entreprises qui recrutent en alternance pour ce métier.
La journée d'un antenniste commence rarement au bureau : elle commence dans le camion, avec la tournée des interventions. Chez un particulier, dans une copropriété ou sur un immeuble entier, il repère d'abord le meilleur emplacement pour capter le signal, puis installe le mât, l'antenne râteau ou la parabole. Vient ensuite le réglage fin : à l'aide d'un mesureur de champ, il oriente l'antenne au degré près jusqu'à obtenir un signal propre et stable.
Le travail ne s'arrête pas sur le toit. L'antenniste tire les câbles coaxiaux jusqu'aux prises, installe les éléments de la tête de réseau (amplificateurs, répartiteurs, filtres) sur les installations collectives, raccorde décodeurs, box et téléviseurs, puis vérifie la qualité de réception à chaque prise. Une bonne partie de son activité relève aussi du diagnostic : image qui pixellise, chaîne disparue, interférence liée à la 4G/5G — il faut comprendre l'origine du problème avant de le réparer. Enfin, il explique le fonctionnement de l'installation au client, ce qui demande de savoir vulgariser.
C'est un métier physique et exposé. On travaille en extérieur toute l'année, souvent en hauteur : toitures, terrasses, cheminées, mâts, pylônes. L'absence de vertige n'est pas une préférence, c'est une condition d'accès. Harnais, ligne de vie, échelle ou nacelle font partie du quotidien, avec des règles de sécurité strictes et des habilitations obligatoires.
Les horaires suivent le rythme des chantiers et des rendez-vous clients : ils sont variables, parfois étendus le soir ou le week-end lors des dépannages urgents, et rythmés par les déplacements. Le télétravail est impossible. L'antenniste travaille seul ou en petite équipe, pour une entreprise d'électricité ou d'installation audiovisuelle, un installateur de courants faibles, ou à son compte en tant qu'artisan — un statut très répandu dans la profession.
Le métier a beaucoup bougé avec le numérique. L'antenniste d'aujourd'hui touche aussi à la fibre optique, aux réseaux IP, à la vidéosurveillance, aux interphones, à la sonorisation et à la domotique : autant de spécialisations qui élargissent le champ d'action. Beaucoup deviennent techniciens en courants faibles ou en réseaux, ou se tournent vers l'installation de systèmes audio-vidéo pour la maison connectée.
Avec l'expérience, on peut évoluer vers un poste de chef d'équipe ou de chef de chantier, passer côté conseil et vente d'équipements en tant que technico-commercial, ou franchir le pas de l'installation à son compte. La création d'entreprise artisanale est la voie d'évolution la plus classique du métier, souvent après quelques années comme salarié.
Le métier est peu connu et attire peu de jeunes, ce qui crée une pénurie durable de professionnels qualifiés régulièrement signalée par l'AFPA et les fédérations du secteur. La demande reste soutenue : entretien et modernisation du parc TNT, installations collectives en copropriété, réception satellite, et surtout élargissement du métier vers la fibre optique, les réseaux IP, la vidéosurveillance et la maison connectée. Les recrutements se font majoritairement dans de petites entreprises artisanales d'électricité et d'audiovisuel, où l'expérience de terrain compte autant que le diplôme. À moyen terme, l'enjeu du métier est moins le volume d'emplois que sa transformation : les antennistes qui ne se forment qu'à la réception hertzienne classique voient leur activité se réduire, ceux qui maîtrisent le numérique et les réseaux sont très recherchés.